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  • S6- 10 La fabrique du projet - Habiter le territoire

Projet 6 - Habiter le territoire

Semestre 6

Groupe 02 - Mathieu Mercuriali, Cornne Tiry-Ono

Enseignant(s) : Corinne Tiry-Ono,Mathieu Mercuriali

  • Année : 3
  • Semestre : 6
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

LES TERRITOIRES DU VIVANT FACE AUX RISQUES

Le corridor écologique reliant Ivry à Vitry comme support de transformation architecturale, urbaine et paysagère

 

 

Ce studio de Licence 3 propose d’aborder les questions de transformation des territoires, avec une approche éthique et politique de notre futur proche, où le vivant et le risque sont au cœur des préoccupations. Il s’agira d’élaborer un projet de transformation d’un site en zone urbaine au sein du Grand Paris, associant délaissés industriels et logistiques, infrastructures de mobilité et corridor de biodiversité. La relation entre les humains et d’autres êtres vivants sera explorée au cœur d’un système collaboratif. Ce type d’approche renouvelé de la transformation urbaine lie une approche thématique, spatiale et collaborative qui permettra de prendre en compte l’accueil des vivants — humains et non-humains — dans un système décarboné, résilient et écologique. Les étudiant·e·s seront amenés à analyser les mutations actuelles des territoires et à concevoir un projet intégratif aux échelles urbaine, architecturale et paysagère. Cette relation entre les êtres vivants, dans un système éthique et politique, devient ainsi le point de départ pour réfléchir à une architecture soutenable dans un monde en crise : c’est-à-dire construire une architecture responsable inscrite dans un cycle de vie.

 

Pour concevoir ce projet, chaque groupe d’étudiant·e·s sera amené à définir des formes spatiales, naturelles et artificielles, produites par un contexte complexe, un lieu oublié, des usages obsolètes. Comment un projet à plusieurs échelles peut-il accompagner le développement de modes de vie et de transports, de nouveaux systèmes de distribution de marchandises ou de production d’énergie renouvelés ?

 

L’une des visées de cet atelier sera de développer l’idée d’une conception intégrative par le prisme d’une réflexion élargie de la relation entre infrastructures et milieux habités. Les étudiant·e·s devront à la fois concevoir un système organisationnel du territoire et les supports architecturaux et paysagers qui le matérialiseront. Ils travailleront ainsi de l’échelle architecturale à la grande échelle urbaine et territoriale, et inversement. Ce travail nécessite donc une approche simultanée à plusieurs échelles et des allers-retours entre plusieurs angles d’analyse des situations.

 

L’atelier propose d’explorer des pistes de projet, qui pourront s’intégrer dans ces quatre axes de développement :

 

- Contribuer à prendre soin des milieux habités et cesser la consommation croissante des ressources et la mise en péril de la biodiversité,

 

- Considérer une conception intégrative des espaces publics en créant des conditions d’habitabilité pour les générations futures tout en respectant l’ensemble du vivant,

 

- Inventer d’autres conditions relationnelles entre les établissements humains, les milieux « naturels », les ressources, les vivants non humains avec lesquels nous partageons notre vulnérabilité face à l’effondrement et à la dégradation des conditions de vie de la biosphère,

 

- Prendre en compte les métabolismes, les flux de matières et les interactions qui modifient les conditions de vie de notre planète.

 

C’est dans le sens d’une enquête ouverte sur ces sujets que nous proposons au sein de ce studio une conception du projet très en lien avec la recherche en architecture, elle-même considérée dans une acception large et ouverte à l’expérimentation, à l’idée du projet comme producteur de connaissances, et à l’hybridation des méthodes et moyens d’expression entre le monde de la pensée théorique (réservée souvent à la recherche fondamentale) et la pratique de la conception spatiale.

 

 

 

OBJECTIFS D'ACQUISITION DE CONNAISSANCE ET DE PRATIQUE

 

En mode analyse :

- Expérimenter les outils d’analyse par la cartographie

- Évaluer les potentiels de transformation d’un site (en termes d’usage, de lisibilité, d'image, ...)

