Enseignement TPCAU - S6-G11 / « Habiter la ville »
Équipe enseignante pluridisciplinaire
TPCAU Thibaut David - Partenaire TPCAU en attente de désignation
VT Giovanna Marinoni
SHS Joana Sisternas
TPCAU - Thibaut DAVID
Il convient dans cette ultime étape du cursus de licence de révéler le degré d’assimilation des savoirs et de favoriser le dépassement de la question posée en démontrant l’existence d’une pensée critique et réflexive. Le désir de vivre mieux, le questionnement croissant sur les mobilités urbaines, la quête de réponses urbaines et architecturales aux questions environnementales et sociétales contemporaines, sont autant de thèmes centraux sur lesquels se positionne le S6-G11 initié en 2011 et inscrit dans un processus d’expérimentation et de maturation sous le titre 'Habiter la ville'. Ce projet d'urbanisme permet de se confronter à cette problématique double et non fractionnable de l'habitat et de l'urbanité pour tendre vers une forme de symbiose entre l'espace public et l'édifice. La période que nous traversons implique un changement de paradigme comme il en existe seulement 1 à 2 par siècle. Ceci interdit aux enseignants toute forme d’immobilisme et impose un processus inventif d’évolution de la pédagogie tant sur le fond que sur la forme. L’enseignement s’apparentant ici à une préfiguration de la recherche où l’atelier est aussi laboratoire. Ce semestre est aussi l'objet de l’élaboration du rapport de licence - 1er véritable exercice écrit - qui implique une capacité à 'énoncer clairement'; ceci venant en écho avec les attendus de cet enseignement de projet. Dans le cadre de l'enseignement TPCAU le site fait l’objet d’un travail préalable de cartographie urbaine autour de 2 axes majeurs :
- Travail de recherche historique et d’analyses thématiques (dizaine de thèmes répartis dans des groupes de 2/3 personnes) dans un périmètre élargi,
- Relevé et représentation : Maquettes physiques 1/1000ème et 1/500ème / Coupes territoriales / Croquis sensibles sous forme de storyboard / Dessin de façades et héberges / Maquette numérique / Héliodon / Plans / Photographie / Film (...).
Cette approche analytique est valablement complétée par celles - distinctes et complémentaires - des champs SHS et VT.
Les critères de choix du site visent à un ancrage dans la réalité contemporaine dans le but d'initier une démarche prospective sur le devenir de la ville. Il s'agit chaque année d'une transposition, sous forme de cas d'école, d'une problématique réelle. Le choix du groupe 11 (commun au G13) S6-2026 se porte sur Corbeil-Essonnes autour du site industriel des Grands Moulins, à la confluence de l'Essonne et de la Seine. Le périmètre d'intervention est de l'ordre de 8 hectares. L'objectif est la constitution d'un microcosme urbain qui conjugue les échelles (humaines), du public à l'intime, ou pleins et vides s'interpénètrent dans un processus de composition, de partition et de hiérarchisation. La constitution et la caractérisation des espaces publics qui y seront déclinés se situent au cœur des préoccupations projectuelles. L'atmosphère et la qualité des usages - à l'échelle de la ville comme à celle de l'édifice - participent d'une réflexion menée au travers des prismes distincts et convergents des 3 champs disciplinaires.
Le programme comprend logements collectifs, logements intermédiaires, petits équipements, commerces, espaces publics, espaces collectifs. Il sera quantifié à l'issue de la phase d'étude urbaine et territoriale et à partir des données analytiques de tous ordres. Les échelles de travail prépondérantes oscillent entre le 1/1000ème et le 1/100ème.
Les partenaires des champs VT et SHS utilisent un périmètre élargi autour du site pour construire leur enseignement et interagissent à des étapes intermédiaires du processus de projet. Ce dispositif de tissage pédagogique, émaillé d'interventions indépendantes mais connectées, rejaillit pleinement sur l'efficience de la transdisciplinarité. 2 jurys collégiaux ponctuent le semestre. Le premier, fin avril, concerne les travaux dirigés SHS et VT menés transversalement. Le second, fin juin, se concentre sur les projets architecturaux et urbains finalisés. Chacun de ces 2 jurys est composé des 4 enseignants des 3 champs et selon les cas de figure, est enrichi de la présence d'une personnalité extérieure en lien avec le site retenu. Un jury intermédiaire croisé TPCAU se tient généralement avec le G13 en milieu de semestre.
VT - Giovanna MARINONI
Le TD transversal au champs VT, SHS et TPCAU a pour objectif d’initier les étudiants à l’observation, l’appropriation, au sens d’une lecture critique et personnelle des espaces non construits dans la ville et/ou en dehors, l’analyse typo-morphologique de ces mêmes espaces, des structures qui les organisent et qualifient, et objets qui les occupent, et la retranscription sensible en lien avec les usages, pratiques et situations sociales, en contexte urbain, pour comprendre les enjeux liés à la production et aux usages des espaces publics de demain.
