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  • DE3 Experimental - Dispositifs - Fabrications - numériques
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Lucie Rumeau

ATLANTIS, le monde caché

2021

Paris - Montparnasse

Directeur(s) d'étude(s) : Catherine RANNOU, Vincent LAUREAU

Enseignants : Marc DILET

Une balade à travers le 14e arrondissement, à la découverte de l'architecture et du patrimoine du quartier. Sur la route, surgissent des éléments surprenant, du mobilier excluant, et ainsi se révèle l'hostilité de la ville envers ceux qui ne s'adaptent pas à la norme. Plus d'abris pour les sans abris ! Pour pouvoir rendre la ville accueillante il faut trouver une terre de refuge pour les exclus, les délaissés.
ATLANTIS, île immergée sous l'Atlantique, sans oublier le territoire des Amazones, isolé du reste de la ville. Un monde où l'accompagnement, l'accueil et les connexions sont permises. Un lieu où le temps et déformé, n'est pas compté, un lieu de sécurité. Un lieu où les êtres vivants vivent, guérissent et se développent. Un lieu où les déchets sont chéris et les oubliés apprennent à reprendre une forme dans la vie urbaine. Un mode de ville inclusif pour pouvoir rendre la ville accueillante.

Le refuge ne doit pas isoler des catégories de personnes, le refuge doit être mental, doit être sans condition, il doit être un espace de vie. Un sanctuaire. Sous l'atlantique, et sur le Montparnasse on trouve ce parking secret et central en même temps. Accessible depuis la gare, le jardin, depuis la rue, à pied, en fauteuil, en voiture, a un réel potentiel d'accueil. D'abord il peut accueillir les délaissés matériels, déchets des uns, trésors des autres, il peut donner une nouvelle dimension à la ressourcerie qui occupe temporairement un espace à la surface. Il peut aussi devenir un endroit de stockage et de revalorisation de matériaux, d'encombrants, de tout ceux que personne ne veut voir dans la rue. Chauffé par la gare, isolé par le jardin et ventilé par les trémies qui deviendront des patios, il a le potentiel de devenir un lieu d'habitation. Des logements standards, ou des habitats différents, qui tournent en fonction de la lumière et apportent confort et réconfort. Des habitations adaptées au personnes handicapées et aux animaux. Les logements sont dessinés en fonction de l'entrée de soleil direct par les trémies, de l'emprise de l'humain et de l'animal dans l'espace et ensuite des meubles nécessaires au confort. Enfin une enveloppe protectrice : des cloisons en bois isolées qui ne compromettent pas la ventilation du parking. Les logements peuvent être construits sur place avec des matériaux issus des encombrants, du bois donnés ou négocié avec la réserve des arts et des chantiers aux alentours, et des meubles trésors, trouvés et donnés. Ce chantier se fera sur place, sur une longue durée. A l'extérieur des logements, la vie publique : La ressourcerie, espace diurne accueillant du public, un lieu de vie sociale et d'économie circulaire. Elle a la qualité d'un espace tampon thérapeutique, le refuge protège de la dureté de la rue sans isoler de la vie urbaine. On sort de chez soi dans la ressourcerie puis dans la gare puis dans la rue là où se trouve la foule et cela peut être rassurant. Les syndromes traumatiques des sans-abris ne sont pas pris à la légère et l'Atlantide devrait prodiguer une aide à cet égard. Les logements sont mis à disposition le temps nécessaire à une réelle réinsertion, car les sans abris parfois, ont du mal à occuper un logement après des années dans la rue. Les solutions qui leurs sont proposées restent à court terme. Mon voisin qui vit à l'entrée du bâtiment des impôts part et revient régulièrement depuis un an, son état de santé et mental se détériore. Pour les personnes qui veulent éviter la gare la cohue urbaine, on propose de sortir par les issues de secours du parking pour accéder directement au Jardin de la surface et sortir par l'arrière , vers la gare Vaugirard. Là bas, la micro ville sous la dalle de Vaugirard accueille des personnes dans des tiny houses équipées sobrement de toilettes sèches et d'espaces communs hybrides et partagés. Les maisons mitoyennes forment une rue face à un hôtel, avec un jardin qui les sépare. Le seul trafic automobile permit est celui des taxis qui servent les usagers de la gare et les résidents. Les taxis de la gare Montparnasse ont aussi besoin d'espaces d'attente et d'abris. Les tiny houses représentent un accueil plus temporaire, d'une nuit à un mois, le confort e st limité mais le lieu est accueillant et permet de s'abriter de diverses manières. Ne pas s'exposer à la rue, passer une nuit sur un banc ou un canapé de la station de taxi ou passer dix jours dans un des chalets en bois. La rue enclavée permet de ramener l'activité de la gare Vaugirard tout en gardant sa qualité d'abri à s'approprier. Le toit de la dalle donne un point de vue sur les rails et la ville très particulier. Il est un espace public pour les marginaux, skateurs photographes.. Le tout est de ne pas exclure et d'avoir une ville où les personnes se rencontrent. Autant pour les sans abris que pour les personnes autistes et handicapées mentale, le mélange et les interactions sont nécessaires. Pouvoir participer à la mise en œuvre du projet et ensuite être actif pour lacommunautépermetaussil'inclusionetl'intégrationtoutendéveloppantl'autonomiedepersonnes avec des difficultés sociales. Ainsi des personnes comme Hugues pourront participer à la cuisine et l'élevage d'isolant en champignon. Sa mise en œuvre facile permet d'y intégrer des personnes à motricité réduite . Des ateliers de construction et de réparation permettront la pratique manuelle et participative. Tous les logements sont adaptés aux PMR mais les espaces de travail sont aussi adaptés à d'autres sortes de handicap et proposent des postes de travail éclairés avec une assise pour un accompagnateur. Des espaces organisés selon la lumière et des salles de repos, et accès au jardin. Les haut parleurs du parking peuvent diffuser de la musique. Dans les logements, l'espace nécessaire à un fauteuil roulant trouve son sens dans la volonté d'inclure des animaux de toutes tailles. Pour rester une journée dans un appartement un animal doit avoir un espace de confort, et un accès à de longs couloirs pour courir et à la promenade directement en surface. La présence des animaux devient alors centrale. Les personnes fragiles s'appuient sur eux et ils les protègent, les accompagnent et les soignent. Les lapins pour les troubles neurologiques et anxieux, les chiens pour plusieurs sortes de handicaps ,et tous les autres. Les animaux ont aussi besoin de refuges, les individus fragiles et délaissés, laissés dans la rue ou pire, ont besoin de soins et d'adoption. Alors la ressourcerie devient un espace de contact et de guérison. Et un refuge pour animaux y trouvera sa place logique pour permettre des contacts ponctuels entre des personnes fragiles et des animaux, et ainsi créer des possibilités d'adoption et de création de liens.