Titre : Explorer, relier, se situer
Le système de classification et de hiérarchie de genre et de sujets qui se décline à travers les cinq genres1 que sont la nature morte, le paysage, la scène de genre, le portrait, la peinture d’histoire, est largement questionné dans les pratiques contemporaines de l’art, comme le sont d’autres systèmes hiérarchiques de classification. Qu’il s’agisse du vivant et de la séparation entre nature et culture2 héritée de la vision naturaliste de la Renaissance ou encore de la différenciation des sexes3, dont les théories féministes sur le genre ont montré qu’elle reposait sur des constructions sociales. On assiste, aujourd’hui, à une véritable remise en question de notre compréhension et de nos représentations du monde et de ces systèmes hiérarchiques de classification.
Actuellement, le Mac-Val de Vitry-sur-Seine célèbre les 20 ans de l’institution par une exposition intitulée « Le genre idéal ». Chacun des cinq genres identifiés y est ici traité de manière décalée et rebaptisé respectivement : « les biens » afin de questionner nos manières de vivre et d’être en relation avec les choses et le vivant ; « les horizons » afin de convoquer la diversité de regards sur la nature à l’aune de ses enjeux contemporains; « les gestes » afin de questionner la dimension éthique de nos manières de faire et nos usages ; « les gens » afin de questionner notre humanité et notre identité et enfin « les heures », afin de revisiter la manière dont les artistes font œuvre d’historiens , c’est-à-dire pour citer Walter Benjamin, « s’emparent d’un souvenir, tel qu’il surgit à l’instant d’un danger, plutôt que de décrire comment les choses se sont réellement passées».
La visite de cette exposition agit comme un déclencheur. Parmi les cinq genres et les questions qu’ils soulèvent, l’étudiant.e.s choisit une ou plusieurs œuvres, de façon à élaborer une thématique qui l’intéresse. Suite à la visite de l’exposition, chacun.e se constitue une documentation personnelle — photographies, archives, prélèvements, objets, textes —, en relation avec son sujet et elle choisit simultanément un médium — un film ou le synopsis d’un film, un travail de dessin ou de peinture, de gravure, de sculpture, une installation, une performance, etc., ainsi qu’un protocole qui lui permettent de développer à une proposition plastique qui lui est propre.
Au cours des cinq séances de 4 h, l’étudiant.e apprends à se construire un corpus personnel et à élaborer une proposition plastique à partir des relations entre les œuvres vues dans l’exposition et ses questionnements d’architecte, en lien avec des enjeux contemporains. C’est également une manière de se situer dans le monde. Au final, l’étudiant.e se forge des outils personnels pour la recherche.
1. Théorisé par André Félibien
2. Mise en lumière par l’anthropologue Philippe Descola
3. Voir notamment les écrits de la philosophe Judith Butler.


