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  • S8-P2 PROJET ARCHITECTURAL ET URBAIN

DE 1 : Ecologie par le projet - Jean Mas, Dimitri Toubanos, Giovanna Marinoni

Semestre 8

Responsable(s) : Jean Mas, Dimitri Toubanos

Enseignant(s) : Giovanna Marinoni

  • Année : 4
  • Semestre : 8
  • E.C.T.S : 13
  • Coefficient : 5,00
  • Compensable : non
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : non
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Ecologie PAR le projet,

DE1 A-lto / Semestre 8

 

encadré par Jean Mas, Dimitri Toubanos et la paysagiste Giovanna Marinoni,

avec le concours de Jean-Marc Bichat.

 

(au-delà de cette fiche descriptive, est mis sur le site un petit module video de quelques minutes de présentation complémentaire de l'enseignement par ses enseignants)

 

En cas de problème pour charger la vidéo à partir de Teams, ci-joint un lien wetransfer direct pour la vidéo:

we.tl/t-gEf491Bcgf

 

 

 

Présentation générale

 

Le principe de l’enseignement de ce semestre est d'explorer avec les étudiant(e)s, à l’échelle urbaine d’un site du Grand Paris comme à celle des édifices qui viendront y prendre place, la question des rapports entre l’Architecture et l’Ecologie, à l’origine par le PROJET lui-même, et non par quelque annexe scientifique que ce soit, qu’elle soit technique et/ou traduite dans des objectifs purement quantitatifs, attachés à une forme de doxa de référentiels ne visant qu’à l’obtention de labels de toute nature, trop éloignés du savoir de notre discipline, parce que dissociés de l’essentialité de l’architecture.

 

Nous, architectes, désirons tous ardemment contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique par un engagement sans failles au service de cet objectif dans tous nos projets futurs, par une refondation en profondeur de nos « pratiques théoriques » de projet, et des problématiques spécifiques que posent désormais pour notre discipline les questions liées à l’écologie, traduites légitimement par des publications scientifiques incontestables mais à elles-seules insuffisantes pour fonder le projet.

 

 

Quantités versus Qualités

 

Car, dans le même temps, quel sens peut-il exister en effet pour tout projet d’architecture, aussi vertueux soit-il en termes de stricts objectifs de quantités atteintes (d’émissions de CO2/d’énergie fossile consommée/de matériaux recyclés/ de pourcentage de pleine terre/de nombre d’arbres/…), si dans le même temps le projet n’a pratiquement pas de qualités au plan de l’architecture ?

 

Avec pour conséquence que les hommes et les femmes en situation d’«habiter» ces projets, de les vivre de l’intérieur, n’éprouveraient, au-delà du sentiment vertueux de participer à l’effort de tous au service de cette cause planétaire indiscutable, aucun plaisir ni émotion particulière à VIVRE ces projets plus ou moins dépourvus des qualités ?

 

Ne devrions-nous pas poser comme objectif de saisir l’opportunité de cet engagement environnemental qui s’impose à tous, non pas pour continuer de faire des projets qui vont s’engager simplement sur des quantités, mais a contrario sur des projets qui vont s’engager dans cette démarche de projet(s) à inventer, avec encore plus de qualités architecturales ?

 

C’est là l’objectif que nous souhaitons partager avec les étudiant(e)s, convaincus que le moyen principal de l’atteindre est de poser comme postulat préalable pour l’architecture un projet d’écologie engagé dès l’origine PAR LE PROJET architectural, sur la base d’hypothèses traduites dans notre discipline, notamment par une recherche morphogénétique à partir d’un travail figural, puis d’une exploration visant à la définition de dispositifs inédits, appropriés aux problématiques spécifiques recensées tant à l’échelle de la ville, de son espace public et de son paysage « urbain », qu’à celle de l’édifice.

 

 

Savoirs / Outils / Exploration

 

Nous interrogerons donc dans ce travail particulier d’ « écologie de projet » l'ensemble des savoirs et outils morphogénétiques propres à l'architecture, ici revendiquée champ disciplinaire à part entière, dans une démarche 'low tech' par définition, permettant à partir d’un séminaire initial la mise en œuvre d’un travail notamment en coupe et en maquettes de figure de produire par groupes un inventaire 'généreux' des dispositifs typologiques qui auront été le résultat du travail de recherche et d'exploration, tant pour la ville, son espace public et le paysage urbain proposé, que pour la matière typologique de l'ensemble des programmes intégrés à partir du logement dans une dimension de la plus grande mixité possible (et de la plus grande réversibilité) du projet.