Au-delà des éléments de cadrage génériques et méthodologiques du programme commun, l’exercice explore les qualités du vide et par extension celles de ses limites.
L’exercice se situe à l’articulation entre l’analyse urbaine et/ou territoriale menée dans le cadre du projet et le travail d’observations et d’analyses des usages réalisé pour le champ SHS. Cet espace d’articulation consent de prendre une première distance par rapport aux enjeux liés au processus de conception, inhérent au projet, pour s’interroger sur ce qui peut définir plus largement les qualités des espaces sur lesquels nous intervenons, tant sur un plan formel, visuel (valeur esthétique, proportions, vues, éléments de cadrage etc.) que sur un plan de confort visuel et/ou d’usage (identification des lieux, accessibilité, appropriation, chaleur/ombrage, lumière, obstacles, assises etc.).
On cherche à la fois à traduire une géographie sensible (spatialité/usage) dans un périmètre cohérent avec l’analyse urbaine réalisée dans le cadre du projet et à définir les qualités d’une situation choisie, également en relation avec le projet, permettant d’établir un dialogue conceptuel entre les qualités identifiées de l’existant et le projet architectural au sens large (espaces intérieur/extérieur, éléments de transition et/ou d’agencement etc.).
L’espace public est le lieu/territoire transdisciplinaire par essence, que nous abordons à travers l’analyse, l’exploration, l’observation, la mise en projet de ce que l’on considère comme étant le VIDE, par un travail sur les cartes, le terrain, mais aussi mobilisant l’espace mental (limites et autres structures visibles, invisibles…).
Qu’est-ce qui fabrique et qu’est-ce qui qualifie le vide ? Ainsi le thème/sujet principal sur lequel porte l’analyse et l’observation est celui de la LIMITE, qui sert de fil conducteur tout au long du parcours (de l’exercice) et qui fonde l’expression de l’approche transversale et matérialise l’articulation. Ainsi, le contexte spécifique abordé par l’exercice de projet est arpenté, exploré, observé sous l’angle des caractères spécifiques des pleins et des vides qui le caractérisent, de la qualité de ses limites, ceci pour mieux comprendre les qualités du site du projet, les opportunités et les conditions du dialogue entre l’existant (le déjà-là) et le projet.
SHS Joana SISTERNAS TUSSEL
En troisième année de licence, les étudiant.e.s sont initié.e.s à la lecture, à l’analyse et au travail de conception à l’échelle urbaine. Le projet s’inscrit ainsi dans la compréhension d’un site urbain et de son contexte territorial, et accorde une place importante au dessin du vide et au travail de la relation entre espace public et privé. C’est dans ce cadre que prend place l’enseignement transversal « Espaces publics », qui mobilise les enseignants en TPCAU, en VT et en SHS.
L’objectif de cet enseignement transversal est de mener une réflexion conjointe sur la fabrication des espaces publics, leur fonctionnement et leurs qualités (sociales, spatiales). Le cours de TD en SHS s’organise autour de lectures en sociologie sur ce type d'espace et d’une enquête collective. Il s’agit de donner des outils théoriques et méthodologiques pour l’étude et l’analyse des espaces publics urbains et de conduire une réflexion capable de se traduire en propositions pour le projet.
Nous travaillons la transversalité de plusieurs manières : elle se fait par le choix d’un thème commun (les espaces publics) que chaque discipline définit à sa manière ; elle se fait ensuite par le choix d’un site d’analyse commun VT/SHS/TCPAU (ici, le secteur des grands moulins à Corbeil-Essonnes) ; elle se fait aussi par le choix d’outils de travail partagés (le dessin d’observation et la carte) ; elle se fait enfin par des temps de travail et correction communs (VT/SHS et/ou VT/SHS/TCPAU). La transversalité se travaille ainsi en plusieurs strates, de la récolte de donnés à la restitution, et se construit en filigrane des expéditions de terrain, de lectures réalisées et de corrections croisées. Planches thématiques :
Exercices d’observation sur carnet de terrain
Le carnet de terrain constitue un support de travail central tout au long du semestre. Il est amené à s’enrichir au fil des séances, notamment à l’occasion des visites de terrain, dont celle de quatre heures, consacrée à une exploration collective du site.
Exercice de cartographie sensible : croiser les disciplines VT et SHS
La « carte animée » — parfois accompagnée d’une coupe — est un exercice de cartographie sensible, de spatialisation des observations effectuées in situ, à partir d’une question en apparence simple : qui fait quoi, à quel endroit ? Ce travail s’étale sur deux à trois séances, les fonds de carte et de coupe ayant été préalablement préparés dans le cadre du cours VT. La carte devient alors à la fois un outil d’analyse et de travail : elle devient un support de discussion collective en cours.


