Préambule
Comprendre l’espace urbain et ses transformations
PLU bioclimatique de Paris . règlement, OAP, protections, prescriptions environnementales et documents graphiques.
APUR, données urbaines et démographiques, habitat, morphologie, végétation, climat et transformations de Paris et du Grand Paris.
Cadastre, plans historiques et photographies aériennes.
Archives de Paris et ressources cartographiques de la Ville de Paris, cartes.gouv.
Données INSEE, IGN remonter le temps, Archiwebture centre d’archives de la Cité de l’architecture et du patrimoine.
Écouter, observer, inventorier, représenter
Atelier Bow-Wow — Made in Tokyo, Pet Architecture Guide Book, Architectural Ethnography
Ila Bêka et Louise Lemoine — Homo Urbanus, Moriyama-San, Barbicania…
Mission photographique de la DATAR
Formafantasma — Cambio, enquête, matière et ressources
Eugène Viollet-le-Duc — Le Massif du Mont-Blanc
Les Buttes-Chaumont — Quatre paysages — France Culture
Reconstruction de la Villa Zilveli : un chantier qui divise — France Culture
Comment faire de Paris une ville moderne ? Débat avec Henry Bernard et André Chastel en 1965 — France Culture
Ondario de Ryoko Sekiguchi — France Culture
La ville et la cité — Richard Sennett, France Culture
Aguirre, la colère de Dieu — Werner Herzog
Cycle « Logement » — Cité de l’architecture et du patrimoine
Lire
Nicolas Bouvier — L’Usage du monde
Sylvain Tesson — Dans les forêts de Sibérie
Sei Shōnagon — Notes de chevet
Jacques Lucan — Habiter. Ville et architecture
Inventorier la Butte
Le premier travail du semestre consiste à constituer un inventaire commun de la Butte Bergeyre. Une carte et une coupe topographique au 1/500 (format A0), une maquette au 1/500, un récit sous forme d’un podcast de 3 minutes et d’un film documentaire en plan fixe de 3 minutes participeront à cette construction. Aucun de ces outils n’a vocation à résumer les autres : chacun rend visible une dimension différente de l’espace urbain.
La carte établit des relations ; la maquette révèle relief, masse et distance ; le dessin mesure ; la photographie cadre ; le film observe une durée ; le son rend perceptible ce qui échappe au regard ; le récit articule des situations et des temporalités et permet d’en proposer une interprétation. Ensemble, ils construisent moins une image générale de la Butte qu’un ensemble de connaissances comparables et partageables.
Chaque groupe choisira progressivement ce qu’il souhaite regarder avec plus d’attention. Sous-sol, formes bâties, habitants, objets, usages, sols, végétation, lumière, air, chaleur, vent et eau pourront être observés conjointement. Il s’agira notamment de comprendre comment comportements humains, phénomènes naturels et formes construites agissent les uns sur les autres.
Notre objectif sera de comprendre la réalité physique de ce que nous voyons : les structures bâties, leurs transformations, la vie telle qu’elle se déroule dans ces structures.
Le dessin sera au centre de cette connaissance. Plans, coupes, façades, relevés et dessins d’observation permettent de décrire l’architecture et ses usages avec précision. Dessiner suppose de mesurer, sélectionner et comparer : la représentation est un instrument d’analyse avant d’être un mode de restitution.
Cette pratique appartient à une longue histoire de la connaissance par le dessin. Chez Sebastiano Serlio, la mise en série des plans, coupes, élévations et perspectives permet de comparer des architectures différentes à partir de conventions communes. L’atlas collectif de la Butte poursuivra cette logique : les documents de chaque groupe devront pouvoir être rapprochés, confrontés et lus ensemble. Dès cette première phase, l’inventaire sera mis en regard d’une généalogie de l’habitat parisien : des architectures de différentes époques seront redessinées selon des conventions communes afin de comparer distributions, rapports au sol, épaisseurs, façades, structures et manières d’habiter.
À une autre échelle, les relevés d’Eugène Viollet-le-Duc dans Le Massif du Mont-Blanc montrent comment le dessin rend intelligible la formation d’un territoire. Relief, géologie et phénomènes naturels y sont isolés puis remis en relation. Ce déplacement entre observation et abstraction constitue également un modèle pour le Groupe 6 : observer la Butte, la comparer à d’autres situations et replacer ses architectures dans une histoire plus large de l’habitat deviennent trois opérations simultanées.
Cartes, dessins, maquettes, photographies, sons, récits et références formeront ainsi un atlas commun dans lequel pourront coexister différentes échelles et temporalités : géographie et espace domestique, permanence des formes et instabilité des usages, architectures ordinaires et modèles savants, traces du passé et transformations présentes. Le projet apparaîtra progressivement à l’intérieur de cette connaissance. Il ne sera pas demandé de produire immédiatement une vision générale de la transformation de la Butte : les premières hypothèses naîtront au contraire de situations concrètes observées et des possibilités qu’elles révèlent.
Temps 1 — 21 septembre
Introduction
Ce premier temps ouvre le travail sur la Butte Bergeyre et prépare la visite du site. Chaque groupe commence à construire une première connaissance de l’espace urbain à partir des documents disponibles et à identifier les sujets qui orienteront son regard.
Cartes et plans historiques, archives, photographies, données démographiques, documents d’urbanisme, articles et récits constituent une première matière de travail. Cette collecte amorce l’atlas collectif du semestre et permet de faire émerger les premières curiosités, questions et situations à observer sur place.
Documents à réunir : cartes et plans historiques, archives, photographies aériennes, données démographiques, documents d’urbanisme, articles, récits et premières références.
Temps 2 — 25 septembre
Observer et relever — L’expérience du site
La visite confronte cette première documentation à l’expérience directe du lieu. Marcher, regarder, mesurer, dessiner, photographier, écouter : la découverte de la Butte passe par ses espaces, ses usages et les situations qui la composent. Chaque groupe portera son attention sur les relations qui s’y établissent : relief, constructions, sols, jardins, seuils, circulations, vues, usages, habitants, végétation, lumière et climat.
Construire un point de vue
Les premières recherches et l’expérience du site permettront à chaque groupe de construire progressivement son propre regard. Qu’est-ce qui fait la qualité et la spécificité de cette situation, et comment pourrait-elle évoluer ?
L’observation portera sur des situations choisies pour révéler l’ordinaire, les récurrences, les variations et ce qui singularise la Butte. Leur comparaison permettra de mettre en relation formes bâties, usages, habitants, sol, végétation et phénomènes naturels, et d’ouvrir les premières pistes de projet.
