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  • S5- 10 La fabrique du projet - Transformer l'existant

Projet 5 Transformation du bâti existant

Semestre 5

Groupe 13 - Adrien Besson, Dimitri Toubanos

Enseignant(s) : Adrien Besson,Dimitri Toubanos,June Allen

  • Année : 3
  • Semestre : 5
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

GROUPE 13 – SEMESTRE 5

PROJET 1er semestre 2024-25

 

Enseignants: Adrien Besson et Dimitri Toubanos

Enseignement associé : Volker Ehlrich (STA)– Emma Filipponi et XX (HCA)

 

Titre :

Le projet par la matière, construction hybride.

Transformation du Théâtre du Fil de l’Eau en campus théâtral à Pantin

 

Thème :

Les stratégies de projet viseront à transformer, rénover et surélever Théâtre du Fil de l’Eau dans la ville de Pantin.

La démarche de projet explorera les archétypes architecturaux liés aux matériaux à faible impact environnemental, notamment le bois, la pierre et la terre, ainsi que des éléments de réemploi.

Elle explorera plus particulièrement la question des construction hybride, qui désigne un système constructif qui associe volontairement plusieurs matériaux, techniques ou logiques structurelles, chacun étant employé là où ses propriétés sont les plus pertinentes. Il s’agira d’avoir recours au « bon matériau au bon endroit ».

Une attention particulière sera donnée au diagnostic multicritère de l’existant comme ressource pour le projet. Celui-ci émanera donc d’une compréhension des potentialités offertes par l’existant, ainsi que des nécessités de transformation.

Le programme associera la vie du théâtre à celle du logement, afin de créer un centre où la communauté des acteurs, réalisateurs et techniciens de scène peut vivre et créer en totale synergie. Une attention particulière sera portée aux espaces partagés, envisagés comme des lieux de rencontre capables de favoriser les usages communs et l’intensité de la vie collective.

 

Équipe pédagogique :

Adrien Besson architecte et docteur ès sciences, co-fondateur de group8 à Genève Suisse. www.group8.ch

Dimitri Toubanos, architecte, urbaniste, docteur et HDR en architecture, Président de Bellastock SCIC et co-fondateur de Bellastock Architectures (https://www.bellastock.com/), Co-directeur du laboratoire EVCAU (https://www.evcau.fr/), et Co-directeur du Réseau Scientifique et Pédagogique en Architecture EnsaÉco (http://ensaeco.archi.fr/),

 

Mots-clés :

Développement durable, matériaux biosourcés, pisé, terre crue, pierre, bois, vérité constructive, sincérité architecturale, architecture durable, réchauffement climatique, impact carbone, circularité, rénovation, archétype, espaces partagés, réemploi, réutilisation, transformation.

 

Objectifs pédagogiques :

Le cycle de Licence constitue le socle fondamental de la formation en architecture. Il a pour ambition de fournir à l’étudiant une culture architecturale, scientifique et technique solide, en le préparant à aborder le projet architectural dans toute sa diversité et sa richesse. Ce cycle permet de consolider les fondamentaux : comprendre les enjeux de l’espace, intégrer les bases de la construction et maîtriser les outils de représentation. La culture du projet vise à forger une pensée structurée, une sensibilité à l’espace et une autonomie progressive. Elle permet également de développer une culture critique de l’architecture et de son histoire. Cela s’accompagne en S5 à l’ENSA Paris Val-de-Seine par la confrontation à l’existant, posant des questions de relation entre le projet conçu et les pathologies qu’il permet de résoudre, en lien avec un diagnostic préalable de l’existant. L’introduction à la question des stratégies dans le projet est également centrale : l’étudiant apprend à formuler des intentions claires, à structurer une démarche de projet, et à développer une posture critique capable de proposer des réponses cohérentes.

 

Objectifs scientifiques

La prise en compte des événements liés à la transition écologique demande d’envisager l’acte de construire différemment. C’est le nouveau défi qui se présente à tous les acteurs participant à faire évoluer notre environnement naturel et construit. Un des nouveaux thèmes qui s’offrent à eux est celui de la réduction de l’impact carbone en ayant recours à des matériaux bio-sourcés, ainsi que celui du travail sur les matériaux de réutilisation et de réemploi.

Il ne s’agit pas seulement d’explorer des stratégies de projet en ayant recours à des matériaux vertueux, mais également de former les futurs architectes à adopter une posture critique et résistante, afin que les questions d’espace, de matérialité et de langage architectural demeurent au cœur de tout projet.

