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Les actes fondamentaux

Date de parution : 16/05/2019

#Workshop, International, Conférence, Enseignant

Richard Scoffier
Faculté d’architecture de l’Université Fédérale de Rio Grande do Sul,
PORTO ALEGRE
28 avril / 3 mai 2019

Richard Scoffier a été invité par Sergio Moacir Marques professeur à l’UFRGS pour présenter ses cours sur « Les actes fondamentaux » et organiser un séminaire et un workshop sur ce thème.

Les étudiants ont travaillé pendant une semaine sur trois actes fondamentaux : se laver, recevoir, dormir. Des actes qui déterminent des édifices autonomes - des thermes, des palais des congrès, des résidences universitaires - mais qui trouvent aussi leur expression architecturale dans les pièces de l’habitation : la salle de bain, le séjour, la chambre. Cette réflexion s’est déroulée en quatre temps : cours, séminaire, workshop et conférences.

COURS 
Les cours ont abordé trois des actes fondamentaux pratiqués quotidiennement par l’humanité : se laver, recevoir et dormir. Ils en retracent l’histoire et s’interrogent le sens de ces gestes que nous faisons tous les jours presque inconsciemment. Quant aux équipements dans lesquels ces actes peuvent librement se déployer, ils n’ont pas été abordés comme de simples contenants mais comme des mécanismes orthopédiques imposant à leurs utilisateurs des protocoles parfois très complexes.
1. Se laver. Plus que des questions d’hygiène tout ce qui concerne la toilette possède des fondement religieux et sociaux très profonds. Sous cet acte anodin et banal se cachent des rituels qui renvoient à l’intégration des individus dans la communauté.
2. Recevoir. Un acte qui demande de réfléchir sur la notion d’hospitalité notamment sur le sens du mot hôte qui désigne à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu pour définir un véritable projet politique en germe dans toute maison.
3. Dormir. Dormir n’est-ce pas mourir ? Toute chambre ne doit-elle pas aussi être appréhendée comme une chambre funéraire et comme une domestication de ce qui reste impossible à penser ?

SÉMINAIRE
Les participants ont analysé les différentes constructions abordées dans les cours. Ces édifices ont été appréhendés comme des dispositifs prothétiques poussant leurs occupants à accomplir des actions en permanentes redéfinitions : se laver, recevoir, dormir, mais aussi travailler, acheter, étudier, lire, voir, écouter, se rassembler, prier…

WORKSHOP
La vingtaine d’étudiants de deuxième et troisième cycle qui participait à cet enseignement a réalisé de grandes maquettes de maisons en carton, comportant trois pièces correspondant aux actes étudiés en cours et en séminaire : une salle de bain, un salon et une chambre. Ces espaces pouvaient être superposés et desservis par un escalier et/ou un élévateur, suspendus à des portiques ou à des mâts, fixés en porte-à-faux sur un noyau servant, clipsés sur un exosquelette ou simplement portés par des colonnes ou des pilotis. Les maisons n’avaient pas de contexte précis, simplement un terrain plat, planté d’arbres. Elles devaient cependant s'inscrire dans un parallélépipède virtuel de 8 m de long, de 6 m de large et 12 m de haut. La conception de ces habitations s’est effectuée exclusivement en maquettes. D’abord chaque participant a proposé plusieurs hypothèses au 1/100. Puis, après avoir choisi une idée, il l’a développée au 1/50 avant de passer au 1/20 pour le rendu final. Références : MASP de Lina Bo Bardi à Sao Paulo, Maison d’Angelo Bucci à Rio de Janeiro, Arbre blanc de Sou Fujimoto à Montpellier, Boutique Prada de Herzog et de Meuron à Tokyo, Maison à un mur de Christian Kerez, Maison Lemoine de Rem Koolhaas à Bordeaux, Maison de Paulo Mendes da Rocha à Sao Paulo, Maison suspendue de Paul Nelson, Maison de l'Iran de Claude Parent à la Cité Internationale Universitaire à Paris.

CONFÉRENCES 
La semaine s’est terminée sur deux conférences permettent d’entrevoir le réseaux des actes fondamentaux qui tissent nos existences et les dispositifs architecturaux qui les prescrivent.
1. Acheter. Les objets mis en scène dans les boutiques et les grands magasins attisent nos désirs et nous poussent à nous définir comme des sujets libres et souverains. Les espaces commerciaux peuvent ainsi être considérés comme des milieux clos où se fabriquent les individus isolés et responsables nécessaires au fonctionnement de la société contemporaine.
2. Travailler. Contrairement à l’usine d’hier, le bureau d’aujourd’hui n’est plus un lieu où s’effectue un travail pénible et utile, mais un espace de socialisation et de dressage.