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  • S3- 10 La fabrique du projet - Edifice public : espace, construction et milieux

Projet 3 - Edifice public

Groupe 07 - Cyrille Faivre-Aublin, Nabil Hamdouni

Enseignant(s) : Nabil Hamdouni,Cyrille Faivre-Aublin

  • Année : 2
  • Semestre : 3
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

L2-S3. Édifice public : Espace-Structure-Lumière. 2026-27

Enseignants TPCAU, G.07: Cyrille Faivre-Aublin

Nabil Hamdouni

 

 

L’ESPACE COMMUN INTÉRIEUR

Faire entrer la multitude (avec sa lumière) dans un édifice public :

un petit groupe scolaire (7 classes)

 

 

OBJECTIF PÉDAGOGIQUE

Il est de notre ressort, en tant qu'enseignants du projet architectural, de faire prendre conscience aux étudiants en licence des interactions multiples auxquelles ils sont confrontés avec les différents domaines qui concernent l’activité projectuelle d’architecture.

Ceci allant des questions matérielles de fabrication, de construction, d'exécution jusqu'à des questions politiques, géographiques, économiques, sociétales.

 

Mais cette prise de conscience doit commencer, avant tout, dans la culture même de notre discipline et son approche théorique-intuitive.

Ceci par la manipulation réfléchie des éléments constitutifs de ce qui rend le projet architectural non seulement une réponse à des demandes conjoncturelles et à des contraintes économiques, culturelles et techniques, mais lui donne son statut d’outil de compréhension de l’état du monde à un instant donné.

 

Le moyen pédagogique de cet exercice est d’apprendre à penser un projet dans les trois dimensions, hauteur, largeur et profondeur, et d’y introduire la manipulation de la lumière et du temps dans un parcours intérieur. Il s’agit de rendre perceptibles certaines dimensions invisibles de la nature.

 

Le travail porte sur la dilatation de l’espace, sa modulation par la lumière et le mouvement, et sa tenue structurelle.

 

Le projet expérimente le repliement de l’espace du dehors urbain dans un creux intérieur.

 

La projection du regard et le déplacement du corps de l’usager peuvent suivre des logiques autonomes.

L’espace commun intérieur n’est pas conçu comme un vide mais comme une substance pénétrable. Il se dilate dans une lumière qui n’est plus celle de la nature, mais qui est une matière réinventée.

Ce travail se fait en agissant sur des éléments « immatériaux » (le creux dans un plein, la lumière, le mouvement, la durée, la gravité, l’émotion...) qu’il s’agira ensuite de matérialiser.

 

Un édifice institutionnel, situé en ville, doit offrir un espace majeur intérieur, fédérateur dans les trois dimensions de l’espace, qui soit un lieu partagé par les divers usagers. C'est un équipement public, don de la Société, lieu de la prise de conscience de la vie en multitude.

 

L'édifice projeté sera un petit groupe scolaire à Ivry-sur-Seine, quartier Ivry-Confluences, entre les rues Michaël Faraday, Charles de Coulomb et Marcel Salnave, entre les 2 tours EDF de l’Atelier de Montrouge et l’ancienne usine CPCU (qui va devenir un parc public en bord de Seine, face à la confluence avec la Marne).

 

 

MÉTHODE

 

Le travail pédagogique est structuré par phases pour apprendre à suivre un des processus de projet

possibles : concevoir un édifice en procédant du dedans vers le dehors.

 

Singularité de cette méthode : le commencement du projet n’est pas l’analyse précise d’un site et d’un programme détaillé, mais l’affirmation qu’il existe une figure spatiale propre à chaque étudiant, qui peut fonder une hypothèse de pensée, et que cette hypothèse spatiale constituera le fil conducteur du projet. Le site et le programme sont des éléments auxquels l’hypothèse initiale doit se confronter et s’adapter dans des étapes choisies du processus de projet.

 

Plus que le résultat d’un simple édifice, sera évalué le processus d’élaboration dans sa cohérence et ses conséquences.

Les « matériaux de l’architecture » (la lumière, l’espace, la gravité, le parcours, le temps) avec lesquels s’élabore le projet sont questionnés et précisés par les modes de représentation qui entrent en jeu dans la construction de la forme.

Désir d’espace, plaisir de sa représentation et de son exploration.

 

Cet exercice est basé sur l’apprentissage des éléments fondamentaux du plan libre : trame structurelle, parois indépendantes, coupe libre, façade indépendante, lumière signifiante dans ses diverses qualités.