Les étudiants seront amenés à aborder et à interroger les formes urbaines et les typologies dans le nouveau contexte climatique, avec le regard spécifique de l’architecte. Les aspects techniques et quantitatifs, tels que les calculs d’énergie grise ou l’évaluation de l’impact carbone, ne seront abordés que de manière introductive et non approfondie.

Contenu

Contenu est problématique

L’archétype

L’archétype constructif désigne un dispositif élémentaire qui articule matière, structure et espace. Principe premier plutôt que forme achevée, il constitue une matrice générative capable de produire différentes configurations appartenant à une même famille. Par sa dimension originelle, il participe également à la construction d’un imaginaire architectural.

La transition écologique invite aujourd’hui à reconsidérer ces archétypes. Le recours au bois, à la pierre, à la terre, aux matériaux biosourcés ou au réemploi ne relève pas d’une simple substitution aux matériaux conventionnels. Leurs propriétés spécifiques conduisent à de nouvelles associations et à des systèmes constructifs hybrides. En transformant les rapports entre matière, portée, assemblage et structure, ces nouvelles logiques constructives sont susceptibles de produire de nouveaux archétypes et de nouvelles spatialités.

 

La construction hybride

Une construction hybride désigne un système constructif qui associe volontairement plusieurs matériaux, techniques ou logiques structurelles, chacun étant employé là où ses propriétés sont les plus pertinentes. Elle ouvre la voie à un nouvel imaginaire architectural. En associant des matériaux aux propriétés différentes — bois, pierre, terre, métal ou réemploi — elle fait de leur complémentarité un principe de projet.

De la rencontre entre le lourd et le léger, le massif et le filigrane, le brut et le précis naît une poétique constructive. Assemblages, appuis et articulations deviennent alors générateurs de forme et d’espace, susceptibles de faire émerger de nouveaux archétypes architecturaux.

 

Le campus théâtral

Le programme cherchera à associer étroitement la vie du théâtre à celle du logement, afin de constituer un véritable lieu de vie et de création. Acteurs, réalisateurs, techniciens, scénographes et autres métiers de la scène pourront y habiter, travailler, répéter et se rencontrer au sein d’un même ensemble. Au-delà de la simple juxtaposition de fonctions, le projet explorera les formes de synergie possibles entre habiter et créer, entre les temporalités quotidiennes du logement et celles, plus particulières, de la production théâtrale.

Une attention particulière sera portée aux espaces partagés, considérés comme des lieux essentiels à la constitution d’une communauté. Cuisines communes, salles à manger, salons, espaces de travail, ateliers, terrasses ou jardins pourront devenir autant de lieux intermédiaires où se croisent les habitants. Leur disposition, leur dimension et leur relation aux circulations devront favoriser les rencontres spontanées, les usages communs et l’appropriation collective.

Les typologies de logements seront développées à partir de trois seuils de voisinage, correspondant à différentes échelles de partage : l’espace intime de la chambre ou du logement ; le voisinage rapproché d’un petit groupe d’habitants partageant certains espaces et équipements ; enfin, les lieux collectifs ouverts à l’ensemble de la communauté. Cette gradation permettra d’interroger architecturalement le passage du privé au commun, de la retraite individuelle à la vie collective.

La diversité des situations et des temporalités propres au monde du théâtre conduira également à envisager plusieurs manières d’habiter : chambres individuelles, logements pour couples, hébergements de courte durée et clusters destinés notamment aux jeunes familles. Ces différentes typologies pourront être combinées afin de produire un habitat capable d’accueillir aussi bien des résidents permanents que des artistes invités pour quelques jours, quelques semaines ou la durée d’une production.

Le logement ne sera ainsi pas envisagé comme une entité autonome, mais comme l’une des composantes d’un écosystème théâtral plus vaste. Les espaces domestiques, les lieux de travail, les espaces communs et le théâtre formeront un ensemble continu dans lequel les frontières entre vivre, travailler, fabriquer et représenter pourront être volontairement mises en tension.

Ces logements seront complétés par un ensemble d’espaces communs favorisant différentes formes de sociabilité : salles d’étude, espaces de travail et de rencontre, salle de répétition, salle commune, salle polyvalente, terrasses et loggias partagées, ainsi qu’une serre dédiée au jardinage collectif.

 

Le site

Le projet du Théâtre du Fil de l’Eau prend place à Pantin, dans une situation urbaine singulière, à l’articulation entre la ville constituée, les grandes emprises industrielles et le canal de l’Ourcq.

