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  • S7-P1 PROJET ARCHITECTURAL ET URBAIN

DE 1 : Ville apprenante (partiellement en anglais) - M. Weissmann et J. Mas

Semestre 7

Responsable(s) : Martine Weissmann, Jean Mas

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • E.C.T.S : 14
  • Coefficient : 6,00
  • Compensable : non
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : non
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Domaine d’étude A-LTO

 

VILLES EUROPEENNES : VILLES APPRENANTES

M1-S7 PROJET

 

Grille programme

Temps : étudiants : 170 h Effectif :

16 semaines Heures encadrées : 120 h – Heures – Total des heures : 290 h.

étudiants Heures pondérées : h –

 

 

enseignants : Jean Mas - Martine WEISSMANN

 

Intervenants extérieurs : Miquel Peiro, Bordas +Peiro urbanistes de la Zac Pleyel, Florian Luneau, urbaniste .

 

 

IMPORTANT/ LIEN VIDEO:

 

Afin de permettre à tous de disposer des explications orales sur ce semestre, nous avons réalisé une petite vidéo explicative en résumé de quelques minutes, que vous pouvez télécharger et visionner jusqu'au 22 septembre, avec le lien suivant:

 

- Vidéo présentation S7 : we.tl/t-OtvseTsw9s

 

 

Jour d'enseignement:

 

le mardi après-midi et le vendredi après-midi

 

 

 

ORIENTATIONS PRINCIPALES :

 

À l’échelle planétaire, les grandes villes européennes n’ont pas toutes le poids ou la puissance que confèrent une population de plus de dix millions d’habitants ou la présence des sièges sociaux des plus grandes entreprises internationales. Mais elles exercent une autre forme de suprématie sur la scène mondiale : sur des thèmes internationaux importants tels que la production culturelle, la santé publique, le savoir, l’enseignement ou encore le développement durable, les villes d’Europe arrivent en tête. Appuyons-nous sur ces atouts majeurs de la ville européenne pour réfléchir ensemble à ce que pourrait être la ville européenne de demain avec encore plus de qualités, développées de façon plus juste dans certains de leurs territoires encore déshérités au plan des chances d’accès à de nouveaux types de « campus » d’excellence auxquels leur population peut légitimement aspirer.

 

Nous allons cette année travailler sur la ville apprenante, tel que définie par l’UNESCO, c’est-à-dire une ville qui favorise dans une plus grande proximité territoriale et dans une grande mixité de types urbains l’apprentissage des savoirs et des savoir-faire, de manière formelle et informelle, tout au long de la vie, que ce soit dans le cadre institutionnel, école, collège, lycée, université, ou hors cadre institutionnel, fab-lab, maker-lab, tiers-lieu, espaces publics.

 

Né au début des années 1990, le concept de ville apprenante (knowledge city) s’inscrit dans la mouvance de la nouvelle économie du savoir et de la rapidité des changements technologiques et scientifiques.Ce concept recouvre donc tout autant les dimensions sociale, culturelle et économique que civique, tant à l’échelle locale, municipale qu’internationale.

 

Une ville apprenante et de savoir, c’est une ville :

« Branchée sur ses citoyens et ses citoyennes.

Branchée sur l’apprentissage, la recherche, la créativité et l’innovation Branchée sur les nouvelles technologies de l’information et des communications Branchée sur les forces vives de son milieu

Branchée sur ses régions environnantes,

Branchée sur le monde

Branchée sur le XXI e siècle »1

 

 

De nos jours, l’université n’est plus seulement une « école » inscrite dans les limites d’un enclos « privatif » distinct de l’espace public des villes, elle doit générer l’avènement d’une ville apprenante fondée sur un nouveau modèle de ville-campus. De grands sites tels que Paris Saclay, Campus Descartes, Campus Condorcet, forment aujourd’hui des polarités concentrant savoirs universitaires, entreprises innovantes, et habitat. Ces clusters innovants transforment des morceaux entiers de villes et cherchent à impulser de nouvelles innovations.

Comment ce modèle qui lie différents domaines, tel que l’enseignement, les entreprises, la production culturelle, la recherche, inspire-t-il les villes et ses lieux ? Quels ponts existe-t-il entre le Campus et la Ville ?

