Les portes métropolitaines’, un sujet d’actualité…
A Bordeaux comme ailleurs, les portes métropolitaines sont les grands sites de développements économiques et commerciaux aux portes de la ville centre et de ses faubourgs, un urbanisme de la route dont la mutation/réparation écologique s’impose avec l’accélération du réchauffement climatique. Ce modèle urbain (et social) présente le paradoxe d’être à la fois une obsolescence programmée (mutation de l’économie, numérique, impact environnemental) tout en constituant encore un modèle et une forme de société (civitas) contemporaine dynamique. Intervenir sur les portes, c’est contribuer à la transition écologique de la ville contemporaine en interrogeant la reconquête de la géographie et de la nature, la mixité et les nouvelles formes d’habiter, l’intégration urbaine des modèles économiques et commerciaux…
…entre recherche et projet, dans un contexte professionnel
Cet enseignement s’inscrit dans le contexte d’une commande publique qui mobilise trois groupements pluridisciplinaires dans un cadre exceptionnel de projet et de recherche. A Bordeaux Lac, les études auront comme toile de fond les esquisses de projet urbain établies par le groupement germe et JAM.
Cette dimension recherche est structurée autour des séminaires du DE ATLAS, en particulier :
• Le séminaire « Territoires en transition » qui cible son travail cette année sur la mutation de la ville commerciale et fonctionnelle.
• Le séminaire « Habitat types lieux usages et formes » qui introduira son enseignement par un inventaire critique de la production architecturale et urbaine remarquable de l’»école de Bordeaux » entendue comme territoire de prospective sur l’habiter (cf infra)
Même si cela n’est pas une condition, Il est cependant encouragé de fait correspondre enseignement de projet et séminaire.
Bordeaux, laboratoire de projet sur l’habiter
Le territoire bordelais est riche en prospective architecturale et urbaine sur la question de l’habitat :
• Sur la maison, la pierre et le bois : de l’échoppe renouvelée (Eliet et Lehmann) au village vertical (Hutin), à la maison superposée (Yves Lion) en passant par la maison Girolle (Lajus)
• Sur le logement collectif : les déclinaisons de l’immeuble villa (LAN, Jean Nouvel), la réhabilitation des grands ensembles (Lacaton et Vassal), les surfaces capables de Tohme à Brazza, le projet quartier de demain (Dubuisson), l’expérience des 50 000 logements…
• Sur la question de la mixité habitat travail (Merignac Soleil et Brazza)
• Sur l’architecture bioclimatique (logement étudiant et immeuble ANMA à atrium, l’architecture des toits de MVRDV, le label frugal bordelais…
Cet héritage sera la base du corpus qui sera mobilisé pour la fabrique du projet. Le voyage sera l’occasion d’appréhender ce corpus « in Situ ».
A l’échelle urbaine, la situation comme première valeur de l’habiter
Les travaux seront réalisés par groupe de 2 (ou 3) étudiant(e)s sur des sites de projets identifiés dans le cadre des études engagées actuellement sur la Porte « Bordeaux Lac ». L’objectif de formation sera ici celui de la fabrique d’un plan masse en trois dimensions qui adapte l’existant en assemblant édifices, parcelles, sols publics et privés. Il vise à travers la réhabilitation, et/ ou la densification, et/ou le renouvellement des tissus urbains existants, le recyclage, un projet morphologique et un projet de sol qui proposent de nouvelles conditions pour mieux habiter. La situation inondable d’ancien marais ainsi que l’urbanisme « routier » constituent le « milieu » du projet.
A l’échelle de l’immeuble et du logement, trois approches croisées
Une approche programmatique qui préfigure les attentes et les possibles du logement de demain autour des enjeux d’usages liés aux espaces collectifs et privatifs (mixité, évolutivité, mutualisation des espaces, des services et de l’énergie, espace de la mobilité, du rangement, du logement). Nous chercherons à dénormer le logement en suivant l’exemple de l’habitat coopératif qui ouvre un champ très large d’innovation permettant à la fois de renouer avec des logements de très grande qualité mais aussi de contribuer à la mixité urbaine et sociale par l’intégration au sein des projets d’équipements, de services et de divers programmes communs.
Une approche typologique qui vise à caractériser des types pertinents de projet fondés sur une interprétation critique des types traditionnels et modernes confrontée aux valeurs et aspirations de l’espace résidentiel contemporain et son rapport au climat et plus largement à la nature. Cette approche peut conduire à épaissir les édifices autour d’un atrium dont les performances en matière de régulation thermique peuvent répondre aux enjeux de confort, notamment d’été, et de ventilation naturelle, décliner les recherches sur la bande active, le plan neutre etc….
Une approche constructive qui vise à la conception des structures et des enveloppes articulant les questions tectoniques et environnementales :
-Définition des typologies structurelles en rapport aux plans, distributions et matériaux.
-Définition des enveloppes en rapport aux usages (dedans dehors, vue et lumière, habitabilité) ; de typologie (la fenêtre, le balcon) et de matérialité au regard des nouvelles données environnementale (thermique, ventilation, ressource, carbone…)
-Approche paysagère- écosystèmes- sur les sols (la ville « cactus »)