Déroulé
8h30 · Point de départ
Fontaine Wallace, 1 rue Simon-Bolivar.
9h–13h · Parcours, observations et relevés
Découverte collective de la Butte, puis travail par groupes. Points de rencontre avec les enseignants au cours de l’après-midi.
13h–14h · Table commune
Présentation et confrontation des premières observations par groupe.
Pavillon Puebla, parc des Buttes-Chaumont.
27 / 28 septembre · Les vignes de la Butte — 14h–19h
Visite des vignes de la Butte Bergeyre. Observation du sol, de la végétation, des usages productifs et des formes de gestion collective du lieu.
Jusqu’au 2 octobre · Poursuivre l’observation
Chaque groupe retourne librement sur la Butte pour préciser et compléter son travail de terrain.
Documents à produire
Relevés sur site : cartes annotées, coupes annotées, dessins et mesures, série photographique (verticales droites), textes, enregistrements sonores et vidéos.
Cartographie : construction des cartes aux différentes échelles en croisant relevés sur site, fonds cartographiques, données publiques et LIDAR.
Atlas collectif : classement et mise en commun des documents produits et collectés afin de constituer une connaissance partagée de la Butte.
Temps 3 — 2 octobre
Mettre en relation
Le travail de terrain est maintenant confronté aux différentes formes de représentation. Cartes, maquette, dessins, relevés, photographies, sons, films et récit ne doivent pas produire une description exhaustive, mais permettre de découvrir des relations jusque-là peu visibles.
La carte, la coupe au 1/500 et la maquette au 1/500 rapprochent géographie, formes bâties, usages, habitants, sols, végétation et phénomènes naturels. Les informations ne seront pas simplement superposées : leur sélection et leur hiérarchie devront faire apparaître ce qui caractérise le regard de chaque groupe.
La représentation devient ainsi progressivement une forme de projet. Dessiner une continuité, rapprocher deux situations ou isoler un phénomène revient déjà à formuler une hypothèse sur la manière dont la Butte fonctionne et pourrait évoluer.
Écrire une situation
Le récit accompagne cette enquête sans devenir un programme de transformation. À partir des lieux, des personnes, des usages et des situations rencontrées, il introduit le temps, l’expérience et le point de vue dans la connaissance de l’espace urbain.
Il pourra décrire une journée, un parcours, une transformation, un usage existant ou possible. Sa fonction est de rendre perceptible une manière d’habiter et de révéler ce que les représentations géométrales ne montrent pas.
Ce travail permettra à chaque groupe de préciser ce qu’il considère comme essentiel dans la Butte : ce qui mérite d’être conservé, ce qui peut évoluer et ce qui manque aujourd’hui.
Documents à produire
Espace urbain — cartes et maquette
Carte et coupe au 1/500, format A0, associant les données recueillies, leur interprétation et les premières hypothèses de transformation. Elles mettent en relation le bâti, la topographie et les sols : différences de niveaux, remblais, soutènements et, lorsque cela est pertinent, données liées au sous-sol et aux anciennes carrières.
Première version de la maquette collective de la Butte au 1/500, format A0.
Récit — situation et transformation
Atlas sonore — écouter
Premiers enregistrements et classement des matières sonores recueillies sur la Butte : paroles, activités, ambiances et phénomènes naturels.
Atlas vidéo — observer dans le temps
Première série de plans fixes, construite autour de situations choisies et permettant d’observer usages, mouvements et transformations dans la durée.
Atlas architectural — observer, comparer et situer
Constitution d’un atlas des architectures de la Butte à partir d’axonométries typologiques, plans, coupes, relevés de façades et dessins d’observation, suivant le gabarit commun. Cet inventaire sera mis en regard des premières références de la généalogie de l’habitat parisien, redessinées selon les mêmes conventions. Chaque étudiant étudiera au minimum six bâtiments ou ensembles bâtis de la Butte et amorcera l’étude comparative des références attribuées.
Généalogie de l’habitat parisien
XVIIe–XIXe siècles
Hôtel de Beauvais — Antoine Le Pautre, Paris 4e, 1656
Maison de Balzac, ancienne dépendance de la folie Bertin — Passy, Paris 16e, XVIIIe–XIXe siècles
Cité Napoléon — Marie-Gabriel Veugny, 58–60 rue de Rochechouart, Paris 9e, 1849–1851
Un Immeuble haussmannien — référence à préciser
1900–1930
25 bis rue Franklin — Auguste Perret, Paris 16e, 1903
Immeubles de la rue Agar et rue Jean-de-La-Fontaine — Hector Guimard, Paris 16e, 1911
Maison-atelier Ozenfant — Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Paris 14e, 1922
Maison La Roche — Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Paris 16e, 1923–1925
Villa Cook — Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Boulogne-Billancourt, 1926
Studio Building — Henri Sauvage, Paris 16e, 1926–1928
Maison de verre — Pierre Chareau et Bernard Bijvoet, Paris 7e, 1928–19321930–1990
Pavillon Suisse — Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Cité internationale universitaire, Paris 14e, 1930–1933
Immeuble Molitor — Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Paris 16e, 1931–1934
10 boulevard Barbès — référence à compléter
Logements rue de Meaux — Renzo Piano Building Workshop, Paris 19e, 1987–1991
1990–aujourd’hui
Rue des Suisses — Herzog et de Meuron, Paris 14e, 1996–2000
Logements étudiants et sociaux, rue de l’Ourcq — Lacaton et Vassal, Paris 19e
Résidence pour chercheurs Julie-Victoire Daubié — Bruther, Cité internationale universitaire, Paris 14e, 2018
Temps 4 — 9 octobre
Confronter et déplacer le regard
L’atlas est désormais suffisamment constitué pour être confronté à d’autres situations. Cette étape ne cherche pas à ouvrir un nouveau récit de l’espace urbain, mais à éprouver les observations faites sur la Butte par la comparaison. Les références deviennent des instruments de mesure et de déplacement : elles permettent de préciser ce qui relève d’une condition locale, d’un type, d’une convention ou au contraire d’une singularité.
Chaque groupe mettra ainsi les situations observées sur la Butte en relation avec d’autres architectures, d’autres formes d’habitat et d’autres représentations. Comparer une distribution, un rapport au sol, une façade, une cour, un jardin, une structure ou une manière d’habiter doit permettre de revenir au site avec un regard plus précis et de faire émerger des principes susceptibles d’être transformés par le projet.
Deux registres déjà engagés dans l’atlas seront approfondis conjointement : une exploration culturelle et sensible, et une généalogie architecturale de l’habitat parisien. Leur intérêt tient moins à l’accumulation de références qu’à la possibilité de construire des rapprochements précis avec les situations observées sur la Butte.