- Acquérir une culture urbaine et paysagère en se constituant un panorama des différents types d’intervention

- Identifier et analyser les notions de vivant, cycle de vie et d’obsolescence

 

En mode conception :

- Construction de scénarios de projet : stratégies et tactiques d’intervention territoriale, projets de prototypes architecturaux et urbains

- Envisager le projet dans une politique d'aménagement du territoire ou de la ville

- Concevoir à diverses échelles (de l'échelle territoriale à l’échelle du vivant)

- Choix et développement des modes d’expression et de conceptualisation pertinents, permettant de saisir et opérer au travers de la multi-dimensionalité complexe de l’espace : schémas conceptuels, organigrammes dynamiques, cartes et cartes mentales, récit discursif, vidéos, dessins et maquettes d'architecture, etc.

Contenu

Face aux enjeux du dérèglement climatique et des crises qu’il provoque, les étudiant·e·s seront amenés à explorer un territoire fortement anthropisé et transformé du sud de l’Île-de-France en s’appuyant sur la trame verte reliant la Mairie d’Ivry à celle de Vitry. L’exploration de ce territoire s’appuiera sur un arpentage des quartiers traversés par le corridor écologique et représentatifs d’un atlas des figures du péri-urbain français : les grands ensembles, le parc des Lilas, le campus, la zone commerciale, les pavillons, le Grand Paris Express (GPE), etc.

 

Le projet de transformation urbaine propose aux étudiant·e·s de construire leur propre programme, et la mise en espace de leur concept dans un environnement spécifique. Il s’agira de concevoir un projet durable, en lien avec les éléments naturels faisant appel à la fois à des connaissances de l’échelle territoriale à l’échelle architecturale.

 

Le projet prendra en compte l’environnement contextuel avec sa diversité topographique, hydrographique, botanique, animale et morphologique, ses lieux productifs, bucoliques, ses infrastructures lourdes – activité portuaire, logistique, plateformes et réseaux de production, distribution et mobilité des personnes, matières, biens et informations, etc.

 

Les étudiant·e·s seront amenés à réfléchir à l’économie du territoire, aux grands cycles de vie qui le structurent (eau, énergie, vivant, saisons), à ses caractéristiques culturelles et socio-démographiques, aux manières d’y vivre, de s'installer sur le territoire, et d'utiliser ses ressources. Ils seront encouragés à s'engager dans des positions théoriques et conceptuelles (une bibliographie thématique et des références centrées sur les projets de transition sont fournies), et à développer des projets contextuellement situés à travers une confrontation articulée d'échelles, de thèmes, d'acteurs.

 

Les thématiques et les situations de projet envisagées par les étudiant·e·s refléteront cet engagement « éco-politique » : la responsabilité de réévaluer, en tant qu’architectes, les conditions et priorités pour réhabiter la biosphère. Les projets intégreront ainsi une dimension théorique et critique quant au statut des milieux et des êtres vivants, aux logiques d’installation des infrastructures et des objets architecturaux, aux codes productifs, ordres et catégories de pensée que la « modernité », l’anthropocène et le capitalocène ont imposés à notre société et, implicitement, à notre discipline.

 

Les étudiant·e·s seront amenés à construire des scénarios de transformation du territoire à partir de l’étude du territoire et en s’appuyant sur les notions de trames vertes et de trames bleues. À partir de ces scénarios, ils développeront des propositions de transformation de l’échelle urbaine à l’échelle architecturale et/ou paysagère. Les thématiques suivantes seront ainsi abordées lors de ce semestre :

 

- L’exploration des milieux naturels anthropisés face aux risques

 

- La question des processus face à des temporalités longues

 

- La maîtrise des échelles de projets et leur imbrication

 

- L’expérimentation du projet par la mise en place de stratégies d’actions

 

- L’initiation aux règles d’urbanisme et en particulier le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE)

 

- Le statut des sols en relation avec les zones construites, les espaces publics et les espaces naturels

 

- L’exploration des notions d’obsolescence, de risque, et de renaturation

 

 

 

ORGANISATION DU SEMESTRE

Le semestre se structure en quatre séquences et plusieurs étapes clés :

 

Séquence 1 : ATLAS DU VIVANT - Intensif SIG et analyse du territoire par l’arpentage

Cette première séquence permettra d’associer l’apprentissage des outils SIG d’analyse et de cartographie des territoires lors de la semaine intensive avec une approche de terrain suivant la méthode de l’arpentage et des protocoles d’analyse adaptés aux figures du territoire d’Ivry et de Vitry. Le matériel et les informations récoltées seront le socle de la construction des scénarios.