 

 

« Les premiers modèles de campus, au sens de lieux d’apprentissage et de mixité fonctionnelle, apparaissent en France dès le Moyen-Âge. Au sein de l’Université de Paris, laquelle était à l’époque réservée aux étudiants masculins, le théologien Robert De Sorbon fonde en 1254 le collège de la Sorbonne. Ce dernier n’est pas seulement créé pour transmettre les savoirs théologiques, mais également pour loger celles et ceux qui n’en ont pas les moyens. Un établissement qui melait déjà l’université à l’habitat en plein centre de Paris. »2

 

CONTENU ET SUJET:

 

La crise que nous sommes en train de vivre, est l’occasion d’imaginer de nouvelles architectures en phase avec les méthodes actuelles d’apprentissage et les aspirations de tous les acteurs liés à l’enseignement. Il s’agit de faire tomber les murs de nos institutions éducatives pour imaginer celles de 2030.

 

Nous proposons une démarche où le projet architectural est l'élément moteur du renouvellement urbain. Il doit alors être à la fois fédérateur pour le site d’accueil, radical dans le rapport enveloppe/ volume, généreux dans les espaces qu’ils offrent et cependant fondé sur une économie de moyens.

 

Cette année la pandémie ne nous permet pas de choisir un site hors de France donc en lieu et place d’un dépaysement géographique, nous vous proposons d’élaborer ensemble un projet HORS CADRE sur 3 critères.

 

1/ IMAGINER de nouvelles architectures pour des pédagogies d’avant-garde.

Nous vous proposons de réinterroger des programmes de Ville /Campus pour apprendre et enseigner demain qui regroupe des ambitions environnementales fortes afin de rendre la ville plus désirable.

 

« Sortir du confinement doit être l’occasion de sortir de la classe, mais aussi de transformer profondément l’école et l’université de demain pour les rendre plus résiliente. Développons le modèle de l’école en plein air, ensauvageons les espaces extérieurs pour réduire l’effet des canicules et favoriser l’épanouissement des élèves. Il est urgent de réfléchir au sens que nous donnons à l’éducation devant les crises annoncées, qui nous ont saisis pour le moment dans une impréparation extrême. Les élèves et les étudiants doivent recevoir une formation plus adaptée à l’époque que nous vivons. Réclamons des mesures pour rendre les lieux d’enseignement plus respectueux de leur environnement et plus ouverts sur la nature, parce que les élèves sont aussi des enfants et des jeunes adultes, qui ont besoin d’être en contact avec le vivant, de s’émerveiller pour grandir et préparer le monde à venir. Transformons l’école pour qu’elle ne mette pas en danger leur développement physique et cognitif. »5

 

2/ PROPOSER des lieux d’enseignement à forte intensité et ouverts sur la ville

Le défi est de taille. Dans un monde qui se transforme à la vitesse grand V, où les certitudes ont été remplacées par des remises en cause permanente, nous devons plébisciter les solutions innovantes autant que les expériences audacieuses. Avoir une vision de la ville qui ne s'appuie pas sur la croissance mais sur une économie de recyclage et de requalification interne, engagée dans un processus continu.

 

C’est une prise de position pour une architecture responsable, une architecture à la discrétion de la ville. C’est aussi l’affirmation de la densité comme composante majeure de la ville. Une densité maîtrisée, positive, capable de procurer de l’intensité de la vie publique. Une densité pondérée par la perméabilité des édifices et par la recherche d’une symbiose avec le végétal, sous toutes ses formes.

 

« Chaque campus est une richesse qui ne demande qu’à̀ être révélée et sans cesse complétée par d’autres. La ville se forme au cours de l’histoire par sédimentation: ainsi s’enrichit en permanence un territoire auquel chaque époque apporte sa part. viendra-t-on un jour du monde entier visiter les campus français devenus pour certains les Central Park de leur ville, des lieux de rencontre et d’échange, de partage des savoirs, mêlant la plus grande fluidité́ des déplacements et le plaisir du séjour entre ville et nature, où des quartiers grouillants d’activités côtoieront les lieux d’enseignement et les hôtels de chercheurs, les bibliothèques et les restaurants, les lieux d’apprentissages et les lieux d’exposition? L’enseignement supérieur et la recherche de notre pays permettent de le rêver »

 

3/ METTRE EN PLACE des ambitions environnementales fortes.