Les références culturelles choisies hors du champ strict de l’architecture ; photographie, cinéma, peinture, littérature ou autres formes de représentation ; permettront d’aborder atmosphère, temporalité, usage, perception et manières de raconter un lieu. Elles accompagneront l’atlas sans constituer un imaginaire autonome : chaque référence devra être reliée à une situation concrète observée sur la Butte.
La généalogie de l’habitat parisien, amorcée dès l’inventaire, sera développée par le dessin. Réunies à travers différentes époques et formes d’habitat, les références permettront de comparer des manières de construire et d’habiter Paris. Plans, coupes, façades et axonométries seront redessinés selon des conventions communes afin de rendre visibles les continuités, les écarts et les transformations.
L’étude cherchera à identifier, au-delà de la singularité de chaque référence, des principes architecturaux et des dispositifs spatiaux : une relation entre intérieur et extérieur, une profondeur de façade, un système distributif, une pièce particulière, un rapport au collectif, une manière de construire avec une parcelle contrainte.
Ces deux approches viendront enrichir les cartes, la maquette et le récit. L’exploration sensible ouvre un imaginaire ; l’étude comparative construit un répertoire architectural. Leur mise en relation permettra à chaque groupe de préciser sa position et les principes qui pourront guider les trois situations de projet.
Documents à produire pour le 9 octobre
Espace urbain — cartes et maquette
Finalisation de la carte et de la coupe au 1/500, format A0. Les informations recueillies, le récit et les premières transformations doivent désormais être représentés dans un même document.
Finalisation de la maquette de site au 1/500, sur support A0.
Récit — situation et transformation
Finalisation du récit atlas sonore et atlas vidéo. Montage du mini-podcast et de la vidéo à partir des matériaux recueillis (GarageBand, Reaper ou Edits).
Atlas architectural — dessiner et comparer
Finalisation de l’atlas : axonométries typologiques, plans, coupes, relevés de façades et dessins, suivant le gabarit commun. Chaque étudiant présente au minimum six bâtiments ou ensembles bâtis.
Temps 5 — 16 octobre
Jury 1 — Inventaire et espace urbain
Ce premier jury clôt un temps de connaissance de la Butte. Il ne s’agit pas encore de présenter un projet urbain, mais de montrer ce que le groupe a appris de l’espace urbain et ce que cette connaissance permet désormais d’interroger.
Cartes, maquette, atlas, récit, son et film seront considérés comme des documents complémentaires. Leur confrontation doit faire apparaître les qualités, contradictions et possibilités de transformation identifiées par chaque groupe. Le jury ouvre ensuite le travail architectural : les trois sites sont introduits comme trois situations à partir desquelles cette connaissance sera mise à l’épreuve.
Ce jury ouvre le travail architectural. Les positions construites collectivement servent de cadre à l’étude des trois situations de projet, non comme l’application d’un scénario général, mais comme trois mises à l’épreuve d’une même connaissance de la Butte.
Livrables du jury
Espace urbain — carte et coupe au 1/500, format A0 ; axonométrie au 1/500, format A0 ; maquette de site au 1/500 format A0.
Récit — version finale, son et image — mini-podcast et vidéo finalisés.
Atlas — atlas architectural finalisé intégrant les références culturelles et généalogique.
De l’atlas à la pièce habitée
Rendre habitable
Le travail au 1/20 prolonge directement l’enquête et en constitue une première matérialisation architecturale. Chaque étudiant choisira dans l’atlas une situation, une relation ou un dispositif observé ; une fenêtre, un seuil, une pièce, une cour, une loggia, un escalier, une circulation, une épaisseur ; pour en faire le point de départ d’une expérimentation à l’échelle du dispositif spatial.
Sans prendre place dans un site précisément défini, le travail devra proposer une manière d’habiter organisée par quelques principes architecturaux : une façade qui règle les relations entre intérieur et extérieur, une circulation qui structure les usages, un élément central et actif ; cheminée, escalier, meuble ou structure ; autour duquel l’espace s’organise. Le dispositif conserve ainsi une part d’abstraction, tout en intégrant certaines conditions choisies de la Butte Bergeyre ; orientation, lumière, pente, vues, climat ou rapport au dehors. Il ne s’agit donc pas encore de dessiner un projet situé, mais de construire une proposition spatiale suffisamment précise pour répondre à certaines conditions réelles du territoire.
Une question simple accompagne ce travail : qu’est-ce qui rend un espace habitable ? Au 1/20, dimensions, usages, matière, lumière et construction deviennent directement observables et permettent de passer d’une connaissance du lieu à une proposition architecturale.
Dans La Maison d’Adam au paradis, Joseph Rykwert revient sur la recherche récurrente d’une maison originelle. Habiter y apparaît comme une manière de donner une mesure, une organisation et une signification à un lieu. La maison établit des relations entre un corps, des usages, une construction et un milieu.
Le workshop partira de cette relation élémentaire. Le dispositif sera conçu comme une règle spatiale susceptible d’être déplacée, agrandie, répétée ou transformée dans les trois architectures du semestre.
Cette réflexion constitue le point de départ du workshop. L’espace habitable est exploré à travers les relations qui le construisent : entre les pièces et les usages, entre le dedans et le dehors, entre la matière et la lumière, entre l’architecture et son environnement.
Une fenêtre, un seuil, une pièce, une cour, une loggia, un escalier, une circulation ou une épaisseur construite participent à ces relations. Ils organisent des usages, des transitions et des degrés d’intimité : entre intérieur et extérieur, individuel et collectif, lumière et ombre, ouvert et protégé, proche et lointain.
Préparation du workshop — 23 octobre
Workshop — du 2 au 6 novembre
Confort, espace et milieu
Rendre un lieu habitable engage une relation avec les conditions qui l’entourent. Lumière, orientation, température, air, ombre, humidité ou saisons participent directement à l’expérience d’un espace et à la manière dont il est occupé. Le confort devient ainsi une question architecturale : il se construit autant par la forme, les dimensions et les usages que par les dispositifs techniques qui les accompagnent.
Le workshop propose d’explorer cette relation par une série de variations typologiques et spatiales. À partir d’une même situation, plusieurs réponses pourront être testées afin d’observer comment une modification de profondeur, d’orientation, de distribution, d’ouverture ou de relation à l’extérieur transforme les qualités d’un espace.
