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  • S7-P2 Projet 2 architectural et urbain

DE 5 : Considérer Les ressources des territoires du quotidien ruraux et périurbains - Bruno Tonfoni, Simon Bauchet et Viviane André

Semestre 7

Responsable(s) : Bruno Tonfoni

Enseignant(s) : Simon Bauchet, Giovanna Marinoni, Viviane Andre

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • Coefficient : 6,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : non
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

INTERVENANTS :

 

CAUE et Élus d'ANGERVILLE

 

ENSAPVS :

 

_Viviane ANDRÉ Architecte doctorante à l’ENSAPVS,

_Giovanna MARINONI Paysagiste maitre de conférence associé à l’ENSAPVS

_Simon BAUCHET Architecte maitre de conférence associé à l’ENSAPVS

_Mario POIRIER Architecte ingénieur maitre de conférence à l’ENSAPVS

_Bruno TONFONI Architecte maitre de conférence à l’ENSAPVS.

 

 

 

PROBLÉMATIQUE : CONSIDÉRER LES RESSOURCES DES TERRITOIRES [DU QUOTIDIEN RURAUX ET PÉRIURBAINS].

 

La question des ressources occupe une place centrale dans le débat actuel sur la transition écologique. Elle appelle à reconsidérer la fabrique des milieux habités et à en refonder l’aménagement. C’est ce point de vue que nous proposons d’explorer tout au long du semestre en examinant les relations entre projet, milieux et ressources dans le temps long de la constitution d’un territoire, en interrogeant le renouvellement des modes de production disponibles ainsi que les possibles mutations que la transition écologique laisse envisager. Nous proposons de relire les milieux sous l’angle des mutations des systèmes productifs considérant les « territoires de l'architecture » en 2021, comme des territoires ressources à partir desquels il est possible de réinterroger les modes de production pour penser la mutation des milieux habités.

 

SE SITUER AU PLUS PROCHE DES LIEUX.

 

Considérer les ressources d’un territoire c’est avant tout « se situer au plus proche des lieux ». Aussi ce semestre sera construit dans une relation de proximité à un territoire spécifique par des visites de sites, mais aussi par une relation nourrie aux acteurs de ce territoire. Cette proximité indispensable à une démarche d’inventaire des ressources et des possibles s’organisera dans le cadre d’une confrontation itérative au réel, entre propositions, lieux et acteurs. Parmi ceux-ci bien entendu les élus, mais aussi le CAUE de l’Essonne qui accompagnera ce semestre l’équipe d’enseignant de l’ENSAPVS qui assemble les compétences pluridisciplinaires à même de s’assurer de la traversée des échelles, de l’architecture aux territoires.

 

 

RESSOURCES LOCALES ET PROJETS SITUÉS.

 

Deux approches de la notion de ressources complémentaires permettront de cadrer, d’alimenter et de nourrir le semestre tant dans sa dimension pratique que dans sa dimension théorique.

 

La première renvoie à la dimension matérielle de la ressource. Penser le projet par la ressource, c’est envisager de quelle manière il est encore possible de déduire le projet des ressources d’un territoire.

On s’intéressera donc :

_à l’utilisation de matériaux disponibles localement,

_à des techniques à faibles couts énergétiques,

_aux filières mobilisables et/ou émergentes,

_à la production d’énergie et à l’autoconsommation

_mais aussi on s’appuiera sur le « déjà là », sur le réemploi, sur le sol et la géographie des lieux, sur la stratigraphie des interventions humaines qui ont depuis longtemps adapté, transformé amandé 'le socle originel' des territoires.

Il s’agira de rechercher de quelles manières recycler, réparer, adapter, transformer, compléter pour donner un nouvel avenir à des situations construites, dans une économie s’appuyant sur les ressources matérielles et humaines, passées, existantes et/ou en devenir et en déduire des modes d’habiter en lien avec les lieux.