Le séminaire initial, dans l’analyse historique du sens qui a déjà pu être donné à cette forme d’écologie PAR le projet, sera en parallèle illustré par des exemples grecs, romains ou égyptiens, mais aussi par des projets architecturaux et/ou urbains de référence contemporains, attachés à la nature essentielle de cette démarche.

 

Le travail de projet interrogera évidemment la question de la densité, associée à une recherche de réponse sur la possibilité d'une nouvelle place de la nature en ville, que nous travaillerons en particulier avec Giovanna Marinoni dans la double dimension du paysage végétal et d'un paysage plus global, urbain, à redéfinir.

 

 

Ensemble(s)

 

Dans un développement continu du projet, le travail de celui-ci abordera trois échelles : par groupes au début, la première étape sera à l'échelle du projet urbain territorial et paysager, pour aborder dans la seconde étape les ensembles urbains élémentaires : le bloc ou encore la pièce urbaine, à définir à l’échelle du type urbain sur des principes et des règles morphogénétiques éco-systémiques, ici essentiellement en jeu dans l’architecture.

La dernière étape, enfin, portera sur le projet à l’échelle d'édifices travaillés de façon individuelle, mais néanmoins coordonnés au sein des groupes initiaux.

 

Les ensembles suivent en général un principe de classement basé sur la division et la répétition, selon lequel tout est structuré par des constituants interdépendants.

 

Il s'agira in fine de concevoir, dans un projet urbain et sur un territoire en transformation un ensemble (travaillé par groupes), puis une petite partie (travaillée individuellement) inséré dans cet ensemble plus vaste, où la question écologique aura construit son sens essentiel par le projet : un ordre urbain et paysager singulier et nous l’espérons inédit, qui reposera sur un ou plusieurs édifices, dans une mixité programmatique associant logements et équipements de quartier, auxquels sera adossé un espace public de référence, qui aura notamment proposé une nouvelle place à la nature en ville.

 

 

Densité / Intensité / Hauteur(s) / Orientations

 

Le paradoxe qui aujourd'hui prône à la fois les vertus de la densité et du mode campus est au centre de cet enseignement de projet. Nous chercherons à explorer de nouvelles typologies d'édifices capables d'allier les vertus de ces deux extrêmes.

La densité fait son retour dans les discours d'urbanisme et d'architecture. En réponse aux préoccupations de développement durable, on ne la résume souvent qu'à la notion de concentration illustrée par la tour. Pourtant le mot densité revêt trois sens qui ne peuvent être dissociés, et lui donnent toute sa substance. Elle évoque à la fois une épaisseur, qui renvoie à la notion spatiale d'intervalle. Elle peut aussi se définir au sens physique (c'est la masse volumique), associé par là au sens de pression et à l'aspect négatif d'oppression. Envisagée en tant que fusion ou concentration, la densité est une intensité, valeur positive qui évoque la force, les potentialités d'échanges, valeur évoquée par les penseurs contemporains à travers la notion de réseau, celle qui aujourd’hui engendre une véritable esthétique architecturale. Nous retenons de ces définitions que la densité est intimement liée à la structuration de la ville et du territoire, avec comme finalité d'intensifier 'l'être ensemble', mais qu'elle doit être soupesée, selon qu'il est nécessaire d'affirmer une présence ou au contraire de la pondérer.

 

 

Une nouvelle place de la Nature en ville

 

« (...) because ignorant violations of nature are so quickly penalised by physical disorders » (McHarg, 1969)

 

Les villes européennes interrogent aujourd’hui le paradigme de la déminéralisation. La croissance des aires métropolitaines va conduire à de nouvelles formes de densité urbaine, auxquelles devra s’associer nécessairement une considération renouvelée de l’espace public et la recherche d’un nouveau rapport à la nature.