Cette expérimentation doit permettre de questionner la qualité du logement contemporain et de retrouver, à partir de dispositifs architecturaux simples, une forme de générosité domestique. Une pièce bien proportionnée, une fenêtre profonde, une circulation habitée, un seuil, une loggia, une cour ou un espace partagé peuvent ainsi produire des qualités fortes avec une économie de moyens.
Le domestique devient alors un terrain d’expérimentation architecturale, où des dispositifs ordinaires peuvent acquérir une intensité particulière. Leur mise en relation permet d’interroger conjointement le logement, l’espace collectif et la ville, et de rechercher une architecture à la fois simple, généreuse et spécifique.
Le dispositif spatial d’habitat
L’espace domestique ne se définit pas seulement par ses dimensions, son organisation ou son programme. Il résulte d’un ensemble de relations entre construction, matière, lumière et usages. Une structure, une fenêtre, un seuil, un sol ou un meuble ne constituent pas des éléments secondaires de l’architecture : ils participent directement à la manière dont un espace est construit, perçu et habité.
Le travail au 1/20 propose d’observer précisément cette réalité matérielle. À cette échelle, les éléments ordinaires de l’habitat ; structure, menuiseries, huisseries, sols, appuis de fenêtre, garde-corps, éclairage ou mobilier ; deviennent des instruments du projet. Leur position, leur dimension et leurs relations peuvent produire des situations spatiales spécifiques : une fenêtre devient une épaisseur habitée, un meuble organise une pièce, un seuil construit une transition, un changement de sol établit une limite.
Les maisons de Kazuo Shinohara constituent à ce titre une référence importante. Elles montrent comment des dispositifs très simples peuvent déterminer profondément le caractère d’un espace. Dans la House in White, la présence du poteau central ne relève pas uniquement d’une nécessité constructive : sa position introduit une mesure, une tension et une organisation particulière de la pièce. Un élément constructif devient ainsi une condition spatiale.
L’exercice cherchera cette même capacité à produire de la richesse à partir de dispositifs simples et précisément situés. Il ne s’agit pas d’accumuler des solutions ou des détails, mais d’identifier les quelques éléments capables de donner à chaque espace sa logique propre. Le projet sera ainsi envisagé comme un système de relations dans lequel construction, matière et usage se déterminent mutuellement, et à partir duquel peut émerger la spécificité de chaque situation habitée.
Du dispositif aux trois architectures
Le dispositif construit au 1/20 devient un instrument pour aborder les trois sites. Il ne s’agit pas de reproduire une forme, mais de tester comment une relation spatiale ; entre pièce et extérieur, structure et usage, seuil et circulation, matière et lumière ; peut changer lorsqu’elle rencontre des programmes et des situations différentes.
Chaque groupe développera plusieurs hypothèses d’implantation et d’organisation pour les trois sites. Elles permettront de comparer les conséquences de choix différents : conserver ou remplacer, prolonger ou détacher, occuper la pente ou la libérer, construire en hauteur ou en profondeur, concentrer ou répartir les programmes.
Les relations entre les trois sites seront également précisées : usages partagés, parcours, espaces collectifs, activités productives et relations avec les habitants de la Butte. La cohérence de l’ensemble ne reposera pas sur une forme commune, mais sur des principes, des complémentarités et des continuités.
Le travail collectif consiste ainsi à établir quelques choix communs suffisamment précis pour mettre les trois projets en relation, sans leur imposer une écriture architecturale identique.
Temps 6 — 6 novembre
Correction 2 — Pièce habitée et trois architectures
Documents à produire
Espace urbain — cartes
Carte et coupe au 1/500, reprises dans la continuité du travail précédent.
Dispositif spatial — analyser et expérimenter
Étude d’un dispositif spatial de référence afin d’identifier les éléments et les relations qui construisent ses qualités d’usage et d’espace : distribution, circulation, seuils, ouvertures, épaisseurs, prolongements extérieurs, espaces communs, rapport au sol et matérialité.
Réalisation d’une maquette de dispositif spatial d’habitat au 1/20.
Trois sites — construire une stratégie
Élaboration de 1 à 2 hypothèses, représentées par des diagrammes au format A4, permettant de comparer différentes hypothèses de transformation et les relations programmatiques et spatiales entre les trois sites.
La définition du programme
Le programme du semestre se construit à partir de trois situations distinctes de la Butte Bergeyre. Elles appartiennent à une même géographie mais présentent des conditions très différentes : un immeuble de logements existant et une parcelle voisine à reconstruire, un site exceptionnel en forte pente associé aux vignes et au jardin partagé, enfin une dent creuse inscrite dans le tissu résidentiel de la Butte.
Ces trois situations seront considérées ensemble. Le programme constitue un moyen d’établir des relations entre elles, en associant logement, espaces collectifs et activités productives au sens large. Les interventions développées sur chacun des sites formeront ainsi les différentes parties d’un même projet, dont les usages et les ressources pourront se compléter à l’échelle de la Butte. Cette organisation conduit à considérer le programme comme une matière de projet susceptible d’évoluer. Les surfaces, les relations entre les fonctions et certaines affectations seront précisées au cours du semestre, à partir de la connaissance du site, des scénarios élaborés collectivement et des échanges avec les habitants et acteurs rencontrés.
9–19 rue Georges-Lardennois — Transformer et compléter
Le premier site se situe au 9–11 rue Georges-Lardennois, dans la partie basse de la Butte. Le 9 est un immeuble de logements construit en 1935, quelques années après le lotissement de l’ancien stade Bergeyre. La parcelle a été préemptée par la Ville de Paris en 2024 et fait aujourd’hui l’objet d’un projet porté par Paris Habitat portant sur l’acquisition-amélioration de 18 logements sociaux.
Cette situation introduit une première question essentielle du semestre : comment transformer un bâtiment de logements existant tout en prolongeant son histoire ? Le projet portera sur sa réhabilitation énergétique, son adaptation à de nouveaux usages et la possibilité d’une surélévation mesurée. Les 18 logements existants seront envisagés comme des logements inclusifs destinés notamment à des personnes âgées ; leur transformation intégrera les questions d’accessibilité, de confort, d’espaces partagés. La surélévation permettra la création d’un logement supplémentaire. La parcelle voisine du 11 rue Georges-Lardennois, aujourd’hui libérée de sa construction (chantier en cours), offre une situation complémentaire. Son caractère ouvert et son contexte paysager permettent d’interroger la manière dont une construction nouvelle peut prendre place auprès d’un bâtiment existant sans constituer simplement son extension. Elle accueillera une petite résidence destinée aux étudiants, chercheurs et œnologues, composée d’environ 18 logements T1, accompagnés d’un hall, de locaux communs et de service, d’un local vélo et d’espaces partagés. Une cuisine collective largement ouverte pourra constituer une pièce commune à la résidence et établir une relation avec les habitants du quartier.
