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  • S5- 10 La fabrique du projet

Projet 5

Semestre 5

Groupe 11 - Nathalie Regnier Kagan et Jean-Michel Veillerot [E0511110]

Responsable(s) : Nathalie Regnier-Kagan, Jean-Michel Veillerot

Enseignant(s) : Florence Gillet

  • Année : 3
  • Semestre : 5
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

« L’ARCHITECTURE COMME MODIFICATION »

Nombreux sont les exemples remarquables d’architectures de la modification, à travers l’histoire de l’architecture, depuis le projet d’Andrea Palladio pour la basilique de Vicence jusqu’au projet de Carlo Scarpa pour le musée de Castelvecchio à Vérone, mais également le projet de l’hôpital de Venise de Le Corbusier. Aujourd’hui, l’intervention sur l’existant représente une part de plus en plus importante dans l’activité de l’architecte, ce qui a des répercussions à l’échelle patrimoniale, urbanistique et environnementale. Au-delà même des enjeux patrimoniaux, la réutilisation de constructions existantes est le pivot d’une conception architecturale et urbaine privilégiant l’idée d’un environnement durable : il s’agit d’une démarche qui valorise les centres anciens et s’oppose à l’étalement des villes engendré par une urbanisation galopante.

Contenu

Travailler avec l’existant, c’est travailler avec le contexte, que cela soit celui de l’édifice, de la ville, ou du paysage. Un bâtiment est toujours construit pour une fonction précise : habitat, industrie, équipement, et s’adapte au site dans lequel il prend place. L’évolution historique des usages ou des contextes, est parfois plus rapide que l’usure des murs. De nombreux édifices trouvent une nouvelle destination : des châteaux sont transformés en bureaux, des gares en musées, des usines en lofts… Tout projet architectural est une modification de l’état existant du monde, et demande une attention particulière aux traces laissées par le temps.

 

La réutilisation de structures anciennes pour de nouvelles fonctions, la mixité des programmes, l’adaptation des matériaux anciens nécessitent bien souvent de faire appel à des solutions innovantes pour répondre aux contraintes actuelles : si l’innovation consiste à rompre avec les habitudes et à créer de nouvelles solutions, la complexité des situations contemporaines engage notre capacité d’imagination plus encore que par le passé, et devient un enjeu majeur du XXIème siècle… Ces thèmes sont fort différents des thèmes du début du XXème siècle liés à l’expansion et à la production, et doivent être envisagés avec la conscience que le patrimoine existant peut être utilisé comme un véritable matériau du projet d’architecture.

 

TRANSVERSALITE :

L’observation de la réalité fondatrice du projet n’est pas une observation neutre et objective : elle est guidée par une intentionnalité subjective et par un désir d’invention architecturale. Il s’agit de décrypter par une observation minutieuse une situation, un édifice précis, de l’éprouver physiquement, le mesurer, d’en repérer les usages, d’en révéler les qualités... Il s’agira de déceler in vivo, la racine et la puissance d’un espace délaissé à participer à la vitalité renouvelée d’un territoire. Il s’agira in vitro d’élargir une culture, d’une certaine manière encyclopédique au sens où elle s’intéressera aux multiples champs disciplinaires transversaux qui traversent l’architecture. Ils sont nombreux : artistiques, anthropologiques, historiques, littéraires, cinématographiques, scientifiques, techniques, etc.… Dans cette perspective, l’enseignement du projet sera conduit dans un souci de transdisciplinarité en convoquant toutes les connaissances nécessaires au projet architectural : Histoire (SHS), Dessin à la main (ATR-Art Plastique), Infographie (ATR-Numérique), Structure et Enveloppes (STA-Construction).

