L’équipe pédagogique est constituée, en vue d’un effectif d’environ 15 étudiants, de :
- Christel Palant-Frapier, historienne et docteure, enseignant HCA (responsable)
- Antoine Viger-Kohler, architecte DPLG, enseignant TPCAU (responsable)
- Maya Nemeta, architecte DPLG, enseignant TPCAU.
- Etienne Lenack, architecte DPLG, enseignant TPCAU.
- Dragoslav Mirkovic, architecte DPLG, enseignant ATR.
Ce séminaire porte sur l’étude des infrastructures terrestres, dans leurs dimensions spatiales, temporelles et constructives. Historiquement liée à la culture constructive et à la fabrication d’objets techniques, puis progressivement reléguée hors du domaine de l’architecture, l’infrastructure constitue aujourd’hui un niveau de lecture privilégié pour comprendre la manière dont les sociétés humaines ont transformé la Terre : extraction et déplacement de matières, artificialisation des sols, modification des reliefs et des cours d’eau, construction de réseaux et d’ouvrages de grande échelle.
Au cours des deux derniers siècles d’industrialisation, à mesure que s’est renforcée notre capacité à transformer massivement les territoires, le domaine de l’architecture s’est paradoxalement resserré autour de la question des édifices. Pourtant, une part considérable de nos territoires habités résulte de ces transformations infrastructurelles. Face aux enjeux contemporains — préservation des sols, adaptation climatique, économie de matière, transformation plutôt que remplacement — cet héritage constitue désormais une matière essentielle pour le projet d’architecture.
Le séminaire propose de se réapproprier la notion d’infrastructure — ce qui précède l’architecture mais aussi ce qui lui survit — afin d’élargir le champ du projet, de l’édifice au territoire. L’infrastructure peut ainsi être comprise comme une médiation entre les humains et la Terre, mettant en relation des nécessités d’usage avec des conditions géographiques, géologiques, matérielles et écologiques.
Cette année, cette réflexion sera conduite à partir de l’épaisseur du sol du Grand Paris. Le sol métropolitain n’est pas une simple surface sur laquelle la ville serait venue s’installer. Deux siècles de transformations l’ont creusé, enfoui, recouvert, soulevé, épaissi ou remodelé. Carrières, rivières enfouies, tunnels et tranchées couvertes, infrastructures routières et ferroviaires, parkings, dessous de dalles ou grands ouvrages techniques constituent ainsi une géographie largement invisible, mais qui conditionne profondément la ville située au-dessus.
L’enseignement, codirigé par les champs TPCAU et HCA, associe les cultures de l’architecture et de l’histoire pour interroger ces héritages dans leur profondeur temporelle et leur réalité matérielle. Le séminaire considère les infrastructures comme des objets de connaissance à part entière : leur conception, leur construction, leurs transformations et leurs usages permettent de comprendre comment la métropole s’est constituée et comment ses sols ont été durablement modifiés.
Une attention particulière est portée à la matérialité des ouvrages - géologie, terrassements, structures, matériaux, dispositifs techniques, rapports à l’eau et au sol - ainsi qu’aux transformations qui en ont modifié le fonctionnement et la perception.
L’un des objectifs du séminaire est ainsi de contribuer à la connaissance d’un patrimoine métropolitain encore peu visible et souvent peu documenté. Parce qu’elles sont techniques, ordinaires, difficiles d’accès ou souterraines, ces infrastructures sont fréquemment restées à l’écart des inventaires et des récits traditionnels de l’architecture.
À partir de ce terrain commun, chaque étudiant·e développe une recherche individuelle susceptible de conduire au mémoire de master. Le séminaire vise à articuler connaissance historique, connaissance matérielle et culture architecturale : comprendre ce dont nous héritons, documenter ce qui demeure mal connu et construire une problématique propre à partir de cette connaissance.