Le 9 et le 11 formeront ainsi un premier ensemble dans lequel réhabilitation et construction neuve, générations et formes d’habitat différentes sont mises en relation.
La résidence est localisée dans un secteur de Maisons et Villas, entre l’Avenue Mathurin Moreau et la rue Philippe Hecht.Principales caractéristiques de l’ensemble immobilier : Cet immeuble datant des années 1930, est édifié sur la parcelle cadastrée section EV, N°8 et N°9 d’une superficie d’environ 362m² et 581m². Construit sur un niveau partiel de sous-sol, l’immeuble est en forme de H avec 2 cours latérales et une circulation centrale qui s’élève à R+3 côtés rue, surmonté d’une maison en retrait (attique). Côté cour/jardin, le bâtiment s’élève à R+4. La parcelle N°9 est considérée libre de toute construction. Ce bâtiment accueille aujourd’hui 18 logements et 1 loge gardien, le tout pour 790 m² SHAB. L’entrée principale est située au 9 rue Georges Lardennois. La typologie des 18 logements se répartit comme suit :
- 10 T2
- 8 T3
- 1 loge gardien (vide)
Le groupe est orienté Est, côté jardin et Ouest, côté rue. Les logements bénéficient d’une disposition traversante via les deux courettes de services. L’immeuble est construit en béton, il semble en bon état général, bien que nécessitant des travaux d’isolation thermique. En effet, il n’y a pas d’isolation, ni en façade, ni entre logement, sous-sol et toiture. Des dégradations sont tout de mêmes constatées, davantage sur les façades donnant sur cour: Eléments bétons partiellement dégradés, noircis et écaillements.
Les menuiseries sont en bois simple vitrage dans les cages d’escaliers. Les menuiseries sont disparates, certaines sont en bois simple vitrage et d’autres sont en PVC double vitrage (changées au fil de la relocation). Les menuiseries présentent des dégradations dans la plupart des logements : anciens bâtis bois souvent dégradés. Certains joints n’assurent plus une étanchéité correcte. Présence de persiennes métalliques sur la façade rue et cour principale, à l’exception des courettes. Les garde-corps en façade sont réalisés avec des modénatures.
Les toitures ne sont pas isolées. Une première toiture terrasse gravillonnée, accessible par les parties communes du dernier étage, où se situe un logement en attique en retrait. La seconde est une toiture en double pente en tuiles (attique). Les toitures terrasses du groupe et de l’immeuble mitoyen peuvent facilement être communicantes. Un filet est disposé au niveau de la courette de gauche (repérage placement face bâtiment), visible depuis la toiture terrasse du groupe. Absence de filet sur la courette droite, côté travaux bâtiment mitoyen (repérage placement face bâtiment). Porte accès toiture terrasse double vantaux, bois simple vitrage dégradée avec auvent scellé au bâti.
Les logements bénéficient d’une disposition traversante via les deux courettes de services. Cette caractéristique est un point fort en ce qui concerne la circulation de l’air dans les logements. Chaque halls dessert l’accès à 4 logements (2 à gauche et 2 à droite), excepté au 4 ème étage où sont présents deux logements. Les typologies actuelles sont les suivantes : 10 T2 et 8 T3. Particularités : L’ensemble des pièces disposent de fenêtres, dont les salles d’eau. Certaines chambres sont commandées par le séjour et les cuisines sont indépendantes. Des cheminées sont encore présentes, situées dans les séjours. Les portes d’entrées des logements sont à double vantaux bois, non isolées.
La production de chauffage est assurée par une chaudière gaz collective (LT situé en sous-sol) remplacée en janvier 2023. L’émission dans les logements se fait par des radiateurs en aciers avec robinets manuels. L’eau chaude sanitaire, est assurée par des ballons électriques individuels situés dans les salles d’eau ou dans les cuisines. Les logements et leur équipement sont dans un état disparate. Une réfection complète des logements est à prévoir. Les conduits d’EV/EU circulent à travers les logements. Certains logements n’ont pas de radiateurs dans les pièces humides. La ventilation est naturelle en façade (courettes) avec des prises d’air au niveau des parties communes. Le mauvais renouvellement d’air couplé à une faible performance thermique génère des pathologies : Humidité, pont thermique et traces de moisissures. En effet, les déperditions sont importantes, avec un débit qui n’est pas adapté au taux d’humidité de la pièce. Les installations électriques sont hétérogènes, selon la date de remise en état.
Les parties communes sont en bon état général, cependant, les murs ne sont pas isolés. Il n’y a pas d’ascenseurs sur le groupe. Porte d’entrée du groupe avec emmarchement et système de digicode. Puis SAS d’entrée avec boîte aux lettres et seconde porte avec interphone. L’accessibilité est réduite. Escalier forme colimaçon, en demi-palier, avec tapis disposé sur l’ensemble des parties communes.
Le groupe comporte une réserve de 80m², accessible via une entrée indépendante. Il n’y a pas de caves sur le groupe. Les planchers bas ne sont pas isolés, ce qui participe à l’inconfort thermique des logements du rez-de-chaussée. Des fissures se sont créées et sont sous surveillance, en sous-sol, au niveau de la courette et contre terre côté du 7 rue Georges Lardennois. Des témoins ont été posés. L’origine n’est pas encore connue. Une surveillance minutieuse est à réaliser. Pour rappel, l’immeuble se développe sur un site d’anciennes carrières et de gypse. Des travaux seront à mener sur le gros œuvre avec des reprises lourdes. Le groupe dispose d’une loge. La loge située à rez-de-chaussée est vacante et sera mise à disposition du projet. Ce local donne accès au jardin végétalisé, côté cour. Présence d’un espace très restreint et non adapté pour les ordures ménagères au niveau du rez-de-chaussée de la courette gauche. Le site bénéficie d’un jardin, d’environ 53 m², accessible depuis la loge.
PROGRAMME DES ETUDES
Le programme de travaux portera essentiellement sur une réhabilitation thermique, restructuration/réfection des logements et une amélioration de la qualité de service, des espaces communs et extérieurs (Création/réaménagement de locaux communs vélos et OM…).
Travaux type plan climat Isolation du plancher haut des caves et des combles, isolation des logements et parties communes : ITI (rue) et ITE (cour et pignon). Changement de toutes les menuiseries extérieures, rénovation des protections solaires (rue et jardin).