L’expansion des villes va de pair avec leurs embellissements depuis les Lumières, au développement économique, commercial et fonctionnel la recherche d’amélioration au sens esthétique des espaces urbains et collectifs, les parcs et promenades publiques participent à la scénographie et au décor de représentation et en même temps à la fonction hygiéniste et récréative du peuple. Les grandes villes modernes ont exploré des possibles et des utopies pour penser la cohabitation entre ville et nature pour l’épanouissement des habitants (la cité jardin, Prost, la ville parc, le Corbusier etc.), mais les logiques de développement effréné et l’économie du sol ont déconnecté le projet urbain de toute réalité physique.

 

Nous aborderons la question du paysage en termes « d’infrastructure verte ». Cette notion a été largement abordée et utilisée dans l’histoire de l’urbanisme notamment dans la planification des villes et la création d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées, etc).

L’accélération des crises climatique et sanitaire nous invitent à nous engager dans le mouvement de renaturation des villes et à penser le projet urbain et projet de territoire à partir des composantes structurantes des écosystèmes, à commencer par les fleuves et le système hydrographique qui constituent la colonne vertébrale de ces infrastructures offrant des situations de projets favorables à accueillir le vivant.

 

Par ailleurs, si aujourd’hui la question de la mise en œuvre et/ou le renforcement de l’infrastructure verte dans la ville redevient une nécessité et une urgence, autrement dit un enjeu de santé publique, qui nous oblige à envisager dans tout projet urbain les conditions pour accueillir « la nature en ville », il serait une erreur de ne considérer que son apport fonctionnel. Nous avons besoin de lieux pour la promenade et la découverte, pour le repos et l’attente, pour le ressourcement et la pause (le vide), pour exprimer de la créativité, la danse, le théâtre, la rencontre de l’autre. Quelles natures, typologies et échelles d’espaces pour accueillir le vivant d’une part, pour satisfaire les besoins récréatifs des citadins d’autre part, quels agencements, quelles interfaces, quel cadre pour envisager une architecture contemporaine du paysage urbain ?

 

 

Démolir/ Conserver et transformer ?

 

En relation avec la réflexion sur la densité et la place de la nature en ville, se pose la question fondamentale de l’acte de bâtir et le rapport à ce qui existe, nous précède et avec lequel nous devons composer. Faut-il conserver l’existant, le démolir pour le remplacer, ou le transformer ? En reprenant la réflexion de Bernard Stiegler, « (…)On détruit toujours pour construire autre chose. Je ne suis pas un passéiste qui affirme qu’il ne faut pas du tout détruire. J’affirme simplement que ce que l’on détruit maintenant doit nous permettre de reconstruire un monde viable. C’est un nouveau système qu’il faut construire qui sera à la fois solvable et soutenable.» (Stiegler, 2018) , nous allons proposer aux étudiants de composer avec l’existant, en démontrant les caractéristiques structurantes du tissu existant, ainsi que ces capacités à se transformer, ou bien à être remplacé par un nouveau tissu, qui se compose avec « l’infrastructure verte », en permettant la mise en place d’une nouvelle morphogenèse écosystémique qui place l’écologie au cœur même de la fabrique de l’urbain, jusqu’à l’intervention sur l’échelle de l’édifice.

 

 

Palimpseste / Éco-conception

 

Cette réflexion nous invite à aborder le territoire comme un palimpseste , en identifiant les différentes states de constitution du territoire, dans un travail « d’archéologie » du projet. Celui-ci permet d’identifier l’histoire sourde du lieu , ses richesses et ses qualités, mais aussi ses défauts et les enjeux de sa transformation. L’ensemble de ces caractéristiques deviennent des composantes intégrantes du projet urbain écosystémique, tout en se traduisant à toutes les échelles du projet. Ainsi, la nature des sols et de l’espace public se confronte à la morphologie urbaine existante et leurs transformations potentielles.

 

En parallèle, nous souhaitons interroger le phénomène de l’Ilot de Chaleur Urbain, soit l’élévation de la température dans un ilot bâti en milieu urbain, induit par l’orientation des bâtiments, le choix des matériaux et l’absence de nature, entre autres. Pour répondre à cela les étudiants devront donc à la fois s’intéresser à la nature des sols et des enveloppes bâties, tout en travaillant sur la question de la matérialité.

