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  • S6- 10 La fabrique du projet - Habiter le territoire

Projet 6 - Habiter le territoire

Semestre 6

Groupe 10 - Dana Joulin, Clara Sandrini

Enseignant(s) : Dana Joulin-Stoica,Clara Sandrini,Antonella Di_Trani

  • Année : 3
  • Semestre : 6
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

ENSAPVS - LICENCE 3 - S6 - PROJET ARCHITECTURAL ET URBAIN 2025/26 – groupe 10

 

Dana STOICA-JOULIN / Marie DEGOS

 

UNE AMBITION PÉDAGOGIQUE COMMUNE, DIVERSIFIÉE ET COMPLÉMENTAIRE

 

L’enseignement du projet urbain et architectural du semestre 6 dans le groupe 10 s’inscrit pleinement dans les objectifs pédagogiques de l’École, qui considèrent le projet comme un instrument de recherche, et non comme la quête d’une solution normative. Il propose une initiation progressive à la compréhension et à la transformation de la ville contemporaine à partir de sa matière première fondamentale : le logement.

 

En cohérence avec le thème du semestre — « Espace commun, espace public, territoires » — nous faisons le choix d’aborder les enjeux urbains, sociaux, politiques et environnementaux à travers le prisme du logement collectif. Programme ordinaire mais décisif, le logement structure durablement les formes urbaines, façonne les modes de vie, cristallise des aspirations individuelles et collectives, et engage la responsabilité sociale de l’architecte.

 

En amont du projet architectural qui sera l’aboutissement d’une démarche complète, le projet urbain tient une place prépondérante au S6, et sera développé sur un temps long afin de permettre aux étudiants de progresser avec méthode :

- se familiariser avec les lieux – le site,

- en appréhender l’échelle et les potentialités urbaines et paysagères,

- identifier les tracés structurants, les tissus, les ruptures et les limites,

- reconnaître et interroger le contexte bâti, paysager, socio-économique…

- définir et adopter un parti urbain, en accord avec sa position sur le contexte,

- le traduire avec les outils urbanistiques.

 

Travailler le logement, ce n’est pas seulement produire des unités d’habitation : c’est interroger la densité (réelle et ressentie), la mixité des usages et des populations, les transitions entre espace public et espace privé, les formes de partage, les logiques constructives et la matérialité. Il s’agit également de requalifier un programme trop souvent réduit à une approche strictement technique, pour lui redonner une épaisseur culturelle, politique et spatiale dans la fabrique de la ville.

 

L’enseignement repose sur une forte transversalité avec les champs des sciences humaines et sociales (SHS) et des sciences et techniques pour l’architecture (VT). Les enseignants du groupe (TPCAU – SHS – VT) construisent ensemble des objectifs communs, des temporalités partagées et des contenus complémentaires, afin de garantir la cohérence pédagogique du semestre. Dans cet esprit de collaboration, nos partenariats avec l’école du paysage ESAJ, le bailleur parisien PARIS HABITAT et la coopérative solidaire PLATEAU URBAIN apportent à la réflexion collective et individuelle de précieux enrichissements.

 

UNE PÉDAGOGIE ANCRÉE DANS LE RÉEL

 

L’enseignement de notre groupe s’appuie sur des situations urbaines réelles, des partenariats institutionnels et professionnels, des visites de sites et des interventions extérieures. Ces échanges nourrissent la réflexion sur le rôle de l’architecte face aux enjeux contemporains : crise du logement, transition écologique, raréfaction des ressources, responsabilité sociale et politique du projet.

 

À travers cette pédagogie, nous cherchons à former des étudiants capables d’appréhender la ville comme un organisme complexe, hérité et en transformation, et d’y inscrire des projets urbains et architecturaux à la fois rigoureux, critiques et habités.

Contenu

UN SITE PARISIEN AUX MORPHOLOGIES CONTRASTÉES

 

Le site de projet est situé dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, entre le parc Georges Brassens et le boulevard Lefebvre, dans un secteur marqué par la juxtaposition et l’imbrication de tissus urbains hétérogènes. Il se caractérise par la cohabitation de formes résidentielles variées, d’infrastructures majeures, d’espaces ouverts et paysagers, et de fragments urbains aux logiques historiques et fonctionnelles distinctes.

 

Cette situation d’interface urbaine met en évidence des discontinuités, des seuils et des frictions, mais aussi des potentiels de continuités spatiales, paysagères et programmatiques. Le site pose de manière aiguë les questions de l’articulation entre habitat et infrastructures, de la relation au parc comme grand espace public paysager, ainsi que des transitions entre espaces publics, collectifs et privés.

 

Inscrit dans un contexte dense soumis à de fortes pressions foncières et à des évolutions programmatiques, le site constitue un terrain d’étude privilégié pour interroger les modes contemporains de fabrication de la ville. Les projets devront intégrer les enjeux de sobriété foncière, de qualité des espaces de vie, de transition écologique et de renouvellement des formes d’habiter, tout en tenant compte des structures existantes.

 

La présence de mégastructures de type barres de logements R+15 pose plusieurs problématiques contemporaines : la résilience urbaine pour intégrer ces « falaises habitées », les conditions de vie collective dans ces grands ensembles hérités d’une crise historique, l’opportunité de leur existence face à une nouvelle crise du logement, le confort d’usage des logements et parties communes au regard des aspirations d’aujourd’hui, et finalement notre volonté et capacité à agir sur leur volumétrie, morphologie et organisation afin de privilégier un scenario de réversibilité, de réutilisation totale ou partielle, plutôt qu’une démolition-reconstruction.