 

Séquence 2 : FIGURES DU TERRITOIRE – Scénarios prospectifs à horizon 2030-2050

Cette deuxième séquence permettra la constitution d’un corpus de sites et projets similaires en France et/ou Europe raisonnant selon des configurations, échelles et approches thématiques communes ; ce corpus servant de références et d’outils de compréhension. Croisant les analyses in situ et ce corpus de références, les étudiant·e·s proposeront alors divers scénarios prospectifs pour le cas grand parisien de transformations urbaines et paysagères à l’horizon 2030-2050 incluant en particulier les notions de risques, d’obsolescence, de vivant. Les stratégies s’appuieront sur des principes et choix engageants pour la construction d’espaces inclusifs et inter-espèces et prenant en compte la « tropicalisation » de notre climat.

 

Séquence 3 : SYSTÈMES DE SOLS – Le projet à l’échelle de l’armature urbaine

Les étudiant·e·s choisiront par groupe une figure urbaine et paysagère liée à la qualification des sols et des espaces dans la trame verte pour développer un projet à l’échelle d’un quartier en s’appuyant sur une armature urbaine et en proposant des transformations du bâti et des espaces publics qui limitent l’impact sur le vivant et proposent de nouveaux usages en lien avec le scénario prospectif préalable. Le support de la maquette permettra d’explorer et de concrétiser le projet à cette échelle : sols construits, sols naturels. Cette séquence bénéficiera de l’enseignement transversal en SHS pour l’exploration et la compréhension d’éléments tels que : usages et pratiques des/dans les espaces publics et leur représentation ; de l’enseignement transversal en Ville et Territoire (VT) pour l’analyse préalable de la figure urbaine et paysagère choisie.

 

Séquence 4 : FORMES HUMAINES ET NON-HUMAINES – Le projet de transformation d’un fragment

Enfin chaque étudiant/e dessinera un projet de transformation architecturale et paysagère. Ce projet leur permettra d’associer une réflexion urbaine à grande échelle (insertion dans un site ; compréhension des besoins programmatiques ; imbrication avec une infrastructure existante) et une réflexion architecturale et constructive (adéquation entre une forme, un programme et une résolution structurelle ; choix constructifs et en matière de durabilité). Cette dernière séquence, individuelle, mobilisera représentation graphique et maquette à l’interface entre échelle architecturale et urbaine.

Travaux

- Présence hebdomadaire requise

 

- Présentation de l’avancement du projet à chaque séance pour un échange avec l’équipe enseignante et présentation en séances collectives

 

- Travail de cartographie, de diagrammes d’analyse et de synthèse, carnet de bord, carnet d’arpentage, dessins en 2D et 3D, dessins sensibles et maquettes, et également d’écriture d’un texte de synthèse

Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

 

Alexandre Fredérick, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, et David Blanchon, 2020. Dictionnaire critique de l’anthropocène. Paris : CNRS.

Anders Günther (1956, trad. fr. 2002) L’obsolescence de l’homme. Paris : Ivrea.

Banham R., Architecture of the Well-tempered Environment, Architectural Press, 1969.

Barles S., M. Dumont M., Métabolisme et métropole, Décitre, Paris, 2021.

Bonneuil C., Fressoz J.-B. (2013) L’événement anthropocène : la Terre, l’histoire et nous. Paris : Éd. du Seuil.

Bonnet Emmanuel, Landivar Diego, Monnin Alexandre, 2021. Héritage et fermeture. Paris : Éditions Divergences.

Carreri F., Walkscapes, la marche comme pratique esthétique, Ed. Jacqueline Chambon, 2013.

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Declève, B., de Lestrange, R., Gallezot, H. et Mantziaras, P. (dir.) (2020) Dessiner la transition. Dispositifs pour une métropole écologique. Genève : MētisPresses.

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Haraway D., Manifeste cyborg et autres essais, Paris, Exils Éditeur, 2007.

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Mantziaras, P. et Viganò, P. (dir.) (2016) Le sol des villes : Ressource et projet. Genève : MētisPresses.

Morizot B., L’inexploré, Marseille, Wildproject, 2023.

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Prelorenzo C., Rouillard D. (dir), Le temps des infrastructures, Paris, L’Harmattan, 2007.

Rouillard D. (dir.), Politiques des infrastructures. Permanence, effacement, disparition, Genève, MêtisPresses, 2018.

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