 

La seconde approche porte sur la dimension symbolique et esthétique de la ressource et renvoie aussi à des interrelations culturelles et sociétales. Elle questionne des qualités d’ancrage, non pas dans un réflexe passéiste mais bien en s’appuyant sur les ressources disponibles et mobilisables aussi bien matérielles que culturelles pour refonder des propositions fondées sur des données locales, des paysages et des contextes construits ainsi que, sur la diversité des usages, des acteurs et des filières. Il faut alors compter sur la ressource comme relevant d’une approche désintéressée valorisant « l’habiter », dans sa relation au monde vivant et au paysage, en mettant en relief la diversité et les spécificités.

Contenu

SITUATION DE PROJET : ANGERVILLE, ENTRE RURALITÉ ET PÉRIURBAIN ?

 

Angerville n'était encore récemment qu'un village Beauceron situé aux confins de l'Ile-de-France, c’est aujourd'hui une commune de 4 174 habitants. Avec plus de 1 000 habitants supplémentaires en moins de dix ans [de 2007 à 2012], Angerville est l'une des communes de l'Essonne et d'Ile-de-France à avoir connu une forte croissance démographique. Mais avant tout sa situation géographique l’ancre dans un territoire productif, la Beauce bien sûr mais aussi le Gâtinais dont les filières biosourcées [bois, paille, chanvre, etc …] seront des opportunités à explorer.

 

Retenue dans le dispositif « petite ville de demain » par l'Agence nationale de la cohésion des territoires, les élus s’interrogent sur le devenir de la situation de projet que nous avons retenu comme support au déroulement du semestre. Elle couvre environ 8 hectares, située de part et d’autre du faisceau ferrée de la ligne Paris Orléans. Le site est bordé à l'est par la ZAC de l’Europe [lotissement accueillant 1000 habitants réalisé au tournant du millénaire] et à l'ouest par le centre bourg. La gare à priori conforte l’accessibilité d’Angerville et dote ce quartier d’un potentiel de centralité urbaine offrant de nouvelles possibilités de développement et de renouvellement urbain : implantation de services pour les voyageurs, nouveaux programmes immobiliers, création de logements, développement de services à la population, implantation d’équipements collectifs centraux… En bref, l’ambition de la ville est de s’appuyer sur le potentiel [de centralité] de ce large tènement pour faire le lien entre le centre-bourg historique et le lotissement de l’Europe en y installant des équipements et confortant les activités de loisirs [groupe scolaire, gymnase, maison médicalisée, espace de détente, etc] constituant ainsi un lien essentiel aussi bien est/ouest entre le quartier de l’Europe et le centre bourg, que nord/sud assurant des continuités dédiées aux circulations actives [notamment] le long du faisceau ferré.

 

 

APPREHENDER LES ENJEUX DE LA VILLE CONTEMPORAINE PAR LE PROJET D’ARCHITECTURE.

 

Ce semestre se propose d’interroger le particulier, projet architectural pour questionner le général, les situations urbaines. Il s’agit d’initier des questions « urbaines » à partir des acquis de la licence et d’appréhender les enjeux de la ville contemporaine par l’exercice du projet d’architecture, la prise en compte des questions urbaines à partir de l’édifice. C’est à dire en s’appuyant sur des questions architecturales [maitrisées à priori] de type, de dimensions, d’implantation, de rationalité constructive pour les confronter aux situations de projet. Il s’agit de poser des questions « urbaines » à partir de l’édifice : comment y accéder, quelles interfaces ménager avec l’extérieur, quelle densité, comment penser le programme du/des bâtiment/s pour saisir les opportunités offertes par la mise en situation ? Comment penser le rapport à l’environnement et au paysage ? Comment penser la densité par la forme architecturale ? Comment penser l’architecture du/des bâtiment/s par rapport à l’espace public, lien principal avec les lieux ? Comment penser l’organisation du/des bâtiment/s par rapport à la mobilité urbaine ? Comment penser les différentes temporalités du projet, du court au moyen et long terme ? Comment penser la forme architecturale pour exprimer la culture urbaine locale et les caractères de la ville contemporaine ?

 

SYNOPSIS DU SEMESTRE.