 

La question du maintien, de l’adaptation et du réemploi du bâti existant sera centrale dans la démarche de projet urbain. Elle invitera les étudiants à développer des stratégies attentives aux héritages construits, aux usages en place et aux ressources matérielles, et à inscrire leurs propositions dans une logique de projet urbain situé, évolutif et responsable.

Travaux

ORGANISATION ET DÉROULÉ DU SEMESTRE

 

L’enseignement est structuré en quatre grandes phases successives, correspondant à une montée en complexité progressive et à une articulation constante entre analyse, projet urbain et projet architectural.

 

1. Comprendre le territoire : analyse et diagnostic - 3 semaines

Le semestre débute par une phase d’immersion et d’analyse du territoire. Le travail est mené en groupes de 3 à 4, afin de développer une lecture collective du site et de confronter les points de vue.

 

L’analyse urbaine constitue un prérequis fondamental du projet. Elle mobilise plusieurs échelles — territoriale, urbaine, paysagère et architecturale — et s’appuie sur des outils variés : cartographie, relevés morphologiques, lectures historiques, analyse des usages, observation sensible, croquis et photographies, en parallèle avec les travaux réalisés en TD transversaux.

 

Ce travail vise à comprendre la ville comme un assemblage de formes urbaines hétérogènes, produites par des logiques sociales, économiques et politiques distinctes, et dont les effets sur les pratiques et la qualité de vie sont déterminants. Chaque groupe doit aboutir à une problématique urbaine hiérarchisée, formulée de manière argumentée, qui orientera les propositions de projet.

 

2. La connaissance comme terreau du projet : apports théoriques et corpus commun

Parallèlement au travail d’analyse, le semestre s’appuie sur la constitution d’un socle commun de connaissances théoriques partagé par l’ensemble du groupe 10. Des cours, TD et temps de restitution collectifs permettent d’aborder :

 

• les formes urbaines et les modes de composition (îlots, tissus, trames, densités) ;

• les différents cahiers des charges urbains : présentation et analyse de CPAUPE ;

• les typologies du logement et leurs logiques distributives ;

• les usages et leurs traductions spatiales ;

• les relations entre espace public, espace collectif et espace domestique ;

• les enjeux contemporains de transition écologique, de réemploi, de réversibilité et de matérialité.

• (…)

 

Un corpus de références (architecturales, urbaines et paysagères) est ainsi progressivement constitué. Il nourrit la réflexion critique et permet de situer le projet urbain à venir dans une culture architecturale et urbaine partagée.

 

3. Du diagnostic au projet urbain : dessiner un « morceau de ville » - 7 semaines

À partir de l’analyse et des apports théoriques, chaque groupe de travail élabore un projet urbain situé, prenant en compte les dimensions territoriales, historiques, sociales, paysagères et environnementales du site.

 

Le projet urbain ne se limite pas à une proposition formelle : il engage une vision programmatique argumentée, intégrant le logement mais aussi d’autres fonctions urbaines (travail, équipements, espaces publics, services). Il interroge les continuités, les limites, les accès, les usages, la place du vivant et les relations entre bâti et paysage.

 

Les étudiants s’approprient les outils de représentation de la grande échelle (1/2000e, 1/1000e, 1/500e) et le vocabulaire de l’urbanisme. Chaque groupe présente une proposition concertée, exprimée à travers plans, coupes, schémas, maquettes et récits de projet, devenant le cadre prescriptif des futurs projets architecturaux.

 

4. Articuler ville et édifice : du projet urbain au projet architectural - 4 semaines

La dernière phase du semestre est consacrée à un développement de projet architectural individuel. Chaque étudiant choisit un fragment de son projet urbain (bâtiment, îlot ou ensemble) et développe un projet à dominante de logements.

 

Ce travail engage :

• la maîtrise des typologies résidentielles et de leur assemblage ;

• l’analyse fine des usages et des modes d’habiter contemporains ;

• l’articulation entre pensée spatiale, pensée constructive et matérialité ;

• la réflexion sur la densité, la répétition, les standards et leur réinterprétation.

 

Le projet architectural permet de mesurer les conséquences concrètes des choix urbains, d’exercer un regard critique sur sa proposition initiale et, le cas échéant, de l’ajuster. Il s’agit d’aboutir à une architecture située, consciente de son contexte et capable de proposer des formes d’habiter innovantes, mixtes et durables.

Bibliographie

- Le Logement collectif/Françoise Arnold

- Entre confort désir et normes, le logement contemporain 1995-2012 /Monique Eleb, Philippe Simon

- Habitat formes urbaines : Densités comparées et tendances d’évolution en France ,

- L’habitat contemporain/Maria Alessandra Segantini

- Vu de l’intérieur, Habiter un immeuble en Ile de France/Monique Eleb, Sabri Bendimérad

- Composition et non composition/Jacques Lucan

- Où va la ville d’aujourd’hui ? Formes urbaines et mixités/Jacques Lucan

Informations supplémentaires

Cours de théorie, et d’histoire

Recherche documentaire/Analyses/Cours de théorie, d’histoire, sciences sociales, construction, arts plastiques, informatique/Visites, conférences, lectures...