Cette position de lisière constitue l’une des qualités majeures du site. Le projet devra composer avec des échelles, des usages et des temporalités contrastés : d’un côté, le tissu urbain de Pantin et la vie quotidienne de ses habitants ; de l’autre, un paysage productif marqué par les halles, les infrastructures et les grandes dimensions ; enfin, le canal, qui introduit une continuité paysagère et un espace ouvert à l’échelle métropolitaine.

Le canal de l’Ourcq pourra ainsi être considéré comme une véritable façade du projet, mais aussi comme un espace public linéaire auquel le théâtre et les logements pourront s’adresser. Le rapport à l’eau, aux quais, aux vues lointaines et aux parcours constituera une matière essentielle du projet.

L’enjeu sera de tirer parti de cette condition de lisière plutôt que de chercher à l’effacer. Le projet pourra trouver son identité dans la confrontation entre l’imaginaire industriel du site et celui du théâtre : grandes portées, structures apparentes, dispositifs mobiles, espaces capables, matières brutes et réversibilité pourront constituer un vocabulaire commun entre architecture industrielle et architecture de la scène.

Le Théâtre du Fil de l’Eau pourra ainsi devenir une pièce d’articulation, capable de relier le quartier, le territoire productif et le canal, tout en donnant une nouvelle intensité collective à cette partie de Pantin.

 

Méthode

La première partie est consacrée à un exercice d’analyse visant à permettre une compréhension fine du site et de l’existant, à partir d’un diagnostic multicritère qui débute par un relevé durant la semaine intensive. Cela s’accompagne par le développement d’une culture architecturale, théorique et technique autour de la transformation de l’existant, afin de développer un langage commun, et de mettre en partage les connaissances. Il s’agira notamment de tisser des liens entre des références historiques et des bâtiments contemporains.

Les étudiants développeront ensuite individuellement un projet, qu’ils approfondiront tout au long du semestre jusqu’au rendu final. En fonction de l’effectif de l’atelier, le travail pourra être réalisé en binôme, afin de garantir des conditions d’encadrement adaptées.

L’encadrement théorique prendra la forme de synthèses méthodologiques, d’exposés théoriques et thématiques, suivis de débats animés par les enseignants. Des cours complémentaires, assurés par d’équipe pédagogique, porteront sur les différentes thématiques abordées dans le projet. Des critiques intermédiaires auront lieu avec des personnalités extérieures invitées pour enrichir la réflexion.

L’atelier se tiendra le vendredi et le mercredi matin.

Travaux

Travaux requis

Travail en plans, coupes, perspectives, axonométries structurelles, maquettes numériques et maquettes réelles.

 

La méthode de travail:

Correction - hebdomadaire - individuelle ou collective suivant l’étape du projet.

S’assurer de l’assimilation des savoirs. Enrichir la recherche par des analyses, individuelles, d’exemples remarquables relatifs à la thématique du semestre.

Interactivité forte : Les séances hebdomadaires demeurent le lieu privilégié de l’expression, du commentaire et des débats.

Présence obligatoire chaque séance et pendant toute la durée de celle-ci. Travail en binôme pour le projet long.

 

Les relations avec les autres disciplines:

La construction, l'histoire, la représentation: le dessin à la main, et l'outil informatique, sont intégrés à la pédagogie.

Bibliographie

• Alain BILLARD, 'De la construction à l'architecture. Les structures-poids', éd. Eyrolles, 2015.

• Adrien BESSON, « Vers une nouvelle sincérité architecturale, le réemploi » FACES journal d'Architecture n° 85, 2025.

• Adrien BESSON, « Architecture et réemploi, éthique et esthétique ? » FACES journal d'Architecture n° 85, 2025.

• Mariane BURKHALTER et Christian SUMI, 'Konrad Wachsmann and the Grapevine Structure', Park Books Verlag, 2018.

• Jean-Pierre CHUPIN et Cyrille SIMONNET, 'Le projet tectonique' (intro. de K. FRAMPTON), éd. infolio, coll. Archigraphy, 2005.

• Émeline CURIEN, 'Pensées constructives. Architecture suisse alémanique, 1980-2000', éd. Fourre-Tout et ENSA Nancy, 2019.

• Émeline CURIEN, 'Gion A. Caminada. S'approcher au plus près des choses', éd. Actes Sud, 2018.

• Thierry DELCOMMUNE et Roland MATTHU, 'L'espace architectonique. Entre création et expérience', UCL, Presses universitaires de Louvain, 2017.

• Andrea DEPLAZES (dir.), « Construire l’architecture, du matériau brut à l'édifice », Birkhäuser Verlag, 2018.

• Piet ECKERT et Wim ECKERT, 'Ontologie der Konstruktion', Park Books Verlag, 2024.