 

Dans le prolongement de cette réflexion, nous allons inviter les étudiants à poser la question des ressources et à s’intéresser au choix des matériaux et des cultures constructives qui s'appliquent au projet. On le repère dans la production architecturale contemporaine : l'utilisation de matériaux biosourcés devient l'apanage du bâtiment « responsable ». L'utilisation du bois dans la construction refait surface, accompagnée par la renaissance de la terre, de la paille et du chanvre, entre autres. Sans entrer dans une forme caricaturale d’utilisation d’un matériau pour avoir utilisé un matériau « responsable », cette réflexion a le mérite de poser la question de l'empreinte écologique d'un bâtiment, c'est-à-dire de la quantité de ressources naturelles nécessaires pour le produire, ainsi que de la quantité de déchets qui en émanent. Ce faisant, la provenance des matériaux de construction est interrogée, en s’intéressant au cycle de vie des matériaux de construction et du bâtiment. Comment réutiliser les matériaux d'un bâtiment lorsqu'il arrive à la fin de son cycle de vie ? Faut-il le rendre démontable ? Cela suppose la mise en place d’assemblages constructifs et l’utilisation de matériaux qui permettent de déconstruire le bâtiment en vue de sa transformation, de sa réutilisation ou du recyclage et du réemploi des matériaux qui le composent. Ce faisant, les notions de flexibilités, d’adaptabilité et de réversibilité seront interrogées dans notre enseignement, en posant la question du temps et de son impact sur le processus de conception.

 

 

 

 

Voir paragraphe suivant: site de projet

Contenu

SITE DE PROJET

 

PROJETER SEINE AMONT : De Villeneuve St-Georges à Charenton le Pont

 

D’abord la géographie

 

La Seine est initiatrice, ordonnatrice, paysage fondateur de la métropole. Son bassin alluvionnaire, ses coteaux, ses berges, ses franchissements, structurent les voies naturelles d’accès à Paris.

Seine amont est un espace « naturel » majeur, un de ces sites sur lesquels la dynamique métropolitaine conduit à y redéployer le développement urbain. Toute proportion gardée, lorsque qu’Amsterdam retrouve son port, Londres récupère ses docks, Bilbao sa rivière, le développement urbain contemporain s’appuie sur une géographie retrouvée, réinvestie et valorisée.

Cette opportunité fantastique de reconquête invite tout d’abord à interroger le site du point de vue de son intégrité géographique première, c’est à dire celle de la « boucle de Seine ».

 

Seine urbaine, seine industrielle et seine naturelle

Seine amont présente un paysage composite qui change de nature au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Paris.

- Entre le périphérique et l’A86, la Seine est industrielle rive gauche, urbaine rive droite ;

- Entre l’A86 et le Pont de Villeneuve, le paysage change et mélange les zones industrielles, des friches à la végétation sauvage et des arrières des tissus résidentiels. La Seine n’est plus un vecteur de continuité urbaine évident ; les voies sur berge disparaissent, se rétrécissent ou sont interrompues, tandis que les grandes voies nationales trouvent des points de tangence ou d’intersection ponctuels avec le fleuve.

- Après le Pont de Villeneuve, la Seine devient naturelle sur sa rive gauche inondable et peu urbanisée.

 

Seine mutable

 

Le territoire de Seine Amont comprend de vastes secteurs de mutation dont plusieurs font actuellement l’objet de « schémas de principe » pilotés par les communes et l’EPAORSA. Le développement des sites de Seine permet d’envisager une urbanisation cohérente du nord au sud capable de rendre au fleuve son statut et des fonctions métropolitaines.

 

Seine enclavée : un potentiel de desserte ferroviaire

Les faisceaux ferroviaires des RER délimitent et isolent les vastes emprises qui bordent le fleuve du reste des villes. Relativement à l’écart des grandes voies urbaines nord sud, peu desservi par un réseau est ouest limité, l’entre deux ferroviaires peut appuyer son développement sur les gares RER C et D, qui, si elles assurent la traversée du faisceau (gares double face) et si elles sont mises en réseau, donneraient une bonne accessibilité au territoire.

 

Seine sous contrainte

 

Les terrains qui bordent le fleuve cumulent plusieurs contraintes qui conditionnent leur valeur urbaine :

- La pollution industrielle

- Les nuisances sonores liées au passage des trains et aux cônes de bruit liés à la plateforme aéroportuaire.

- Les risques d’inondation.

