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  • S7-P1 PROJET ARCHITECTURAL ET URBAIN

DE 4 : Bauhaus / Fablab - A Durrmeyer, P. Maillols et D. Wurtz

Semestre 7

Responsable(s) : Adrien Durrmeyer

Enseignant(s) : Philippe Maillols, Boris Weliachew

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • E.C.T.S : 14
  • Coefficient : 6,00
  • Compensable : non
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : non
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Cette pédagogie invite les étudiants à un travail collaboratif.

 

Une collaboration n’a pas pour objectif l’aboutissement nécessaire à un compromis. Elle est avant tout une démarche de conception, un protocole de recherche et d’expérimentation par la négociation.
 Le système collaboratif est moins tourné vers la nécessité d’un résultat que vers l’apparition d’une objectivité projectuelle intrinsèque. 


 

La confrontation est un acte par lequel conception et réalisation émergent simultanément. 
La tentative de collision architecturale au travers des différentes propositions issues des divers intervenants permet in fine de révéler les qualités propres à chaque projet.

 

Les protocoles de collaboration mis en place influent sur les études architecturales en cours et à venir. Cette méthodologie évolutive
 de travail participe à la construction d’une recherche personnelle. Elle produit, analyse et développe une série de thématique particulière, constitue un corpus intime par la collection d’expériences partagées.

 

Ce processus empirique compose un paysage de possibilités spatiales. Il soutient l’opportunité d’une projection architecturale par les potentiels et les usages.

Contenu

BAUHAUS / FAB LAB 2

 

En 1919, naissait à Weimar, sous l’impulsion de Walter Gropius, une tentative radicale de redéfinition de la pratique architecturale : le Bauhaus. Un siècle plus tard, la célébration de cet anniversaire apparaît comme une occasion particulière d’analyser les fondements théoriques de cette expérience, et de questionner la pertinence de son actualité ; dans quelle mesure le système du « fab lab » peut-il être considéré comme une extension contemporaine de l’entreprise du Bauhaus ?

 

On pourrait tenter de résumer ainsi la singularité du projet architectural du Bauhaus : insérer l’acte de construction dans un plus vaste projet de transformation des moyens de production. Pour le dire autrement, il s’agit de considérer que la pensée architecturale ne saurait être limitée à l’édification de bâtiment, mais devrait participer à une démarche plus vaste de développement de la société. Non seulement bâtir un édifice, mais surtout bâtir un monde. C’est cette visée « totale » que semble pouvoir mener également le modèle du « tiers-lieu » aujourd’hui.

 

Car la question du « bâtir », dans le champ architectural, est le lieu d’une réflexion plus ambiguë qu’il n’y paraît au premier abord. Étymologiquement, ce terme renvoie en effet à deux origines distinctes : tandis que l’ancien français « bastir » fait référence à l’acte d’entrelacer ou de tisser, le moyen haut-allemand

« buwen » signifie plus généralement habiter. « Bâtir » renvoie ainsi à une réflexion conjointe sur la mise en œuvre spécifique des matériaux et les potentialités de nouvelles formes d’organisation spatiales, sociales, politiques et économiques. En d’autres termes, nous explorerons l’hypothèse selon laquelle la pratique de l’architecture relève à la fois d’une forme de construction qui organise et d’une forme d’organisation qui construit.

 

Il s’agira, pour ce faire, de travailler à la construction d’un fab lab en bois sur un site parisien existant.

 

Une attention particulière sera portée, d’une part, à la pertinence, la compréhension et le détail des diverses possibilités d’assemblage qu’offre le bois, ainsi qu’à la possibilité de sa construction avec des moyens technologiques minimum. D’autre part, ce sujet sera l’occasion d’une réflexion sur le rapport entre construction et représentation : le choix d’un mode de rendu n’est, à l’évidence, pas neutre, d’autant plus s’il est le seul moyen d’échange entre le concepteur et le fabricant du projet.

 

En d’autres termes, le projet collectif de ce semestre sera de constituer un catalogue de constructions architecturales en bois, librement reproductible par chacun·e, dont le système sera potentiellement adaptable à des conditions différentes du site sur lequel le projet aura été développé. Au-delà de la simple réalisation d’une structure, il s’agit avant tout de considérer l’usager comme sujet politique, c’est-à-dire comme acteur d’un monde qui se fabrique.

 

ENSEIGNEMENT

 

Il appartiendra aux étudiant·es d’approfondir, d’associer, d’opposer ou de développer de nouvelles pistes de réflexions sur ce sujet pour faire émerger leurs projets. Cet enseignement considère la singularité propre à chaque proposition argumentée de la part des étudiant·es comme le fondement de la construction du projet architectural.

 

L’enseignement développé ce semestre proposera aux étudiant·es de manipuler les potentialités d’une pensée architecturale articulée aux enjeux de la construction en bois et les modes de production techniques de l’architecture contemporaine. Ce projet servira de support à une réflexion radicale sur les différentes formes de représentation, les moyens propres d’une compréhension immédiate d’un système constructif, sans oublier le nécessaire enjeu d’une séduction graphique. Le sujet engage aussi à une réflexion politique et esthétique sur la possible émancipation des concepteurs, des réalisateurs et des usagers vis-à-vis d’un système productif globalisé.

 

Le choix de projets aux surfaces réduites orientera la production architecturale vers une attention particulière aux détails et la réalisation d’éléments de rendu (maquettes, plans, coupes) à grande échelle (minimum 1/50e).

 

Cet exercice sera accompagné de la constitution, tout au long du semestre, d’un corpus commun de références graphiques et textuelles. Il s’agira ainsi d’associer une démarche personnelle de projet à la formulation d’une réflexion collective, et d’appréhender leurs influences mutuelles au sein d’un même processus créatif.

Bibliographie

Bibliographie

 

ATELIER BOW-WOW, Graphic Anatomy 1 et 2.

Toto, Tokyo, 2007 et 2014.

 

AURELI, Pier Vittorio, Less is enough.

Strelka Press, Moscou, 2014.

 

DEPLAZES, Andrea, Construire l’architecture, du matériau brut à l’édifice.

Birkhaüser, Berlin, 2008.

 

GUENOUN, Elias, 198 assemblages du bois.

Éditions Formes, Choisy-le-Roi, 2014.

 

ISHIGAMI, Junya, Another scale of architecture.

Seigensha, Kyoto, 2010.

 

MALM, Andreas, Comment saboter un pipeline.

Paris, La fabrique, 2020.

 

MARI, Enzo, Autoprogettazione ?

Corraini, Mantoue, 2014.

 

SEIKE, Kiyosi, The art of Japanese joinery.

Weatherhill / Tankosha, New York / Tokyo, 1977.

 

 

Vidéos

 

AGAMBEN (Giorgio), Resistance in Art, 2014

www.youtube.com/watch

 

AURELI (Pier Vittorio), Can Architecture be Political ? 2014

www.youtube.com/watch

 

LACATON (Anne) et VASSAL (Jean-Philippe), Freedom of Use, 2015

www.youtube.com/watch

 

MAROT (Sébastien), Landscape, Architecture and the Art of Memory, 2000

www.youtube.com/watch

 

VAN EYCK (Aldo), Indesem, 1987

www.youtube.com/watch