• Kenneth FRAMPTON, 'Studies in Tectonic Culture: the Poetics of Construction in 19th et 20th Century Architecture', MIT Press, Cambridge, MA, 1995.

• Kenneth FRAMPTON, 'A Genealogy of Modern Architecture. Comparative Critical Analysis of Built Form', Lars Müller Publishers, 2015.

• Thomas HERZOG (dir.), « Construire des façades », Éditions Presses Polytechniques et universitaires romandes, 2007, 318p.

• Roberto GARGIANI, Giovanni FANELLI, « Histoire de l'architecture moderne, structure et revêtement », PPUR, 2008, Lausanne.

• Jean-Philippe. GARRIC, Valérie NEGRE et Alice THOMINE-BERRADA, 'La construction savante. Avatars de la littérature technique', INHA, éd. Picard, 2008.

• Gyorgy KEPES (dir.), 'La structure dans les arts et dans les sciences', éd. La Connaissance,Bruxelles, 1967

• Dom Hans van der LAAN, 'L'espace architectonique. 15 leçons sur la disposition de la demeure humaine', éd. E. J. Brill, 1989.

• Arthur LOCHMANN, 'La vie solide. La charpente comme éthique du faire', éd. Payot et Rivages, 2019

• Adolf LOOS, « Crime et ornement », Paris : éditions Rivages, 2003 (traduit de l’allemand par Sabine Conille et Philippe Ivernel, publication originale en 1908), 277p.

• Luigi MORETTI, 'Structure et espace', Présentation et édition critique par Annalisa Viati Navone et Guillemette Morel Journel, éd. de La Villette, 2024.

• Fritz NEUMEYER, 'Mies van der Rohe. Réflexions sur l'art de bâtir', éd. Le Moniteur, 1996.

• Antoine PICON, « La matérialité de l’Architecture », Paris : éditions Parenthèses, 2018, 142p.

• Virginie PICON-LEFEBVRE, Cyrille SIMONNET, 'Les architectes et la construction', éd. Techniques et Architecture, Altédia Communication, Paris, 1994.

• Jean-François PIRSON, 'La structure et l’objet (essais, expériences et rapprochements)', éd. Pierre Mardage, Bruxelles, 1984.

• Eduard SEKLER, « Structure, construction et architectonique », in La structure dans les arts et dans les sciences (dir. Gyorgy KEPES), éd. de la Connaissance, 1967, p.89-96.

• Gottfried SEMPER, ' Du style et de l'architecture. Écrits, 1834-1869', éd. Parenthèses, coll. Eupalinos, 2007.

• Gottfried SEMPER, 'Écrits sur l'architecture', éd. infolio, coll. Archigraphy, 2020.

• Gilbert SIMONDON, Du mode d'existence des objets techniques, Paris, Aubier, coll. L'invention philosophique, 1989

• Cyrille SIMONNET, « La vérité constructive : ses articulations, ses effets », Faces journal d’Architecture, n°22, 1991.

• Cyrille SIMONNET (dir.), 'Tectonique (1)', Faces journal d'Architecture, n°47, hiver 1999-2000.

• Cyrille SIMONNET, 'La fiction constructive', éd. Parenthèses, coll. Eupalinos, 2023.

• Martin STEINMANN, 'Forme forte. Écrits / Schriften, 1972-2002', Birkhäuser Verlag, 2018.

• Dimitri TOUBANOS , « Infrastructure de la réversibilité. Quelle capacité́ pour les espaces publics à engendrer un processus de réversibilité́ urbaine », in ROUILLARD Dominique (sous la direction de), « Public », Paris : éditions des Beaux-Arts de Paris, avril 2021, 391p., pp. 275-288.

• Dimitri TOUBANOS, « Du plan libre à la modularité : quels dispositifs constructifs pour concevoir l’évolutivité́ ? », in PEIRO Miquel, SOTINEL Frederic, BOUVIER Laëtitia (sous la direction de), « Architecture évolutive, réversible, formes et dispositifs », Publié suite au colloque éponyme tenu à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne, Rennes, en février 2020, Dijon : Les Presses du Réel, mai 2022, 240p., pp 29 à 38

• Dimitri TOUBANOS, “Concevoir la ville par la ville Le Design-Build en situation métropolitaine comme outil pour expérimenter le réemploi”, Habilitation à Diriger des Recherches, Université Gustave Eiffel, École Doctorale Ville Transports et Territoires, Soutenue publiquement le 02/12/2025, 243p.

• Martin TSCHANZ (Hrsg./ed), 'Roger BOLTSHAUSER, 1996-2021', Triest Verlag, 2021.