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  • S8-S2 PREPARATION A LA RECHERCHE

DE 3 : Habiter le trouble - Nadine Roudil, Catherine Rannou, Emmanuelle Bouyer

Semestre 8

Responsable(s) : Nadine Roudil

Enseignant(s) : Catherine Rannou, Emmanuelle Bouyer

  • Année : 4
  • Semestre : 8
  • E.C.T.S : 7
  • Coefficient : 8,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Situé en S8, ce séminaire a pour objectif d’initier les étudiant.es à une démarche de recherche création construite à la croisée de plusieurs disciplines : l’architecture, l’art et les sciences sociales.

Ce séminaire introduira les étudiant.es à un espace de réflexion susceptible de mettre en œuvre leur mémoire en S9 tout en engageant une réflexion sur leur démarche de projet.

Il permettra aux étudiants de franchir les premières étapes de leur questionnement et engagera la mise en place et la réalisation du terrain du mémoire.

Les contenus d’enseignements, les exercices pratiques et les travaux des étudiant.es interrogeront les crises environnementale et climatiques associée à la nécessité que nous avons désormais de devoir apporter une réponse bienveillante à la nécessité d’habiter le monde en temps de trouble. Sa thématique centrale sera ainsi celle d’habiter les situations et les milieux extrêmes engageant de grands froids ou des vagues de chaleur susceptibles de déboucher sur des incendies dévastateurs.

Dans ce contexte, il s’agira pour les étudiant.es en architecture de questionner comment faire projet, soit les pratiques et les représentations associées à cette démarche et qui concourent à agir en termes de fabrique de la ville alors que nous sommes en situation de vivre des crises multiples.

Partageant les références théoriques et une réflexion originellement initiée par l’enseignement de projet en S8 « Habiter le trouble » attaché aux travaux de Donna Haraway , ce séminaire aura la vocation d’accueillir un public d’étudiant.es plus large qui souhaite expérimenter une forme expérimentale d’initiation à la recherche.

Ce séminaire sera ainsi gouverné par la capacité d’agir des étudiant.es mobilisant des savoirs d’horizons divers.

Il sera adossé au Réseau Scientifique et Thématique (RST) ARCHES sur les architectures en milieux extrême et à deux espaces de collaboration que les enseignantes du séminaire ont construit avec l’école de design de l’UQAM à Montréal et avec l’Université de Berkeley

Contenu

Questionnement

Ce séminaire souhaite prendre comme thème central le monde contemporain en proie au changement climatique et à la crise environnementale attestant de l’entrée dans l’ère de changement global qu’est anthropocène (Larrère et Beau, 2018). Les conséquences en termes de mode d’habiter notre planète, sont et surtout seront inédites. Cette période est productrice d’inégalités et engendre des vulnérabilités auxquelles toutes les populations doivent faire face. Cette situation nous enjoint à habiter une « Terre vulnérable et blessée » et à trouver les modalités de « commencements » (Haraway, 2014, p.24-25 cité par Piéron, 2019, p.18) face à un monde ravagé par son exploitation néolibérale et les bouleversements qu’elle provoque (crises et violences endémiques).

Dans ce contexte, il devient nécessaire de réinterroger le partage entre nature et société/culture à partir du postulat selon lequel notre société est faites d’objets hybrides à la fois naturels et culturels. La société dans laquelle nous vivons se compose d’un ensemble de relations et d’un enchevêtrement de processus dans lesquels les humains ne sont qu’inclus (Larrère et Larrère, 2015, p.11) et où les cohabitation humains - non humain doivent être réexaminées et reconsidérée en déconstruisant les dispositions prédatrices d’un monde androcentré.

Le social mais aussi le fait d’habiter le monde peut ainsi être considéré comme une nature-culture complexe. La dimension contemporaine de notre présence au monde est située dans « un environnement technoscientifique où les frontières entre le vivant et l’artefact ont toujours été incertaines » (Gardey 2013, p. 173). Sortir du trouble consiste alors dans ce contexte à examiner les dispositions humaines à penser et à agir depuis les situations troublées (Caeymaex, 2019 p 40) en acceptant leur complexité et en faisant avec.

Une telle démarche est exploratoire tout autant que génératrice de réponses puissantes aux situations de crises qui nous entourent (Caeymaex, 2019, p. 41).

 

Dimension méthodologique

A partir de ce questionnement ce séminaire est partie prenante de l’exercice du mémoire de master. Il a pour objet d’initier les étudian.es à la recherche en architecture en se situant à la croisée de deux démarches, celle de la recherche création et de la recherche en sciences sociales qui seront autant de ressources théoriques et méthodologiques. Le moment du projet constituera un espace de ressource spécifique permettant d’interroger ce que signifie se projeter, mais aussi « la pensée et la mise en pratique des réalisations » (Boutinet, 1990, p.178).

La réflexion des étudiant.es se nourrira ainsi des manières de faire de la recherche en sciences sociales et de la recherche-création afin de déboucher sur une démarche réflexive et innovante permettant d’interroger celle de l’architecte.

Ce séminaire permettra aux étudiant.es de mettre en place et de réaliser un pré-mémoire fondé sur un terrain d’enquête. Situé en S8, au début du second cycle d’architecture, il a pour but de conduire les étudiant.es à réfléchir à la production de connaissances à travers l’exercice spécifique du mémoire tout en conjuguant les exigences de la recherche académique et des savoir-faire des disciplines (SHS, Art, design, Architecture) mobilisées.

 

Lien séminaire et enseignements de projet

Des passerelles seront effectuées régulièrement avec l’enseignement du projet en S8 sous forme de présentations, d’échanges collectifs en présence d’invités extérieurs.

Cette démarche est expérimentale et se situe logiquement en DE3 « Expérimentations ». L’objectif sera en séminaire comme en projet de placer les étudiant.es dans une dynamique de recherche afin de projeter des conditions souhaitables en formulant une problématique et en l’investiguant. Dans cette perspective, le projet devient un dispositif avec lequel poser des questions et par lequel vérifier des hypothèses : une démarche interrogative plutôt que prescriptive. Le projet en S8 sera envisagé comme une possibilité de réflexion par l’invention, comme une expérimentation critique articulée au séminaire. Il s’agit de créer les conditions du développement d’un langage lié au projet dont la qualité sera réflexive et critique afin de

Travaux

avancement du mémoire tout au long des séances

Bibliographie

Boutinet J-P., 1990, Anthropologie du projet, Paris, Puf

Caeymaex F., Despret V., Pieron J, 2019, Habiter le trouble avec Donna Haraway, Paris, Editions Dehors.

Gardey D., 2013, « Donna Haraway : poétique et politique du vivant », Cahier du genre, 2013/2, n°55, p.171-194.

Haraway D., 2014, « Jeux de ficelles avec les espèces compagnes. Rester avec le trouble », in Despret V. et Larrère R., Les animaux. Deux ou trois choses que nous savons d’eux, Paris, Hermann.

Larrère C. et Larrère R., 2015, Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique, Paris, La découverte.

Larrère C. et Beau R. (dir.), 2018, Penser l'anthropocène, Paris, Les Presses de Sciences Po.

Haraway D, 2020, « Vivre avec le trouble » trad. Vivien Garcia, Vaulx-en-Velin, Éditions des mondes à faire.

Informations supplémentaires

textes issus de la bibliographie + références en cours