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  • S2- 40 Expériences pour le projet

Semaine intensive APV

Option 03 - Scénographie pour ouvrir des mondes autres : du dessin à l’expérience sur un plateau de théâtre -Sandrine Dubouilh

Enseignant(s) : Sandrine Dubouilh

  • Année : 1
  • Semestre : 2
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Mené en partenariat avec le Théâtre de la Cité Internationale qui met à disposition son plus grand plateau de la Galerie, ce cours a pour objectif de faire se rencontrer la pratique physique dans sa dimension sensible et perceptible l’espace d’un plateau associée aux dessins, la photographie et la vidéo pour questionner le monde collectivement.

 

Il s’agit d’apprendre à s’approprier les caractéristiques d’une scène, de jouer avec celles-ci en travaillant le mouvement dans l’espace, au sol, mais aussi en suspension, tout en inventant des situations spatiales porteuses d’imaginaire, par des aller-retours entre la pratique in situ et le dessin d’une esquisse scénographique.

 

Cette expérience est adossée à plusieurs langages de la représentation en scénographie : le dessin de recherche avec les esquisses de propositions scénographiques attachées à une œuvre de fiction. Le dessin de notations de la construction d’une scénographie et les images vidéos ,photographiques ou dessins d’observation du processus de création sur scène.

 

L’opportunité de travailler à l’échelle 1 permet de compléter l’approche scénographique fondée sur un travail purement spéculatif à partir de textes par l’expérience collective et individuelle de la recherche créative faite sur le plateau d’un théâtre.

Contenu

Déroulé du cours et précisions pratiques :

- Lundi 23 Février 9h30- horaires après-midi à préciser - : à l’école salle d’expérimentation : présentation du cours, lecture des textes, exercices d’échauffement et atelier dessin grand format et études sur carnet

- Mardi 24 Février 9h-17h : au TCI : découverte du plateau, des agrès, premiers exercices à partir des textes donnés

- Mercredi 25 Février 9h-17h : au TCI : approfondissement, répétitions et mises en forme d’une séquence scénique

- Jeudi 26 Février 9h-17h : à l’école salle d’expérimentation : travail à la table et atelier , création d’une esquisse scénographique nourrie des expériences en scène à l’école salle d’expérimentation : présentation des travaux et échanges

 

Deux jours de travail sur le plateau seront guidés par des apprentissages de techniques de créations et d’improvisations issues des arts vivants et des arts plastiques. La création sur le plateau permet de construire des histoires, de formuler des hypothèses à partir de corps individuels et collectifs en mouvement et agissant dans et sur l’espace du plateau.

Une captation vidéo témoignera des diverses créations assemblées sous la forme d’un spectacle-performance.

Comment éveiller l’imaginaire du public par ces jeux et tensions dans l’espace ? Quelle place donner au matériel scénique, décors, lumières et sons pour créer ces ambiances et provoquer des émotions ? Comment la fiction travaillée et présentée sur un plateau de théâtre contribue-t-elle à l’émergence de prises de conscience sur les questions actuelles autour des renouvellements d’usage du monde ?

A l’appui de ces questions se profilent des perspectives susceptibles d’alimenter des projets de recherche pour le master et de nouvelles approches de la conception architecturale. Ce cours est donc aussi l’occasion d’aborder une recherche-création qui pourra s’épanouir dans la suite du cursus, tant par les sujets soulevés que par les méthodes explorées.

 

Ce cours est encadré par Sandra Ancelot et Sandrine Dubouilh, associant ici leurs compétences dans l’enseignement, la pratique de la scénographie de spectacle vivant et des arts plastiques et visuels. Il sera mené par des ateliers dans les murs du Théâtre de la Cité Internationale (TCI) et des retours au travail à la table sur le site de l’école.

Nous restons attentives et vous remercions de venir nous voir pour nous informer d’une fragilité ou d’une difficulté afin que nous puissions adapter les ateliers à vos capacités physiques et à vos désirs de travail si vous avez un intérêt particulier pour une des techniques proposées.

Pour les ateliers au TCI, il faudra prévoir une tenue adaptée, de quoi se désaltérer et se nourrir (pique-nique + barres énergétiques) ; nous donnerons des précisions à ce sujet le lundi

 

Au Théâtre, des ateliers de sensibilisation aux pratiques du mouvement concilieront des apprentissages de techniques de création sur plateau pour apporter des repères. Ils seront maillés avec des temps de découverte pour faire place à l’épanouissement des sensibilités artistiques individuelles ou collectives. Nous développerons des écritures scénographiques alliant des stratégies préétablies avec des temps d’improvisation. Nous explorerons comment avec la prise d’espace, la manipulation d’objets scéniques tels que les agrès, cordes, benjee (élastiques), suspensions pour des vols en ras de sol, s’animent et apparaissent des images évocatrices d’imaginaire qui font le récit de mondes. Ces recherches, conduites par l’action à diverses échelles du mouvement dans les trois dimensions de la boîte noire du théâtre, permettent de projeter dans l’espace l’imaginaire en utilisant les artifices du spectacle.

Pour cet intensif, nous serons notre propre public néanmoins nous proposons de faire une captation vidéo des tableaux retenus en concertation collective pour garder une trace des situations et pouvoir les rappeler lors du travail sur la table. Ainsi, pendant qu’une partie du groupe travaillera au plateau, l’autre partie, en tant qu’observateur, rendra visible par une documentation de prises d’images photographiques, vidéos et par la notation, les actions créatives en train de se faire.

