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  • S5- 10 THEORIE ET PRATIQUE DE LA CONCEPTION ARCHITECTURALE ET URBAINE - Pratique du projet architectural - Le territoire et l’édifice

Projet 5 ou Projet 6 : L'édifice public contextualisé - Semaine intensive

Semestre 5

Groupe 04 - Etienne Lenack / Guy Vaughan

Enseignant(s) : Etienne Lenack, Guy Vaughan, Marie-Hélène Badia

  • Année : 3
  • Semestre : 5
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

EXPLORATIONS TYPOLOGIQUES

 

Ce semestre S05 propose une réflexion spécifiquement architecturale à partir de la question de

l’habitat.

 

La réflexion partira d’abord d’un constat :

- Des besoins alarmants en logements qui rejoignent les objectifs de production des Trente

Glorieuses dans un contexte économique très différent

- La réalité du développement périurbain qui pose la question des lieux d’interventions, notamment

sur des fonciers plus « difficiles »

- Des solutions typologiques et constructives conditionnées ou compromises par une industrie du

bâtiment très statique, des vides règlementaires, et une logique immobilière de produits qui ne

réinterroge pas toute la chaine de production dont elle est l’issue

- Un court-termisme dans la conception des logements en l’absence de réflexion sur le coût global

dans les règles de construction

- …

 

Dans ce contexte, l’habitat s’impose à la fois comme une question d’intérêt public et un sujet

architectural essentiel. L’habitat comme programme massif et spécifique est apparu distinctement des

lieux de production avec la révolution industrielle. Les perspectives de raréfaction des ressources

globales conduisent aujourd’hui à considérer une inversion de ce phénomène avec le rapprochement des

fonctions résidentielles et productives, la limitation des déplacements de masse, et posent ainsi la

question de modes de vie plus sédentaires.

L’habitat recouvre ainsi d’autant plus une fonction centrale comme matière première des villes et

comme objet d’une domesticité désirable.

 

Ce premier semestre de S05 fixe deux objectifs pédagogiques principaux.

 

Exploration de la relation entre type et forme

L’histoire de la classification des types fait la démonstration de la permanence de certaines règles

d’organisation. Un champ de recherche spécifiquement typologique est ouvert dès lors qu’il est

stimulé par une question, qu’elle soit architecturale, constructive, distributive etc. Le semestre

s’attachera à consacrer cette réflexion purement typologique avant de la soumettre à un site pour

engager un travail d’implantation, de distorsion, d’hybridation ou de détournement. Ces deux étapes

de travail, « in abstracto » et « in situ » s’intéresseront à qualifier et à décrire la complexité

de la relation entre type et forme.

 

Exploration de la relation entre architecture et territoire

La pédagogie recherche une pensée « à toutes les échelles » et une interaction forte entre

architecture, infrastructure et territoire. Le développement du projet architectural « en situation

» visera une mise en perspective au regard de l’épaisseur historique et de la réalité physique du

territoire. Le rapport entre architecture et territoire sera considéré en lui-même, comme une

confrontation directe, sans passer par un processus préparatoire de projet urbain. L’implantation,

la mise en relation et la perception territoriale donneront lieu à la formulation d’une stratégie

d’échelle intermédiaire concomitante avec le développement du projet architectural.

 

Le semestre aboutira à des projets d’habitats approfondis dans leur définition architecturale, dans

leur rapport au territoire et dans leur argumentation.

Contenu

Les programmes d’habitat représentent la masse essentielle de la production architecturale en

France et dans le monde. Notre objectif sera de développer des projets conceptuellement ambitieux

qui articulent une réflexion sur les modes de vie, une proposition typologique (disposition,

combinatoire, reproductibilité etc.), un point de vue constructif, une appréhension des qualités

d’ambiance, une position précise de l’expression architecturale de l’enveloppe, un rapport à

l’urbain explicite etc. Les projets devront témoigner pour chaque aspect d’un raisonnement, d’une

signification et d’une argumentation. Les moyens de représentation et de description seront

mobilisés dans cette perspective.

 

Des sujets collectifs pour une recherche comparée

L’objectif du semestre est de conduire des projets d’habitats « économiques, écologiques et

désirables ». Afin d’engager les groupes d’étudiants dans un processus collectif de recherche

appliquée, nous proposons de préciser le travail autour d’un ou deux sujets en fonction de

l’effectif du groupe. Un sujet est ici considéré comme la conjonction d’un programme, d’un site et

d’une question d’architecture. Par l’introduction d’une question d’architecture, nous entendons une

démarche consistant à s’imposer une contrainte supplémentaire (d’ordre structurel, géométrique,

typologique, symbolique, spatial etc.) qui introduit une dimension systématique au travail du

groupe, permet une classification par familles de projets et conditionne donc un processus de

recherche comparée porté par tous les étudiants. Ce partage d’une ou deux questions favorise l’unité

du groupe : une démarche d’expérimentation collective à partir de recherches individuelles ou en

binômes. Dans une perspective méthodologique, le travail de représentation sera codifié et

harmonisé.

