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  • S7-S2 Séminaires 2

DE 5_DE 6 : Lectures de l'espace social transformé

Semestre 7

Responsable(s) : Catherine Deschamps

Enseignant(s) : Célio Paillard de Chenay, Emmanuel Choupis

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • Coefficient : 8,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Lectures croisées entre plusieurs disciplines et deux domaines d’étude

Initié par une anthropologue (Catherine Deschamps), ce séminaire fait résolument le pari de l’interdisciplinarité. Dans la triade de l’anthropologue, de l’architecte (Emmanuel Choupis) et de l’artiste (Célio Paillard), des duos se forment et dialoguent, se renvoient dos à dos leurs incomplétudes, élaborent peu à peu une langue et des productions qui puissent leur être communes. Articuler leurs différentes lectures d’un espace récemment transformé est alors l’occasion de produire des analyses complexes, instables parfois, à l’image de nos sociétés contemporaines qu’aucune approche exclusive ne suffit à saisir. Positionné sur deux domaines d’étude de l’école, ce séminaire postule en outre que l’architecte de demain aura à tricoter différentes échelles dans différentes temporalités. C’est pourquoi il s’adresse autant aux étudiant-es souhaitant questionner les accroches entre les édifices et la ville alentour, qu’à celles ou ceux voulant appréhender comment ces différentes dimensions scalaires s’inscrivent à la fois dans un déjà-là et un toujours-à-venir, faits de continuités, de glissements progressifs, de ruptures, de pratiques ou d’appropriations qui s’éloignent parfois des intentions avant livraison.

 

L’espace social, l’espace public, l’espace physique et leurs transformations récentes

Si c’est bien la compréhension des logiques sociales qui est en jeu dans ce séminaire, c’est par l’angle de l’espace et des ambiances d’espace qu’elles seront abordées. Bien sûr, « l’espace social » des anthropologues n’est pas tout à fait l’espace physique des architectes. Mais si le premier peut se définir comme la superposition de différents « champs » (le champ du politique, de la culture, de l’économie, du monde associatif, de la santé, etc), il se manifeste toujours aussi dans le second, c’est-à-dire dans un sol, des murs, des seuils, des frontières, avec une sollicitation de différents sens, des interactions plus ou moins facilitées : c’est cette rencontre entre ces deux définitions de l’espace à laquelle nous tenterons de sensibiliser les étudiants. Appliqué à un bout de quartier précis où de nouvelles propositions sont venues s’installer sur un pré-existant, il s’agira alors de commencer à réfléchir ses composantes tant sociales que matérielles et sensibles.

 

Unité de lieu, unité de temps et observations répétées

C’est également le lieu qui fait lien entre les trois intervenants principaux du séminaire. Car ni pour l’anthropologie ni pour l’architecture auxquelles nous croyons, l’espace n’existe ex nihilo. Nous choisissons donc un terrain d’illustration existant pour nos enseignements : le 104 et la rue d’Aubervilliers, la « nouvelle » place de la République, le « nouveau » boulevard MacDonald à Paris, toujours des lieux récemment livrés mais prenant place sur des sites chargés d’histoire. Leur observation fine au présent, la familiarisation progressive avec ces lieux, obligent à quitter des postures de sidération. Il s’agira que les étudiant-es proposent une lecture du quartier dans sa totalité ou d’un édifice particulier, mais en le replaçant alors dans son contexte plus large d’existence. Sur place, l’observation répétée des lieux, des espaces, des femmes et des hommes qui y évoluent, des associations qui s’y réunissent, sera la méthode privilégiée pour acquérir progressivement des connaissances (ce que nous pourrions nommer un diagnostic qui, pour être social, perd ses dimensions pathologiques), une méthode que partagent dans une certaine mesure anthropologues, architectes et artistes avant de faire des propositions. Le temps long de l’observation permet les tâtonnements et les hésitations, que nous estimons constructifs : à des représentations et préjugés de départ viennent idéalement se substituer peu à peu des constats plus solides ; il s’agit bel et bien d’arriver à des analyses, par un processus où le doute a sa place. Bien sûr, d’autres méthodes que celles associées à l’observation directe, silencieuse et passive pourront permettre de recueillir des données : entretiens semi-directifs enregistrés, prises de son, films ethnographiques, implication dans des associations ou activités du quartier, etc. Dans tous les cas, les étudiants auront à se frotter aux vécus des lieux, et à revenir régulièrement sur place pour valider ou mettre à mal leurs premières impressions, pour quitter les interprétations binaires, s’approcher progressivement des terminologies descriptives et analytiques les plus adéquates. Si, dans leur future pratique professionnelle, la seule observation in situ ne leur suffira jamais tout à fait à proposer des solutions opérantes – d’autres acquisitions de connaissance, plus théoriques et abstraites, doivent venir éclairer ce qui a été vu et entendu – pour autant, nous croyons cette méthode particulièrement féconde dans l’apprentissage du dépassement et du repérage des différents prêt-à-penser.