Au-delà des qualités de mise en œuvre écosystémiques du projet architectural lui-même, qui posera notamment comme hypothèses une économie de moyens développée au plan théorique, ainsi qu’une proximité immédiate (moins de 10mn à pied et/ou à proximité immédiate d’une gare du grand Paris) de lieux d’enseignement repensés dans une forte mixité avec le territoire proche de l’habitat qu’ils servent, le projet urbain posera également les bases d’une réflexion sur une nouvelle place du paysage dans la ville dense, qui dépassera la question purement végétale pour approcher les concepts plus vastes de « paysage urbain » ou encore de « grand parc urbain ».

Le paysage devient en effet aujourd’hui une valeur transdisciplinaire, qui fédère et sur laquelle il faut nous appuyer pour construire une nouvelle pensée et relever les défis contemporains.

 

« Sir Geoffrey Jellicoe, architecte et paysagiste, avait prédit que le XXe siècle verrait l’avènement du paysage comme le creuset de tous les arts ; il y voyait « une force organisationnelle de l’esprit humain ». Cette prédiction, en partie réalisée, nous incite à̀ pousser plus avant la réflexion en ce sens, et elle bénéficie aujourd’hui d’un large consensus. Une nouvelle utopie urbaine est possible. Cela implique l’idée de cultiver toute la complexité́ d’un territoire pour stimuler notre créativité́. » 4

 

SITE / PROJET

 

La ZAC Pleyel se situe au Sud-Ouest de la commune de Saint-Denis, sur un territoire encore historiquement déshérité au début de ce siècle, mais aujourd’hui en plein essor grâce aux nombreux projets portés par les acteurs publics ainsi que les volontés politiques de transformer la Plaine, et portés aussi par la dynamique des aménagements des Jeux Olympiques de 2024 qui va encore profondément transformer ce territoire dans les années qui viennent.

La situation géographique de la ZAC est donc primordiale. Elle a une position charnière mais se trouve enclavée entre la ZAC du Landy et les voies ferrées à l’Est et le futur Village Olympique à l’Ouest. Au Nord, la ZAC est limitée par l’échangeur de l’autoroute A86 et au Sud par la voie ferrée industrielle qui mène aux docks de Saint-Ouen.

Son désenclavement, qui est l’un des ressorts du projet, permettra de relier les différents territoires et particulièrement l’axe Est/Ouest qui relie le futur village olympique avec le quartier Landy Pleyel situé de l’autre côté, à l’est du vaste faisceau des voies ferrées. La nouvelle gare de Kengo Kuma, située au cœur de ce dispositif, crée le point d’intensité nécessaire au renouvellement de ce quartier.

 

Nous vous proposons d’investir cet axe depuis la gare jusqu’au quartier Landy-Pleyel et de réaliser un ou des édifices, d’imaginer des architectures au-dessus au-dessus des voies, dans un principe d’économie du sol naturel de la ville et de « réparation » du lien est-ouest entre des territoires historiquement séparés par les voies ferrées infranchissables.

Il s’agira d’un bâtiment hybride, contextualisé, qui articulera à proximité immédiate de la nouvelle gare un habitat spécifique avec des lieux de production, de recherche, de partage et d’enseignement.

 

Cet hyperbuilding devra relier des tissus urbains chaotiques et permettre des pratiques innovantes afin d’articuler différents domaines : un premier prototype de la ville apprenante.

 

METHODES

:

Une première étape consistera à mettre en lien des programmes pédagogiques avec la morphogenèse des lieux qui les accueillent en France comme à l’étranger. Vous allez créer votre propre ABECEDAIRE à partir de l’étude de différents campus, afin de comprendre, par la comparaison de cas différents, ce qui va nous permettre de changer notre rapport à l’enseignement. Cette introduction se déroulera sous la forme d’un séminaire, où étudiants, enseignants et intervenants extérieurs enrichiront le débat. Ce travail sera formalisé par une publication.