 

L’apprentissage se fait par phases thématiques qui font l’objet de cours spécifiques sur la définition des

termes théorique abordés successivement en introduction aux séances de travail :

1. la figure spatiale,

2. l’entrée, les seuils, les limites

3. la dualité poteau/paroi, la sous-face, la trame structurelle,

4. l’organigramme fonctionnel : hiérarchie, interaction des différentes fonctions

5. la lumière intérieure,

6. les circulations, le rapport servant/servi, la promenade architecturale

7. le foyer spatial/ les prolongements extérieurs

 

 

 

 

***

 

Nous serons en studio chaque Mardi- toute la journée en salle ...

La première semaine est intensive et comprend exceptionnellement le Lundi et jeudi matin.

Les cours transversaux ont lieu ensuite le jeudi matin sur un ensemble de séances pendant le semestre : le lundi est libéré.

Contenu

Le travail pédagogique se fait principalement par étapes graphiques en croquis à la main, en coupes-perspectives ombrées à la main, en perspectives informatiques et en maquettes.

 

Chaque situation de projet donne lieu à un développement minutieux et précis jusqu’à une vision plus essentielle où il en va de la nature des choses architecturales.

L’activité de projet, dans « une certaine émulation cognitive qui vient aiguiser le regard et la sensibilité de l’étudiant » (Michel Corajoud), devient instrument de connaissance, où chaque élément est décortiqué, démonté et remonté selon une méthode expérimentale et empirique.

 

Le déroulement des studios de projet se fait sous la forme d’une participation de l’ensemble des étudiants du groupe qui sont sollicités pour donner un avis critique sur le travail de chacun. Les hypothèses sont débattues collectivement et de façon quelquefois contradictoire. Les enseignants font un résumé de la discussion en dessinant au tableau les hypothèses d’évolution du projet.

 

TRANSVERSALITÉ

La pensée qui fabrique l’espace a son histoire propre, ses moments-clés, ses lieux de prédilection, et c’est en cela que la transversalité des enseignements liés au projet architectural permet des croisements de regards, de savoirs, d’expériences et de disciplines.

Nous allons donc travailler avec l’apport essentiel de trois disciplines qui traversent la fabrication du projet et lui donnent son socle culturel: les rapports Structure/ Enveloppe (STA-Construction), l’histoire de l’art (interactions entre architecture, peinture et sculpture) et les outils de représentation : le dessin à la main (ATR-Art Plastique), et la représentation informatique (ATR-Numérique).

 

PROGRAMME

Un petit groupe scolaire à Ivry-sur-Seine, quartier Ivry-Confluence.

Le programme et le site sont un prétexte pour aborder une méthodologie spécifique qui porte sur la définition d’un « espace commun intérieur ». Cette figure spatiale intérieure, dans sa dimension abstraite, est le point d’origine du projet. L’idéalité de cet espace est la prolongation de l’espace public extérieur dans la continuité du parcours au cœur de l’édifice et son retournement, en des lieux spécifiques, vers le grand paysage.

 

objectif : travail du plan libre, dans un cube de 21m de côté

- un cube de 21m x 21m x 21m (hauteur 21m potentielle, ce qui fait R+5, mais on peut avoir des niveaux très hauts de plafond).

- rendu échelles : 1/500 (la Figure) 1/200 (l’édifice public), 1/50 (l’espace intérieur fédérateur, et la classe idéale)

 

programme :

- hall d'entrée 80m²

- 7 salles de classe : 3 maternelles/ 4 primaires 8x8m/64m² avec un espace extérieur attenant (surface libre)

- salle propreté maternelle + 1 salle de repos 30m²

- salle de motricité/ espace polyvalent mutualisé 70m²

- wc élémentaire/ 1 wc pour deux salles de classe filles-garçons séparés) 6m²x2

- 1 salle travaux pratiques/ 1 salle expression plastique 9x9m 81m²

- administration total 91m² (on peut arrondir à 100m²)

bureau direction 18m²

bureau secrétariat 15m²

salle des profs (poste ordinateur, imprimante, ...) 30m²

salle de réunion 20m²

kitchenette 25m²

réserve/ stock (papier, matériel, ...) 9m²

local ménage 5m²

wc personnel 6m²

- préau 120m²

- cour de récréation sur le toit 300m²

- parvis entrée en relation avec le dedans (surface libre)

- circulations (surface libre)

