Domaines d'étude



1 – Alto :
La pratique théorique du projet est au centre de l'enseignement. L'expérimentation en est le maître-mot. Cette pratique se fonde sur une connaissance de l'habiter et des pratiques sociales qui lui sont liés. Elle cherche à produire des lieux ouverts, non seulement pour éviter la production d'objets isolés qui ne seraient issus que d'élans esthétiques, mais aussi pour apprendre à résister aux forces économiques avides de mobilité. Elle suppose des hypothèses, qui doivent être démontrées.

La signification du sigle : « Architecture - Laboratoire des Territoires Ouverts » veut pointer l’urgence de placer la recherche au cœur de l’élaboration, et donc au cœur de l’activité projectuelle, pour une architecture présente et pertinente, en recherche permanente.


2 – Ecologies :
Les écologies architecturales et urbaines qu’aborde le Domaine d’Etude cherchent de nouveaux processus, de nouveaux modes d’élaboration de la morphogénèse, de nouvelles esthétiques, de nouveaux territoires pour répondre aux grands questionnements de notre époque :
- comment construire durable ?
- et que recouvre, au cas par cas, le mot « durable » ?
- Comment édifier et habiter à moindre coût ?

Moindre coût écologique face à la raréfaction des ressources, moindre coût économique, face à la mondialisation, moindre coût environnemental, face aux fléaux des pollutions de toutes sortes, moindre coût social, face aux déséquilibres de la mondialisation ? Comment surtout, en ce qui nous concerne précisément, re-créer des formulations claires et transmissibles pour des théories du projet architectural et urbain contemporaines de notre temps et pour leurs enseignements ?


3 – Expérimental :
Dans ce domaine d'études, l'architecture serait donc prise comme à ses frontières, à ses limites, mais en considérant ces limites comme centrales, comme participant de l'indéfinition actuelle de l'architecture, comme matière de production, source d'implication concrète dans le réel.

L'architecture y sera parfois considérée comme une indiscipline (par rapport à ses propres règles, à ses propres théories, à toute recherche de "fondamentaux"), ce qui sera une manière de s'inscrire dans une histoire récente de l'architecture, dans son actualité, dans sa capacité à participer du contemporain.
Refusant toute thématisation univoque, "Expérimental" s’appuie sur l’hétérogénéité assumée des positions de ses acteurs pour susciter des confrontations et placer les étudiants dans une situation d’incertitude dynamique, toujours positive, pragmatique et réflexive.


4 – Faire :
Le faire artistique (Poiesis) et le savoir-faire (Teknè) sont au cœur du métier des architectes qui construisent, qui exercent la maîtrise d’œuvre. Le DE Faire place cette ambivalence propre à l'architecture et au métier d'architecte au cœur de son dispositif pédagogique.

Il ne la ferme pas dans un corps théorique, au contraire, il en fait le moteur de recherche. Faire entend former des architectes aptes à la conception et à la construction. Qu'ils sachent exprimer pleinement leur personnalité et leur vouloir à travers le projet d'architecture et surtout qu'ils sachent comment se fabrique un projet d'architecture aujourd'hui. Une telle ambition exige une ouverture totale à toutes les tendances et techniques architecturales. L'enseignement du projet exige une expérimentation exhaustive des possibles, des contextes comme des tendances architecturales.

Une grande variété de sujets, de sites, de contraintes formelles, typologiques, préparent les futurs architectes à un métier en constante quête de sens et qui ne cesse d'évoluer. Nous proposons un enseignement en atelier, dans un lieu de travail « professionnel », où le brassage des promotions d’étudiants crée l'émulation nécessaire à tout enseignement rigoureux et créatif.


5 – Territoires de l’architecture :
Le Domaine d’étude se propose de dépasser l'approche topologique pour cerner la nature des rapports entre le projet architectural et les spécificités des lieux.

Comment transformer ou fonder des organisations urbaines, des espaces publics et des architectures reliés à un territoire, à son histoire, à son climat, à sa lumière « leur incontournable substrat, leur espace physique, milieu des vivants » (F Choay) ?
Quelles formes de ville, d’espaces publics et de bâtiments pour "habiter" des lieux?
Comment développer une démarche écologique, articuler ressources du passé et expérience du présent, saisir les réseaux d'influences et de références, pour installer les nouveaux usages contemporains de la ville et des édifices?
L'internationalisation et la déshumanisation de l'architecture, la prolifération de constructions génériques, les fuites régionalistes, tous ces signes d'une interrogation légitime sur les rapports de l’architecture et du lieu, de son milieu, montrent à quel point la question semble cruciale et complexe.
Comment l’architecte aux XXème et XXIème siècles aborde-t-il cette complexité?
Quels sont les outils dont il dispose alors que tous les scénarios sont envisageables?


6 – Transformation :
Un domaine d’étude ouvert à la liberté de l’esprit. Sans frontière, l’architecture est un art universel ; contribuant à faire découvrir la continuité de la vie intellectuelle d’une société à travers le temps, tout en fondant la mémoire sociale et la culture d’un peuple.

Comme l’illustre le patrimoine. L’architecture ne représente pas seulement une culture et une civilisation, elle la construit à travers le temps. Et, «construire dans le construit» est une des grandes opportunités actuelles offerte à l’architecte pour repenser son propre métier : dans ses principes, dans sa culture, ou dans ses relations à d’autres professions et compétences.

C’est aussi une démarche imposée par la raréfaction du sol et des ressources disponibles. Si l’architecture produit continuellement des connaissances dans les domaines de la construction, de la ville, du paysage et de l’environnement, nous considérerons que ceux-ci permettent de comprendre et de résoudre les demandes de société, restées jusqu’alors sans solution.

Comme les méthodes et les instruments développés à l’occasion de cette activité de recherche donnent à la collectivité une capacité de transformation indispensable, pour répondre à l’évolution de la société et de la culture contemporaine.

ENSA Paris-Val de Seine
3/15, quai Panhard et Levassor
75013 Paris