 

Le semestre se déroulera en trois temps :

 

Analyse de références en rapport avec le sujet

Nous proposons un sujet qui sera développé par les 3 groupes d’étudiants : la profondeur

 

Les villes ont produit, notamment sous la contrainte de la densité et de la rareté du foncier, des

espaces de vie en 2ème jour. Nous faisons l’hypothèse d’affecter des qualités spécifiques à ces

espaces dans la profondeur : structure, spatialité, lumière, intériorité, confort, fonction, usage

etc. Ces surfaces supplémentaires étant construites à coût marginal, nous tâcherons de confirmer

cette caractéristique par un travail sur la rentabilité et la régularité constructive. D’autres

réflexions pourront porter sur des immeubles « progressifs » (immeubles en gradins, niveaux alternés

ou combinés etc.) ou sur des immeubles proposant des « cavités » (atriums, courettes, programme

complémentaire etc.) Nous nous interrogerons sur la place de la rationalité pour définir des

systèmes progressifs ou compatibles avec une diversité de types.

 

 

Le semestre commencera par un travail d’analyse de références historiques ou contemporaines pour

constituer une culture commune et un répertoire autour de cette notion de profondeur.

 

 

In abstracto : un temps consacré à la recherche typologique

 

A partir d’une question précise (« La profondeur »), une première période est consacrée à

l’élaboration de projets « in abstracto », sans prise en compte d’un site. Le travail portera sur la

mise au point d’un type d’habitat qui mettra en jeu un point de vue sur les modes de vie, sur la

qualité spatiale et distributive, sur le mode constructif, sur la prise un compte d’un climat

francilien, sur l’expression d’une architecture domestique etc. Les projets in abstracto visent une

mise au point conceptuellement ambitieuse, et un temps de travail dans le champ spécifique de la

discipline architecturale, sans le recours au contexte. Cette réduction de la complexité en

l’absence de contexte permet de concentrer la recherche sur la relation entre type, forme et

dimensionnement. L’objectif du projet in abstracto est de parvenir à un prototype ramené à ce qu’il

peut présenter de plus caractéristique. Il pourra représenter tout ou partie d’un ensemble

reproductible et ouvert au détournement.

 

 

In situ : élaboration d’un projet situé et spécifique

 

Les données contextuelles seront largement fournies dans le cadre de la pédagogie afin de concentrer

le travail sur la relation entre architecture et territoire, et non sur l’analyse urbaine. Nous

rapprocherons les prototypes élaborés in abstracto de situations de développement autour d’une

future gare du Grand Paris Express. Les étudiants proposeront une implantation, une adaptation du

prototype aux conditions du territoire visé et un développement architectural ; ils définiront

conjointement une stratégie d’échelle intermédiaire de l’ordre de l’infrastructure publique ou de la

relation. Le projet in situ démontrera la capacité d’adaptation d’un prototype à une situation

précise et l’importance du principe d’organisation initial pour produire des rapports spécifiques

entre architecture et territoire. Les projets in situ feront la démonstration argumentée d’une

pensée « à toutes les échelles » : un système typologique élaboré, une architecture conceptuellement

ambitieuse et signifiante, une appartenance à un système de relations, une définition claire du sol,

et une résonnance forte entre architecture et territoire.

Travaux

La définition de sujets précis vise à conduire l’ensemble des groupes dans un processus de

recherche comparée. En fonction du nombre d’inscrits et des affinités, les travaux pourront être

portés individuellement ou par binômes.

 

L’unité du groupe sera portée par un esprit d’expérimentation collective, une dimension systématique

et un travail de classification des projets, et une méthodologique de représentation ambitieuse et

partagée qui émergera au cours des semaines.

 

Travaux individuels ou par binômes en fonction du nombre d’inscrits

Documents graphiques, maquettes et textes

Livret de synthèse disponible deux jours avant les rendus intermédiaires et final

 

Organisation de l’enseignement :

Salle : à définir selon groupes

Jour : Mercredi à partir de 14h00

Bibliographie

Emanuel CHRIST et Christoph GANTENBEIN, Typology (Review II et III), Park books, 2012 et 2015

 

Jean-Nicolas-Louis DURAND, Recueil et parallèle des édifices de tout genre, anciens et modernes (4

tomes), 1800 (consultable sur gallica.bnf.fr/ et sur docnum.unistra.fr/ - meilleure qualité)

 

Jean-Nicolas-Louis DURAND, Précis des Leçons d'Architecture données à l'Ecole Royale Polytechnique,

1825 (consultable sur gallica.bnf.fr/)

 

Monique ELEB avec Anne DEBARRE, L'invention de l'habitation moderne, Paris 1880-1914 - Hazan et AAM

, 1995.

 

Jacques LUCAN, Précisions sur un état présent de l’architecture, Presses Polytechniques et

universitaires romandes, 2015

 

Aldo ROSSI – L’architecture de la ville - L'Équerre, Paris, 1981