 

Pour nourrir ces explorations scéniques nous travaillerons à partir de Manières d'être vivant. Enquêtes sur la vie à travers nous, Baptiste Morizot. Les étudiants, nourris de leur travail sur l’espace physique de la scène du TCI, esquisseront des propositions spatiales pour une adaptation scénique de cette œuvre dont les textes seront fournis et lus le premier jour de l’atelier.

Travaux

Carnet A5 de notations – notations quotidiennes – idées, récits dessinées, mind maps, collages techniques mixes, plans, croquis, propositions de l’étudiant.

Sur le team, dossier par groupe d’étudiants, documents numériques photos, vidéos, sonores.

Esquisses scénographies

Bibliographie

MORIZOT Baptiste, Manière d’être vivant. Nature - Mondes sauvages. Acte Sud, 2020

TSING Anna, KELEMAN SAXENA Alder, DEGER Jennifer, ZHOU Feifei, Atlas feral, histoires vraies et proliférantes aux infrastructures humaines, Wild project, 2025

DESCOLA philippe, Par delà nature et culture, Collection folio essais, Gallimard, 2015

BACHELARD Gaston, L’air et les songes, essai sur l’imagination du mouvement, Le livre de Poche, 1994.

Collectif, Qu’est-ce que la scénographie ? Les deux volumes sont disponibles en ligne sur Cairn : shs.cairn.info/revue-etudes-theatrales-2012-2

Informations supplémentaires

www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/baptiste-morizot-sur-la-piste-du-vivant-6254888

 

www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/prendre-l-air-pour-attraper-les-songes-3128830

“Il y a du vol en nous” : pour Gaston Bachelard, l'air est une hormone de l'imagination sans cesse en mouvement qui nous fait grandir psychiquement. Comment rythme-t-il nos corps et transforme-t-il la pesante réalité en légèreté ? Comment faire une 'thérapie par le souffle de l'air' ?

 

Au début de son livre L’air et les songes, publié en 1943, Gaston Bachelard, qui a déjà écrit une Psychanalyse du feu et une analyse de l’eau et des rêves, précise qu’il sait bien que ce troisième élément, l’air, est particulièrement difficile à saisir pour le philosophe...

“Nous sommes conscients des difficultés de notre sujet, écrit-il. Bien souvent, nous nous sommes demandé si nous tenions un sujet. Est-ce un sujet que l’étude des images fuyantes ? Le mot aile, le mot nuage, sont tout de suite des preuves de cette ambivalence du réel et de l’imaginaire… Ce que nous demandons au lecteur, c’est de vivre ces états alternés, et de les réunir dans une ambivalence où l’on comprend que la réalité est une puissance de rêve, et que le rêve est une réalité.

L'invitée du jour :

Marie-Pierre Lassus, musicologue, directrice d’un master Arts et responsabilités sociales à l’Université de Lille

L’évident bonheur de respirer

Dans 'L’air et les songes', Bachelard nous explique qu’il n’y a pas besoin de sortir pour respirer puisqu’on peut le faire en restant chez soi, en lisant de la poésie… et même, en la lisant à haute voix. La poésie est une joie du souffle, une création du bonheur de respirer.

Marie-Pierre Lassus

 

www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/science-en-questions/la-nature-et-ses-imaginaires-2821352

 

Quel rapport l'Occident entretient-il avec 'la nature' qu'il définit comme le 'non-humain' ? Spécialiste des sociétés amazoniennes, l'ethnologue Philippe Descola interroge les images produites aux frontières de l'humain et de l'animal sous forme de masques ou de peintures corporelles.

Avec Philippe Descola Anthropologue, professeur au Collège de France.

Le physicien Etienne Klein et l'ethnologue Philippe Descola posent d'emblée la question de la définition du concept de nature, qu'en Occident, nous pourrions définir comme le « non-humain ». Un monde constitué de tout ce avec quoi nous sommes en interaction constante, c'est-à-dire les plantes, les animaux, les virus, le CO2 de l'atmosphère, l’air que nous respirons, le gibier que nous chassons, les glaciers s’il y en a dans notre environnement, et beaucoup d’autres choses encore. Les ethnologues ont montré une chose importante, décisive, l’équivalent pour eux sans doute de ce qu’a représenté la découverte de l’atome pour les physiciens : mis à part la société occidentale, 'aucune autre société humaine ne cohabite avec le monde non-humain sur le mode de la séparation'. Il n’y a pas,d’un côté, une nature qui serait close sur elle-même, et de l’autre, l’humanité qui serait une entité à part, installée avec sa culture à l’intérieur de la nature, le plus souvent dans une position de surplomb.

'Les frontières de l'humanité ne s'arrêtent pas aux portes de l'espèce humaine'

Comme le formule Philippe Descola dans son livre Par-delà nature et culture, partout ailleurs, hors de l’Occident moderne, « les frontières de l’humanité ne s’arrêtent pas aux portes de l’espèce humaine ». S’y trouve également inclus l’ensemble des « corps associés », ces entités que nous considérons, nous, comme subalternes et que nous reléguons pour cette raison « dans une simple fonction d’entourage ». À rebours de nos propres habitudes de pensée, dans toutes les autres cultures, les entités du monde non-humain sont considérées et traitées comme de véritables partenaires sociaux, avec lesquels on peut composer de mille et une manières différentes. Or, il est possible 'd'imaginer des formes alternatives de rapport au monde, différentes de celles que le capitalisme moderne a instituées, qui s'inspirent aussi d'expériences de collectifs alternatifs ou de façons différentes d'occuper des territoires, mises en œuvre en Europe et en France en particulier par les zones à défendre, notamment Notre-Dame-des-Landes (...) Des jeunes militants disent leur dégoût vis-à-vis d'un monde dans lequel les humains se sont séparés et mis en surplomb des autres qu'humains.