 

WORKSHOP [en groupe de 3 à 4 étudiants] : « RESSOURCES, MATÉRIAUX ET FILIÈRES »

Inventaire des « matériaux et filières » du territoire et identification des ressources pertinentes et mobilisables à l’échelle d’Angerville. Définition d’une cartographie des possibles visant à servir de support prospectif au développement de projet qui interviendra dans le cours du semestre.

 

TEMPS 0 [en groupe de 3 à 4 étudiants] : « RESSOURCES URBAINES »

Préparation de la visite de site et prise de connaissance des lieux par une Cartographie des ressources urbaines, historique, géographique, paysagère, etc… Chaque groupe proposant « sa visite idéale » mettant en perspective le caractère du territoire communal.

 

PREMIERE VISITE DE SITE : rencontre des acteurs du territoires.

 

TEMPS 1 [en groupe de 3 à 4 étudiants et individuellement] : « RESSOURCES TYPOLOGIQUES »

Interroger les programmes proposés et les manipuler ex nihilo, questionner le type [à partir d’élément transmis par l’équipe pédagogique] : qu’est-ce qu’une école, un gymnase, une maison médicalisée, un coworking, etc.. Chaque étudiant s’attachant à analyser un type pour en proposer une interprétation « hors contexte » et aboutir à un projet au 1/500, sous la forme d’une esquisse architecturale détaillant, plan coupe élévation et maquette.

 

TEMPS 2 [en groupe de 3 à 4 étudiants et individuellement] : Comment positionner chacun des programmes sur le site, interroger la densité, la forme, les interfaces avec les espaces publics et privés et plus largement l’articulation au contexte, aux mobilités ainsi qu’aux enjeux environnementaux. L’espace public en l’occurrence étant la prérogative de l’ensemble des étudiants d’un groupe, pour aboutir à un projet global au 1/500 voire 1/200 soua la forme d’un plan de sol intégrant l’ensemble des rez-de-chaussée des édifices.

 

SECONDE VISITE DE SITE : dialogue avec les acteurs du territoire sur la base des premières intentions.

 

TEMPS 3 [en groupe de 3 à 4 étudiants et individuellement] : Définition tectonique [matérialités], définition des ambiances, des architectures et de l’espace public, pour aboutir à un projet global articulant au 1/500 un projet d’ensemble avec développement des architectures au 1/100 [détail au 1/50], illustrant concrètement la matérialité des propositions architecturales et urbaines.

 

TROISIÈME VISITE DE SITE : Présentation des propositions des différents groupes et dialogue avec les acteurs du territoire.

 

 

CONFORTER SAVOIR ET SAVOIR-FAIRE.

 

Enfin parallèlement, le semestre sera l’opportunité de conforter un large éventail de spécifiques du projet à la fois théoriques et pratiques, modes de vie, mobilités et usages, géométrie et types, structures, matérialités et définition des enveloppes, représentation et récit, paysages et vivant, frugalité et prise en compte de la gestion future d’ensemble construit en termes de complexité et de coût, etc…Ces spécifiques feront l’objet de temps qui pourront prendre la forme de TD ou d’exposés à partir de lecture ou encore d’analyse et/ou de visite de projet et/ou de réalisation.

 

PORTER UNE ATTENTION PARTICULIÈRE AUX DOCUMENTS GRAPHIQUES.

 

Les représentations en plans, coupes et façades devront rendre lisibles les intentions architecturales, plastiques et constructives des étudiants. Chaque échelle devra comporter le niveau de détail approprié. L’utilisation et la mise en œuvre des ressources locales devront être formalisées graphiquement. Des moments particuliers permettront d'insister sur l'approche graphique qui doit allier précision technique et capacité à rendre lisible une information à des lecteurs divers et à l'expliciter.

Travaux

Les étudiants sont amenés à privilégier différents modes de représentation et de restitution :

- la cartographie ;

- la photographie ;

- l’axonométrie ;

- le plan guide décomposé (éch. 1/2000°) ;

- le plan et la coupe (éch. 1/200° à 1/500°) ;

- les documents rédactionnels ;

- les maquettes (échelles multiples).

Bibliographie

Les références bibliographiques sont identifiées et transmises pendant le semestre en lien avec la démarche personnelle élaborée par l’étudiant.