Travaux parties communes
Création locaux vélos et OM en lieu. Mise en conformité électrique et changements des portes palières.
Travaux logement
Réfection complète des logements (appareillage SDE/cuisine/peintures). Déclassement : T2 en T1 bis / T3 en T2bis (soit 9 T1bis et 9 T2bis). Amélioration de la ventilation. Mise en conformité électrique
ATTENDUS
Habitabilité
En parallèle de l’aspect technique de l’opération, la qualité d’usage doit être mise au cœur du projet dans les hypothèses de transformations qui seront menées sur les logements. L’objectif est d’améliorer de façon substantielle le confort d’usage. Il s’exprime par :
- La restructuration intérieure des logements dans le cadre du changement des typologies,
- La nouvelle disposition des pièces doit permettre l’intégration de rangements, placards techniques et équipements.
Démarche environnementale, certification et label
L’étudiant appliquera une démarche engagée et organisée, une réflexion sur les questions de rénovation durable du bâtiment. La conduite de projet se doit d’intégrer les exigences et compétences bas carbone aux différentes phases de projet :
-Choix de matériaux et de mise en œuvre au regard de leur impact environnemental,
-Revalorisation des déchets, (Recyclage, Tri, compostage),
-Réemploi et réutilisation
Il conviendra de privilégier des produits à haute performance environnementale, en particulier le recours à des matériaux de réemploi, locaux ou issus des ressources renouvelables. La question des matériaux biosourcés et géosourcés en façade sera interrogée au regard des contraintes économiques, techniques et règlementaires du bâtiment. L’étudiant devra intégrer une démarche de réemploi de matériaux issus ou non du site dans la conception.
Programme indicatif — 9–19 rue Georges-Lardennois
9 rue Georges-Lardennois — Réhabilitation
Réhabilitation énergétique de 18 logements inclusifs — surfaces existantes conservées
Adaptation des logements et des parties communes aux enjeux d’accessibilité et de vieillissement
Création d’un logement supplémentaire en surélévation — environ 45 à 55 m²
Espace commun/salon des habitants à RDC — 30m²
Local vélos / mobilités — 15 m²
Local poussettes — 8 m²
Local déchets — 8 m²
Locaux techniques — 10 m²
19 rue Georges-Lardennois — Résidence étudiants, chercheurs et œnologues
Environ 18 logements individuels — 18 × 18 m²
Hall / espace d’accueil — 20 m²
Grande cuisine / salle à manger collective — 45 m²
Salon / espace de travail partagé — 30 m²
Buanderie / laverie commune — 10 m²
Bureau personnel / gestion — 10 m²
Sanitaire personnel — 4 m²
Local vélos — 20 m²
Local déchets — 8 m²
Rangements / locaux techniques — 12 m²
Circulations et distributions — environ 80 m²
Espaces partagés entre le 9 et le 19
Jardin commun entre les deux bâtiments
Cuisine / salle commune du 11 pouvant ponctuellement s’ouvrir aux habitants du 9 et au quartier avec possibilité de liaisons entre les deux bâtiments
70 rue Georges-Lardennois — Habiter une géographie
Le deuxième site occupe une situation exceptionnelle de la Butte, au contact des vignes et du jardin partagé. Sa forte pente met en relation la rue Georges-Lardennois avec les terrains situés en contrebas et ouvre des vues lointaines sur Paris. Sol, végétation, orientation et topographie donnent ici au projet des conditions très différentes des deux autres sites. Le terrain, aujourd’hui libre de toute construction, correspond à la parcelle cadastrée 000 EV 65, d’une superficie d’environ 212 m². Le périmètre de projet pourra s’étendre ponctuellement au-delà de la parcelle sur une partie du terrain des vignes.
La parcelle est également porteuse d’une histoire architecturale singulière. Elle accueillait la Villa Zilveli, construite en 1933 par Jean Welz pour Athanase Zilveli. Implantée dans la pente et portée par une structure légère, la maison établissait une relation particulièrement forte entre architecture, sol et paysage. Sa disparition laisse aujourd’hui un vide dans lequel la mémoire de cette construction et de sa manière d’habiter la pente reste présente.
Le projet cherchera à construire une nouvelle relation avec cette géographie à travers un équipement collectif ouvert sur le quartier, associant le bain, le paysage et les usages communs. Un bain public de quartier constituera le programme spécifique du site. Vestiaires, douches, bains chaud et froid, sauna, espaces de repos et bassin de nage composeront un lieu consacré au corps, au soin, au loisir et au temps libre, en relation étroite avec le jardin, la pente et les vues sur Paris. Le parcours du corps, les variations de température, de lumière et d’humidité, ainsi que les passages entre intérieur et extérieur, constitueront la matière architecturale du bain.
À ce programme sera associée une grande salle libre et polyvalente, dédiée aux loisirs et à la vie collective. Elle pourra accueillir successivement pratiques sportives, danse, repas, fêtes, concerts, projections, événements culturels ou activités associatives. Un bar-restaurant et espace de dégustation, directement associé à la salle, ainsi que les espaces servants nécessaires à son fonctionnement accompagneront ces différents usages. La mutualisation permettra à un nombre limité d’espaces d’accueillir une grande diversité de situations et d’évoluer au cours de la journée, de la semaine et des saisons.
Le bar et le restaurant pourront notamment devenir le lieu de dégustation des productions issues des vignes et du chai installé rue Philippe-Hecht, établissant ainsi une relation programmatique directe entre les deux sites.
Le projet intégrera enfin les vignes et le jardin partagé dans son périmètre de réflexion. Les cheminements dans la pente, la relation avec la rue basse, les espaces de travail extérieur et les petits locaux nécessaires aux jardiniers et aux viticulteurs participeront à la définition d’un ensemble où bâtiment, jardin et paysage sont pensés conjointement.