 

La mutation inéluctable vers une ville mixte et dense de ces terrains industriels, situés dans le désormais Grand Paris et desservis par des infrastructures de transport lourdes pose la question de la responsabilité politique et collective de l’aménagement. La situation particulièrement favorable d’un point de vue urbain de ces terrains et les besoins en développement du Grand Paris ont conduit l’Etat à permettre leur urbanisation malgré le risque naturel présent et connu. Cette urbanisation est cependant sous condition tant sur la forme que sur la programmation afin de ne pas augmenter la vulnérabilité des biens et des personnes.

Toutefois, le seul respect des contraintes réglementaires imposées par le PPRI n’est pas garant d’une conception résiliente, voire peut engendrer des formes urbaines peu compatibles avec la ville dense.

- Il s’agit de mettre l’inondation au cœur de la conception sans renoncer à une ville confortable, animée, évolutive.

- Il s’agit de prendre en compte la crise comme un temps du projet, et de l’appréhender d’un point de vue fonctionnel.

 

 

 

DÉROULEMENT

 

L'enseignement se déroulera en différentes parties, sur 14 séances le vendredi après-midi. Les différentes séquences de l’atelier sont structurées selon les différentes échelles de projet. Pour chacune d’entre elles, différentes entrées adressant la problématique écologique seront convoquées.

 

1/ Dans un premier temps, par groupes de 3, les étudiants devront effectuer une analyse territoriale, afin de comprendre les caractéristiques particulières du territoire d’étude. Une compréhension du milieu et de ses caractéristiques géographiques, hydrologiques, topographiques, géologiques, climatiques et paysagères nourrira la mise en place d’un projet de territoire. La question des infrastructures et des tissus sera également investiguée, afin de donner naissance à projet de transformation du territoire.

Cette première étape sera initiée par un séminaire d’exploration du territoire, puis clôturée par un rendu intermédiaire.

La maquette de figure sera exploitée et accompagnée à un travail en coupe. En parallèle, est attendu que les étudiants mettent en place des codes de représentation libres et innovants, afin d’illustrer les manières plurielles d’exprimer la problématique écologique par le projet. Une attention particulière sera apportée à la mise en exergue des continuités naturelles, à la question des cycles, des ressources et à la relation au milieu.

 

2/ Dans un deuxième temps, toujours par groupes de 3, les étudiants devront effectuer une proposition de projet urbain, sur une partie du projet de territoire préalablement établi. Les intentions territoriales devront alors être déclinées dans un projet urbain abouti.

Pour ce faire, les étudiants devront mettre en place des règles urbaines, en posant la question de la prise en compte de l’écologie dans la définition de la morphogenèse urbaine, celle-ci devenant écosystémique. Cela suppose d’interroger la relation entre formes urbaines et espaces publics, le rapport plein/vide, la question de la densité et la présence de nature, la nature des sols et des enveloppes, l’orientation et le rapport au climat, l’ilot de chaleur urbain, ou encore la prise en compte du milieu. A partir de ces règles urbaines, qui devront être illustrées sur une planche spécifique, les étudiants devront proposer un projet urbain. Il s’agit de traduire et situer les règles urbaines préalablement établies, tout en imaginant et en dessinant un tissu urbain qui prend en compte les indicateurs préalablement établis.

 

A l’image de l’étape précédente, la deuxième étape du projet fera l’objet d’un travail en maquette de figure et en coupe. Ils seront accompagnés par l’analyse de cas d’études iconiques illustrant la prise en compte des problématiques écologique dans des projets urbaines européens, voire internationaux. Aussi, les étudiants devront poursuivre leurs investigations sur les codes de représentation exprimant la problématique écologique par le projet. Il s’agira d’illustrer et de conceptualiser le règlement d’urbanisme à mettre en place, tout en mettant en exergue la question des cycles, de la relation au milieu et de la place de la nature dans le projet.

Cette deuxième étape fera également l’objet d’un rendu intermédiaire.

 

3/ Enfin, dans un premier temps, individuellement, les étudiants devront réaliser un projet d’édifice. Celui-ci prendra en compte les règles urbaines définies dans le projet urbain préalablement établi, lui-même prenant en compte le projet de territoire établi dans la première étape de l’atelier. Le travail à l’échelle de l’édifice fera l’objet d’une investigation particulière sur la question de la typologie, des logiques structurelles et du choix des matériaux, en prenant en compte la notion d’énergie grise et de bas carbone, du traitement de l’enveloppe bioclimatique, de la relation à la nature, de la densité et du rapport public-privé. Des références de projets réalisés exprimant ces intentions devront alors être confrontées aux projets proposés par les étudiants.