 

Le lieu:

Le site choisi se développe sur une vaste emprise d’un hectare environ, utilisée par la RATP comme ateliers d’entretien du métro parisien, dont l’entrée est située à l’angle de la rue de Belgrand et la rue de la Py. La parcelle est actuellement constituée de deux grandes halles industrielles, témoignages de l’ère industrielle de la fin du 19e_début du 20e siècle. La problématique du projet est la transformation et l’amélioration de ce site, pour répondre à de nouveaux besoins dans la ville. Il ne s’agit pas ici de se confronter à un « monument historique », mais de s’intéresser à un site occupé très dense, à sa structure constructive et spatiale, avec des choix à faire sur les parties à conserver ou à démolir, et de se confronter à la mitoyenneté. L’identification du lieu prendra en compte le « déjà là » : à l’échelle territoriale et locale, mais constituera également une projection dans l’avenir. L’interaction entre les intentions spatiales engendrées depuis l’intérieur, et la réflexion urbaine doit amener l’étudiant à définir sa propre méthode de travail. L’analyse de l’existant est avant tout une découverte, un regard, mais aussi une interprétation : c’est déjà un projet en soi, une exploration sur la capacité d’un lieu à produire un espace.

 

L’objet :

Aujourd’hui, l’augmentation constante des effectifs dans les Conservatoires Parisiens, la difficulté d’y accéder, et la volonté d’ouvrir la fréquentation du conservatoire à un plus large éventail de populations, entraine la nécessité de la création de lieux socio-culturels dans la ville à l’image des « friches culturelles », pour se réunir, se former, se cultiver, travailler, exposer, écouter des concerts, voir des spectacles, ou se détendre, à l’usage des jeunes, mais également de toutes les générations de la population voisine. Pour répondre à cette demande, l’objet de l’étude associera donc un programme d’Ecole de musique et de danse lié à la création d’un espace extérieur public, un espace vert en prolongement des espaces intérieurs, pour apporter une respiration dans la ville.

 

Le conservatoire de danse :

Rechercher cet étranger intime : de la salle de danse « idéale », où le corps est l’échelle de toute spatialité enveloppante, vers l’édifice dans son ensemble, il s’agira de créer à partir de l’expérience individuelle de la perception sensible d’un espace architectural. En composant l’espace autour de soi, on s’attachera à chaque instant à analyser la prise de conscience de ses propres perceptions, au repos ou en mouvement, et à écrire la chorégraphie des déplacements et des parcours.

 

Le conservatoire de musique :

L’écriture musicale partage de nombreux élément lexicaux avec le projet : composition / structure/ mesure/ intervalle/silence / pause/ soupir/ mélodie / harmonie / rythme/ binaire / ternaire/noire / blanche/ intervalle/ polyphonie/tonalité/majeur / mineur/thème / modulation / improvisation/contre-point /canon/tierce /quinte /octave/ballade... La mesure de chaque espace sera rythmée par la structure constructive et spatiale.

Travaux

Travail en plans, coupes, perspectives, axonométries structurelles, maquettes numériques et maquettes réelles.

 

Le semestre sera organisé en fonction de quatre moments importants :

1 – L’analyse et l’étude d’édifices remarquables.

2 – L’analyse et l’étude du bâtiment existant et l’analyse urbaine.

3- La conception d’une salle de danse et de son assemblage.

4- La conception du conservatoire de musique et de danse en relation au contexte

 

La méthode de travail:

Correction - hebdomadaire - individuelle ou collective suivant l’étape du projet.

S’assurer de l’assimilation des savoirs. Enrichir la recherche par des analyses, individuelles, d’exemples remarquables relatifs à la thématique du semestre.

Interactivité forte : Les séances hebdomadaires demeurent le lieu privilégié de l’expression, du commentaire et des débats.

Présence obligatoire chaque séance et pendant toute la durée de celle-ci. Travail en binôme ou en groupe pour l'analyse et le relevé de l'existant.

 

Les relations avec les autres disciplines:

La construction, l'histoire, la représentation: le dessin à la main, et l'outil informatique, sont intégrés à la pédagogie .

Bibliographie

Pierre-Alain Croset, « L’architecture comme modification », programme EPFL