Programme indicatif — Bain public, espace culturel et sportif
Le bain public
Accueil / contrôle / bar-restaurant / dégustation, avec cuisine intégrée et réserve — 50 m²
Vestiaires / casiers / préparation / laverie — 30 m²
Espace commun douches et bains — 80 m², comprenant bain chaud et bain froid
Sauna — 10 m²
Zone de repos intérieure — 15 m²
Plages et circulations autour des bains — 20 m²
Bassin de nage, dans un espace distinct — 50 m²
Local technique / traitement d’eau — 30 m²
Espace culturel et sportif — Grande salle libre
Grande salle multifonctionnelle culture / sport / événements / bal / concert / fête — 200 m²
Rangement matériel sportif, culturel et mobilier — 15 m²
Vestiaires / sanitaires — 15 m²
Services et fonctionnement
Bureau / accueil personnel — 8 m²
Vestiaire / sanitaire personnel — 8 m²
Local ménage / entretien — 5 m²
Locaux techniques complémentaires — 12 m²
Circulations et distributions générales — 35 à 45 m²
Espaces extérieurs
Terrasses et espaces de repos associés aux bains — 60 à 100 m²
Jardin extérieur associé au bain et bain extérieur
Terrasse du bar-restaurant
Cheminements dans la pente et liaison avec la rue basse
Espaces liés aux vignes et au jardin partagé, cinéma champêtre
Cabanon pour outils, matériel viticole et jardinage — 15 à 20 m²
6 rue Philippe-Hecht — La dernière pièce
Le troisième site est une dent creuse de la rue Philippe-Hecht, inscrite dans un tissu résidentiel déjà constitué (R+3 à gauche et un immeuble d’environ R+7 à droite). Sa petite dimension et sa position dans la continuité des constructions existantes invitent à envisager une intervention compacte, à l’échelle d’une maison : une dernière pièce capable de compléter le quartier tout en introduisant de nouveaux usages.
Le terrain correspond aux parcelles cadastrées 000 EV 25, 000 EV 151 et 000 EV 152, représentant une superficie totale d’environ 309 m².
Le projet prendra la forme d’une maison productive et commune, associant dans une même architecture des espaces de travail, de production, de transmission et d’habitation. Le chai lié aux vignes de la Butte pourra en constituer l’un des éléments, accompagné d’espaces de stockage et de transformation, d’un atelier partagé consacré aux savoir-faire, à la fabrication et à la réparation, ainsi que d’une pièce commune ouverte aux habitants.
Cette proximité entre activités productives et vie domestique permettra d’explorer une typologie hybride, entre maison, atelier et petit équipement de quartier. Un logement temporaire pourra accueillir un artiste, un artisan, un chercheur ou une personne invitée à travailler sur la Butte, mettant en relation résidence, production et transmission.
La maison productive pourra ainsi devenir un lieu où les ressources et les savoir-faire du quartier sont partagés : produire, réparer, fabriquer, apprendre, stocker ou se réunir. Son programme sera précisé au cours du semestre, notamment en concertation avec les habitants, afin de conserver une architecture ouverte à différents usages et capable d’évoluer dans le temps.
À l’échelle des trois sites, elle constituera le versant productif et collectif du projet et entretiendra des relations directes avec les vignes, le jardin partagé et les programmes développés rue Georges-Lardennois.
Programme indicatif — Maison productive et commune
Le chai — produire et transformer
Réception, tri et pressurage du raisin — 20 m²
Chai de vinification / cuves — 35 m²
Chai d’élevage et stockage des bouteilles — 25 m²
Lavage, préparation et petit laboratoire — 10 m²
Stockage du matériel viticole — 15 m²
La maison commune — fabriquer et transmettre
Atelier partagé / fabrication / réparation — 35 m²
Pièce commune / réunions / transmission — 25 m²
Cuisine / transformation des productions — 12 m²
Bureau / espace de travail partagé — 10 m²
Habiter — résidence temporaire
Logement T2 artiste / artisan / chercheur en résidence — 45 m²
Services
Sanitaires / vestiaire — 8 m²
Local technique / entretien — 7 m²
Circulations et distributions — 20 à 25 m²
Espaces extérieurs
Cour productive et espace de travail extérieur — 60 à 100 m² : réception des récoltes, lavage, stockage temporaire, ateliers et activités collectives.
Trois sites, un projet
Les programmes proposés constituent un cadre commun de travail, plutôt qu’une succession d’objets indépendants. Logements sociaux, résidence pour étudiants et chercheurs, agriculture urbaine, chai, maison productive, bain public, espaces de travail, de loisirs, de culture, de sport et de restauration composent un ensemble de fonctions dont les relations devront être construites par chaque groupe.
Le projet cherchera ainsi à comprendre ce que chaque situation peut accueillir et ce qu’elle peut apporter aux deux autres. Certaines fonctions pourront être mutualisées, certains espaces changer d’usage au cours de la journée, de la semaine ou des saisons, et certains programmes trouver leur sens dans les relations qu’ils établissent à l’échelle de la Butte : les vignes avec le chai et le lieu de dégustation ; la maison productive avec les savoir-faire et les espaces collectifs ; les logements avec les lieux partagés ; le bain, le sport, la culture et les loisirs avec les espaces ouverts au quartier.
La programmation devient ainsi une stratégie de transformation de la Butte. Les trois architectures pourront être différentes dans leur forme, leur échelle et leur rapport à l’existant, tout en appartenant à une même structure de relations. C’est dans cette tension entre la spécificité de chaque situation et la cohérence de l’ensemble que se construira le projet du semestre.
L’ensemble des documents graphiques est déposé sur le Teams.
Construire une architecture
Le travail entre maintenant dans le développement des trois situations architecturales. La stratégie élaborée collectivement se précise à travers des projets capables de répondre aux conditions particulières de chaque site. Programme, bâti existant, topographie, orientation, végétation, voisinage et accès deviennent les matières à partir desquelles l’architecture se construit.
Chaque projet devra établir une relation précise entre programme, forme bâtie et situation. Plusieurs hypothèses seront développées et comparées : implantation et hauteur des constructions, rapports entre pleins et vides, distributions, relations au sol, espaces extérieurs et collectifs. Ces choix permettront progressivement de déterminer ce qui doit être commun aux trois interventions et ce qui, au contraire, relève de la singularité de chaque lieu.
Cette réflexion s’appuiera sur plusieurs dimensions du projet : les programmes existants et introduits, les usages et leurs évolutions, les sols et le paysage, les densités, les espaces partagés et les relations entre les trois sites. Leur confrontation permettra d’établir une structure commune suffisamment précise pour orienter les projets tout en laissant à chacun sa propre expression architecturale.
Le changement d’échelle est permanent. Les dispositifs spatiaux expérimentés au 1/20 sont désormais confrontés à l’organisation d’un bâtiment : assemblage des pièces, distributions, répétitions et variations, structure, enveloppe et espaces communs. En retour, ces choix architecturaux permettent de vérifier et d’ajuster la stratégie définie à l’échelle de la Butte.
Temps 7 — 13 novembre
Rez-de-chaussée, sols et espaces communs
Cette séance se déroule sur les trois sites. Le projet est abordé depuis le niveau du sol, en observant précisément les conditions dans lesquelles chaque bâtiment prend place : rue, pente, jardin, limites parcellaires, constructions voisines, accès et usages existants.