- espaces extérieurs possibles en complément (libres)

 

références :

- Xavier de Geyter, Melopee school, Gent, Belgique

- Paul Rudolph, Yale School of Design, New Haven, Connecticut, USA

- Le Corbusier, Palais des Filateurs (Mill owners), Ahmedabad, Inde

- Aurelio Galfetti et Flora Ruchat, groupe scolaire, Riva San Vitale, Tessin, Suisse

- Henri Ciriani, Maison de la petite enfance, Torcy

 

 

 

CALENDRIER:

 

Le semestre sera organisé en fonction de quatre phases :

1. L’analyse et l’étude d’édifices remarquables, et d’œuvres d’art abstrait, constructiviste.

2. Le projet de la classe idéale, échelle 1 :50

3. La conception de l’espace commun intérieur, générateur de l’institution.

4. L’inscription du projet d’institution dans son quartier, entre voisins, avec le parc futur entre Seine et rue.

 

 

PHASE 1 : État de l’art, ANALYSE

Modernités multiples :

Choix d’édifices remarquables à analyser dans une confrontation à un contexte patrimonial :

-La Faculté d'architecture et d'urbanisme de l'université de São Paulo (Faculdade de Arquitetura e Urbanismo da Universidade de São Paulo, FAU), João Batista Vilanova Artigas archi., Brésil, 1960-69

 

L’ESPACE MAJEUR ET LA FIGURE GÉNÉRATRICE

L’objectif est de dégager, pour chaque équipe d’analyse, une idée projectuelle sur un aspect essentiel de l’édifice, et de la représenter à la fois en maquette de « Figure », à l’échelle 1/500è et d’espaces, éch.1/200è, éch. 1/50è.

Les thèmes d’analyse seront les mêmes que ceux du processus de projet : Espace, lumière, structure, parcours, site, programme. Pour cela, de nombreux dessins sont nécessaires.

 

PHASE 2 : L’ESPACE COMMUN INTÉRIEUR

Entrée

Parcours : lent / rapide

Hiérarchie des espaces : singuliers / répétitifs

Lumières

Gravité : structure, toucher du sol / suspension, lourd / léger

 

PHASE 3 : SITE DU PROJET : ANALYSE PAR LE PROJET

Fabrication de « la ville sur la ville », ou la ville dans la ville, ou La ville dans l’édifice.

PHASE 4 : L’ÉCOLE DANS SON QUARTIER, entre voisins, les 2 petites tours de l’Atelier de Montrouge (logements pour cadres EDF), le futur parc public entre notre site et la confluence Seine-Marne, le groupe scolaire Anne Sylvestre proche (300 m) , dont la construction s’est achevée en 2021 (Emmanuelle Colboc, architecte).

 

 

 

 

Les outils de la représentation (…de la pensée)

1- Le plan et la géométrie (acquis en première année). Dimensionnement, Trames, formes...

2- Les perspectives, axonométries, maquettes et (en cours d'acquisition). Espace et lumière, principes...

3- La coupe : elle est particulièrement adaptée pour la représentation des enjeux de cet exercice. Elle est un outil fondamental de la pensée du projet, elle ouvre le projet et en dévoile l'organisation intérieure et de fait, rend appréciable :

- La topologie [elle montre la relation des espaces entre eux; le rapport du bâti au sol ]

- La gravité [elle rend compréhensible les systèmes porteurs et les met en rapport avec les plans horizontaux]

- La vue et la lumière [elle dévoile la relation sensible entre l'intérieur et l'extérieur]

Travaux

Beaucoup de dessins, de manipulation de maquettes à diifférentes échelles.

Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE NON EXHAUSTIVE

Bruno Zevi, Apprendre à voir l'architecture, 1959

Francis Ching, Form, space, order, 1979 (nombreuses éditions depuis)

 

Le Corbusier, Vers une architecture, 1923 / Une maison, un palais, 1928

Louis Kahn, Silence et lumière, 1955

Vittorio Gregotti, Le territoire de l'architecture, 1966

Christian Norberg Shulz, Genius Loci - Paysage, ambiance, architecture, Mardaga 1997

Henri Ciriani, Vivre haut, 2012

 

Gaston Bachelard, la poétique de l'espace, 1957

Italo Calvino, Les Villes invisibles, 1972

Louis Borges, Le livre de sable, 1975

Paul Valery, Eupalinos ou l'Architecte, 1943

Et tant d'autres ...