 

L’œuvre originale comme forme de restitution des analyses

Régulièrement au fil des observations, des restitutions écrites et orales seront demandées aux étudiant-es. Ces restitutions seront partagées devant l’ensemble de la « classe » dans un souci que chacun et chacune apprennent des erreurs des uns ou des autres et observent du dedans comme du dehors le poids des représentations et des normes. Par petit groupe, les étudiants auront à choisir un sujet qui leur soit propre et qui lie questionnements sur les usages et les pratiques, les mécanismes temporels d’appropriation ou les mécanismes de contrôle ou d’autocontrôle, et l’espace. Entre la première visite in situ et la demande pour l’évaluation finale, un point commun, décliné en deux temps et deux matérialités distinctes : l’objet original. En effet, chaque étudiant devra ramener de sa première visite un objet trouvé sur place, qui pourra dans certains cas servir de trame à sa réflexion. En fin de séminaire, outre un texte substantiel explicatif de la démarche et des analyses, chaque groupe d’étudiant-e devra proposer et présenter un « objet » fabriqué par ses soins. Ce second « objet » aura à signifier au mieux à la fois son parcours physique et intellectuel sur les lieux que son analyse des articulations entre spatialité et dimensions sociales. Pour le rendu final, le terme « objet » est donc à comprendre comme « l'objet d'une recherche », c'est-à-dire la concentration d'un sujet défini et sa mise à distance dans une forme particulière. Celle-ci pourra être variée : vidéo, œuvre sonore, installation, maquette, performance, ou encore, configuration hybride et innovante – dès lors qu’elle résulte des questionnements d'une démarche et en expose les problématiques.

 

Auteurs principalement mobilisés pour les apports théoriques : Françoise Choay, Michel Foucault, Erving Goffman, Jurgen Habermas, Herman Hertzberger, Isaac Joseph, Rem Koolhaas.

Contenu

Cf + haut

Travaux

L’œuvre originale comme forme de restitution des analyses (contrôle continu)

Régulièrement au fil des observations, des restitutions écrites et orales seront demandées aux étudiant-es. Ces restitutions seront partagées devant l’ensemble de la « classe » dans un souci que chacun et chacune apprennent des erreurs des uns ou des autres et observent du dedans comme du dehors le poids des représentations et des normes. Par petit groupe, les étudiants auront à choisir un sujet qui leur soit propre et qui lie questionnements sur les usages et les pratiques, les mécanismes temporels d’appropriation ou les mécanismes de contrôle ou d’autocontrôle, et l’espace. Entre la première visite in situ et la demande pour l’évaluation finale, un point commun, décliné en deux temps et deux matérialités distinctes : l’objet original. En effet, chaque étudiant devra ramener de sa première visite un objet trouvé sur place, qui pourra dans certains cas servir de trame à sa réflexion. En fin de séminaire, outre un texte substantiel explicatif de la démarche et des analyses, chaque groupe d’étudiant-e devra proposer et présenter un « objet » fabriqué par ses soins. Ce second « objet » aura à signifier au mieux à la fois son parcours physique et intellectuel sur les lieux que son analyse des articulations entre spatialité et dimensions sociales. Pour le rendu final, le terme « objet » est donc à comprendre comme « l'objet d'une recherche », c'est-à-dire la concentration d'un sujet défini et sa mise à distance dans une forme particulière. Celle-ci pourra être variée : vidéo, œuvre sonore, installation, maquette, performance, ou encore, configuration hybride et innovante – dès lors qu’elle résulte des questionnements d'une démarche et en expose les problématiques.

Bibliographie

Les livres qui auront à nourrir la réflexion des étudiants porteront prioritairement sur les différentes définitions de l'espace public. Parmi les auteurs incontournables : Isaac JOSEPH, Jurgen HABERMAS, Luc BOLTANSKI et Laurent THEVENOT, Françoise Choay, Michel Foucault, Erving Goffman, Herman Hertzberger, Rem Koolhaas.