Le rez-de-chaussée est étudié comme l’espace où se nouent ces relations. Entrer dans un logement, traverser une parcelle, rejoindre un jardin, accéder à un équipement, partager un espace ou mettre en relation intérieur et extérieur sont autant de situations à dessiner. Le plan devra rendre lisibles les différentes qualités de sol ; construit, planté, minéral, perméable, cultivé ou partagé ; et la manière dont elles participent à l’architecture.
L’observation in situ, la photographie et le relevé permettront de préciser les dimensions, niveaux, limites et relations nécessaires au développement des projets. Le plan et l’axonométrie mettront ensuite en relation les trois interventions afin d’en comprendre les proximités, les différences et les complémentarités à l’échelle de la Butte.
Documents à produire sur site
Rez-de-chaussée — sols et usages
Plan des rez-de-chaussée au 1/500
Trois sites — relations et implantation
Axonométrie générale au 1/500
Observation et relevé
Appareil photographique
Relevés, mesures et dessins sur site
Temps 8, 9 et 10 — 20 novembre, 27 novembre et 4 décembre
Systèmes et variations
À ce stade, le projet est envisagé comme un système de relations entre organisation intérieure, structure, enveloppe et situation. Le travail vise à identifier les principes capables d’organiser chaque édifice, d’en assurer la cohérence et d’en préciser progressivement le caractère.
Le travail sur le type interroge les relations entre pièces, distributions, orientations et espaces extérieurs. Dans le logement, la répétition d’une même organisation devient le support de variations liées à la position, à l’orientation, aux vues ou aux situations particulières. Dans les équipements, la recherche porte davantage sur des organisations spatiales capables d’accueillir différents usages et leurs évolutions.
Les plans et les coupes au 1/200 permettent de rendre lisibles ces systèmes et leurs variations. Une attention particulière est portée au rez-de-chaussée, là où l’architecture rencontre le sol, les espaces collectifs et la géographie particulière de la Butte. Accès, seuils, distributions et prolongements extérieurs précisent la manière dont chaque édifice prend place dans sa situation.
La façade est développée au 1/100. Elle traduit l’organisation du bâtiment : répétition des pièces, structure, orientations et usages produisent des rythmes, des ouvertures, des profondeurs et des épaisseurs spécifiques. Son étude permet de préciser les relations entre intérieur et extérieur, entre répétition et situations singulières, mais aussi la matérialité et le caractère de l’édifice. Type, construction et expression architecturale sont ainsi pensés conjointement.
Les maquettes accompagnent cette définition progressive. Elles permettent d’observer les volumes, les répétitions et leurs variations, ainsi que la manière dont chaque édifice établit une relation particulière avec son environnement. Plans, coupes, façades et maquettes construisent ensemble une lecture du projet, de l’espace habité à l’édifice et de l’édifice à la Butte.
Documents à produire
Architecture — plans et usages
Plans des rez-de-chaussée et des étages courants au 1/200
Coupes significatives au 1/200
Façade — rythme, épaisseur et matérialité
Coupe perspective au 1/100, précisant sols, structure et distribution de l’étage courant développement d’une façade significative précisant ouvertures, profondeurs, structure, matérialité et relation aux espaces intérieurs et au rez-de-chaussée
Trois sites — sols et relations
Plan des rez-de-chaussée au 1/500
Axonométrie générale au 1/500
Maquettes — systèmes et variations
Insertion des projets au 1/500 dans la maquette collective de site
Maquette de chaque projet au 1/200
Temps 11, 12 et 13 — 8, 15 et 22 janvier
Cohérence et variations
Les dernières semaines sont consacrées à la mise au point des trois projets. Organisation, structure, enveloppe, matérialité, usages et relation au site sont précisés conjointement. Il s’agit de construire une cohérence entre les différentes échelles du projet et d’affirmer les positions développées au cours du semestre. Chaque projet constitue une prise de position dans une situation donnée. Il s’appuie sur les conditions existantes autant que sur les références et cultures architecturales mobilisées. Continuité, déplacement ou réinterprétation deviennent ainsi des modes possibles de transformation du réel.
L’architecture se précise par la mise en ordre et la variation de dispositifs simples. De faibles écarts au sein d’un système commun permettent d’articuler répétition et singularité, unité et diversité. La représentation participe directement de cette mise au point. Plans, coupes, dessins, images et maquettes décrivent les principes du projet et rendent perceptibles ses qualités spatiales : lumière, matière, profondeur, usages et relation au paysage.
Documents à produire
Architecture — plans, coupes et usages
Plans des rez-de-chaussée et des étages courants au 1/200
Coupes significatives au 1/200
Façade — construction et espace
Coupe-perspective au 1/100, mettant en relation structure, enveloppe, épaisseur, matière, lumière, usages et mobilier.
Dispositif spatial — reprise et précision
Reprise de la maquette au 1/20
Trois sites — sols et relations
Plan des rez-de-chaussée au 1/500
Axonométrie générale au 1/500
Maquettes — édifices et espace urbain
Insertion des projets au 1/500 dans la maquette collective de site
Maquette de chaque projet au 1/200
Espace urbain — retour aux hypothèses initiales
Reprise de la carte et coupe développées au début du semestre
Reprise et finalisation du récit vidéo et podcast
Correction finale, 28 janvier
La correction finale rassemble les différentes échelles développées au cours du semestre, de l’espace urbain au dispositif spatial. Les documents collectifs rendent compte de la stratégie construite à l’échelle de la Butte et des relations entre les trois interventions. Le travail individuel précise l’architecture de chaque projet, son organisation, sa construction et les situations d’usage qu’il propose.
Espace urbain et trois projets
Cartes — espace urbain et transformation
Carte au 1/500, reprise
Coupe au 1/500, reprise
Sols — trois situations
Plan des rez-de-chaussée au 1/500, intégrant les trois projets, les sols, les espaces extérieurs et leurs relations
Axonométrie générale au 1/500, reprise et précisée
Maquettes — projets et espace urbain
Maquette collective du site au 1/500, reprise et finalisée
Maquettes des trois projets au 1/200
Synthèse — récit et projet
Un catalogue de synthèse selon le gabarit commun, associant textes, dessins et images
Architecture et usages
Plans et coupe — organisation spatiale
Plans du rez-de-chaussée et de l’étage courant au 1/200
Coupe significative au 1/200
Façade — construction et espace
Coupe-perspective 1/100, précisant structure, enveloppe, épaisseur, matière, lumière et usages.
Dispositif spatial — habitat et usages
Maquette au 1/20 d’un dispositif spatial d’habitat et d’usage