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  • S5- 20 L'approche cuturelle

La transformation de l’existant : histoire, pratiques, héritage - Marie GAIMARD

Semestre 5

Responsable(s) : Marie Gaimard

Enseignant(s) : Grégoire Bignier

  • Année : 3
  • Semestre : 5
  • E.C.T.S : 2
  • Coefficient : 1,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : obligatoire
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Ce cours d’histoire a été conçu en lien direct avec l’enseignement de projet en S5 consacré à la transformation de l’existant. Il propose de donner à l’étudiant des éléments de connaissance mais aussi des pistes de réflexion propres à nourrir sa pratique, sa pensée, son imaginaire.

Contenu

Dans sa vie professionnelle, tout architecte peut et pourra être sollicité pour un projet relevant de l’intervention sur le bâti – qu’il s’agisse de rénovation, de sauvegarde, de restauration, de reconversion, d’extension... La destruction est aussi présente dans cette démarche : ce que l’on veut modifier implique bien souvent un choix de destruction au moins partielle.

Ce type d’action est souvent perçue aujourd’hui comme relevant de la question patrimoniale et/ou de préoccupations écologiques. L’émergence de la notion de patrimoine au cours du XIXe siècle a marqué des prises de position : de la réinvention à la restauration critique, les discours et doctrines s’accordent, se confrontent ou s’influencent.

Mais « Construire dans le construit n'est pas une pratique nouvelle » comme le rappelle Franz Graf. En effet, la prise en compte de l’existant fait partie de l’acte de construire depuis l’Antiquité. Glissement ou nouvelle affectation des usages, (ré)appropriation de sites et d’édifices, rénovation, restauration ou réhabilitation, pratiques du réemploi ou du recyclage, enveloppement d'édifices anciens par de nouveaux bâtiments… Les exemples ne manquent pas, que l’on étudie le temple d’Athéna à Syracuse (Sicile, Italie) transformé en église chrétienne, le château de Versailles plusieurs fois objet de réassemblages audacieux, ou la High Line, ancienne voie ferrée devenue aujourd’hui une promenade urbaine les plus populaires de New York.

De nos jours, l’épuisement des ressources, l’accumulation des déchets ou encore l’étalement urbain suscitent de nombreuses recherches de la part des acteurs de l’architecture et de la construction : économie circulaire, réemploi, recyclage de matériaux, reconversion d’édifices… Il s’agira de présenter quelques unes de ces initiatives et d’en retracer la généalogie. L’histoire du réemploi fera l’objet d’une attention toute particulière. Si elles sont intéressantes à étudier en soi, le pragmatisme et le “faire avec” ne constituent pas les seules explications de cette pratique plusieurs fois millénaire. On pourra analyser les discours et les théories sous jacents, motivés par des convictions philosophiques, religieuses ou politiques et qui permettent d’interpréter le réemploi comme un acte mémoriel, un fait de vandalisme, ou une volonté d’appropriation.

Enfin certaines séances pourront être l’occasion de donner la parole à des enseignants spécialisés et d’offrir des temps d’échanges et de points de vue.

 

1. Introduction

2. Un bâtiment, combien de vies ?

3. De la spolia à la récup’. Une histoire du réemploi en architecture (1)

4. De la spolia à la récup’. Une histoire du réemploi en architecture (2)

5. Le patrimoine, naissance d’une notion et émergence d’une cause (XVIIIe-XXe siècles)

6. Le patrimoine industriel : matière à projet

7. Diversification et extension patrimoniales

8. Théories de la restauration

9. Intervenants – discussions : Grégoire Bignier

10. Intervenants – discussions : Étienne Léna / conclusion

Bibliographie

Quelques pistes bibliographiques qui seront développées en cours :

 

Catherine de Silguy, Histoire des hommes et de leurs ordures: du Moyen Âge à nos jours. Paris, le cherche midi, 2009

Choay, Françoise, Patrimoine en questions : Anthologie pour un combat, Paris, Seuil, coll. « La Couleur des idées », 2009

Choay, Françoise. L’Allégorie du patrimoine. Paris, Seuil, 1992

Encore Heureux (Julien CHOPPIN et Nicola DELON), Matière grise, matériaux / Réemploi / Architecture, Catalogue de l’exposition, Paris, Editions du Pavillon de l’Arsenal, 2014

Friedman Yona, 1978 [2003], L’architecture de survie, Une philosophie de la pauvreté, Paris, L’éclat.

Gustavo Giovannoni. L’Urbanisme face aux villes anciennes. Paris, Seuil, 1998. Introd. Fr. Choay. (tr. de l’italien, Vecchie città ed edilizia nuova, 1931).

Heinich, Natalie, La Fabrique du patrimoine : de la cathédrale à la petite cuillère, Paris, éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009

Heinich, Nathalie. La fabrique du patrimoine. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2009

Jean-Marc Huygen, La poubelle et l’architecte, vers le réemploi des matériaux. Arles : Actes Sud, 2008.

Latour Bruno, 1991, Nous n’avons jamais été modernes, Essai d’anthropologie symétrique. Paris, La découverte.

Mc DONOUGHT William, BRAUNGART Michael, Cradle to Cradle, créer et recycler à l’infini, Alternatives 2011

Patrick Bouchain, Construire autrement : comment faire ? Arles : Actes Sud, 2006.

Riegl, Alois. Le culte moderne des monuments : son essence et sa genèse. Paris, Le Seuil, 1984. (Der moderne Denkmalkultus : Sein Wesen und seine Entstehung. Vienne, 1903 ; Gesammelte Aufsätze, Vienne 1928).