Cela fera l’objet d’un travail en maquette à des échelles variées, ainsi que d’un travail plus précis en coupe, à différentes échelles, allant jusqu’au détail constructif. En parallèle, un travail en plan, coupe, axonométrie et en maquette sur l’assemblage typologique et constructif sera attendu. Les étudiants devront également mettre en place des codes de représentations libres pour illustrer les points mentionnés, avec une attention particulière apportée à la question des ressources, du cycle et de l’énergie grise, des assemblages constructifs et typologiques, mais aussi de la place de la nature et de la relation public-privé.

 

Cette dernière étape fera l’objet du jury final, dans lequel les étudiants vont présenter l’ensemble de leur travail du semestre.

 

 

Voir paragraphes suivants

Bibliographie

1. BIHOUIX Philippe, L'Âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable, Le Seuil, collection anthropocène, 2014

2. BOISSONADE Jérôme (sous la direction de), La ville durable controversée - Les dynamiques urbaines dans le mouvement critique, Paris : éditions Petra, mars 2015, 486p.,

3. CHOAY Françoise, L'urbanisme, utopies et réalités. Une anthologie, Paris: éditions Points Seuil, 2014 (1ère édition en 1965), 464p.

4. CORBOZ André, Le territoire comme palimpseste et autres essais, Paris : éditions de l'Imprimeur, 2001, 281p.

5. KOOLHAAS Rem, Junkspace : Repenser radicalement l'espace urbain, Paris : éditions Payot, 2011, 120p.

6. LARRÈRE Catherine, LARRÈRE Raphaël Larrère, Du bon usage de la nature, Champ essai, 1997

7. LUCAN Jacques, Ou va la ville aujourd'hui ? Formes urbaines et mixités, Paris : éditions de la Villette, 2012, 208p.

8. MAGNAGHI Alberto, La Biorégion urbaine, petit traité sur le territoire bien commun, Paris : éditions Eterotopia France, Collection rhizome, 2014, 176p.,

9. MANGIN David, La ville franchisée : formes et structures de la ville contemporaine, Paris : éditions de la Villette, 2004, 480p.

10. MAZRIA Edward, Le Guide de la Maison Solaire, Marseille: éditions Parenthèses, 2005, (1ère édition: Rodale Press, Inc., Emmaus, PA, USA - 1979 ; traduit en français aux éditions Parenthèses en 1981), 340p

11. MCHARG Ian, Design With Nature, New York : John Wiley et Sons, 1995 (1ère édition en 1969), 208p.

12. NORBERG-SCHULZ Christian, Genius Loci - paysage, ambiance, architecture, Sprimont : éditions Mardaga, 1981 (1ère édition : Milan : Gruppo editioriale Electa, 1979, traduit en français par Odile Seyler), 216 p.,

13. PEUPORTIER Bruno, Eco-conception des bâtiments et des quartiers, Paris : Presses de l’École des Mines, 2008, 336 p.

14. STIEGLER Bernard, Qu’appele-t-on panser ? Au-delà de l’Entropocène. Tome 1 : l’immense régression, éditions Les Liens qui Libèrent, 2018, 384 p.

15. TOUBANOS Dimitri, Les projets de logements en Europe à l'aune du développement durable : adaptations, transformations, innovations et obstacles dans la conception architecturale, thèse de doctorat en architecture, sous la direction de Virginie Picon-Lefebvre, Université Paris Est, 25/05/2018, 498p.

16. VIGANO Paola, Les Territoires de l'Urbanisme : Le projet comme producteur de connaissance, éditions Métis Presses, 2016 (1ère édition 2010), 256p.

17. WRIGHT David, Manuel d'architecture Naturelle, Marseille : éditions Parenthèses, 2004, (1èreédition: Van Nostrand Reinhold Company, New York, USA - 1978, traduit en français aux éditions Parenthèses en 1979), 248p.

18. YOUNES Chris (sous la direction de), Ville contre-nature, Philosophie et architecture, Paris : La Découverte, 1999, 281p.

19. ZUINDEAU Bertrand, Développement durable et territoire, Villeneuve d'Ascq : Presses Universitaire Septentrion, 2000, 300p.