 

Puis, chaque étudiant déterminera lui-même ses hypothèses d’intervention au sein du territoire commun exploré ici, et le programme détaillé qui lui semble le plus adéquat pour développer son projet.

 

 

 

 

Notes :

1/ ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/SOMMET_FR/MEDIA/DOCUMENTS/Ville_apprenante.pdf

 

2/ www.demainlaville.com/est-ce-que-le-modele-campus-inspire-la-ville/

3/ www.lemonde.fr/smart-cities/article/2020/06/26/les-sept-piliers-de-la-sagesse-urbaine-dans-le-monde-d-apres_6044285_4811534.html

 

4/ « vers de nouveaux campus » © Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Paris, janvier 2013. 5/ « Pour une école plus résiliente face aux risques sanitaires et environnementaux » Tribune, Le Monde,29/06/2020

 

tablissement qui mêlait déjà l’université à l’habitat en plein centre de Paris. »2

Contenu

CONTENU ET SUJET

 

 

OGANISATION DES SEANCES

 

Le travail en groupe est favorisé

Jour(s) de la semaine et horaire : à caler avec l’emploi du temps du 1ème semestre.

Salle(s) : en attente

Modes pédagogiques : visites, cours, exposés des étudiants et analyses, corrections collective et individuelle.

Contrôle continu 30% - Contrôle terminal 50%

Travaux

Méthodes de travail : le projet comme lieu d’articulation

 

Renforcer les méthodes de projet, développer la capacité critique et encourager l’autonomie sont les objectifs de ce semestre.

Nous souhaitons réfléchir au projet architectural non pas comme une solution, une résolution formelle, mais comme le lieu d’articulation de nombreuses questions fondées sur une hypothèse.

 

Le semestre s’organise autour d’un projet long qui encourage le travail de recherche et d’analyse critique pour nourrir le projet. Des investigations parallèles seront menées à partir d’exercices courts sur la culture du projet notamment.

 

 

 

 

 

Evaluation

 

- Présentation de l’avancement du travail hebdomadaire. Prise en compte de l’implication dans chaque séance de débat critique.

 

- Deux rendus intermédiaires avec membres du groupement.

 

- Un rendu final avec membres du groupement et personnalités extérieurs.

Bibliographie

Bibliographie

 

 

 

 

KOOLHAAS, Rem, Délirious New York, Rotterdam, Ed. 010 Publishers, 1994, 317p. Réédition en Français en 2002 chez Parenthèse.

 

KOOLHAAS, Rem et MAU, Bruce, S, M, L, XL, New York, éd. Monacelli, 1995, 1344p. MAURY, Gilles, Le Masque de Méduse, Narration, programme et utopie dans l’oeuvre de John

 

 

 

 

 

UNGERS, Oswald Mathias, KOOLHAAS, Rem, La ville dans la ville, Berlin un archipel vert, Lars Muller Publishers, 2013, 175p.

 

MARTIN STEINMANN, FORME FORTE ECRITS/SCHRIFTEN 1972-2002, Birkhauser publishers

 

THOMAS SIEVERTS, ENTRE-VILLE, une lecture de la Zwischentstadt, editions parentheses.

 

 

 

 

 

ET ENCORE:

 

 

 

A. Picon et J.P. Robert : Un atlas parisien ,1999. Paris. Editions Picard.

 

F. Choay. Le règne de l’urbain et la mort de la ville. Editions du Centre Georges Pompidou.

 

B. Fortier : La Métropole Imaginaire. Un atlas de Paris, 1989. IFA. P. Mardaga.

 

C. Lévi-Strauss. La pensée sauvage. 1962 Librairie Plon.

 

O. Mongin. La condition urbaine. Editions du Seuil.

 

E. Hazan. L'invention de Paris. Editions du Seuil.

 

J. Gracq. La forme d'une ville. Editions José Corti.

 

M. Augé. Où est passé l'avenir? Editions du Panama.

 

Villes et civilisations urbaines XVIIIè-XXè siècles, textes essentiels sous la direction de Michel Roncayolo et Thierry Paquot, Larousse 1992

 

Density, A+T édiciones 2004 et suivants

 

La ville franchisée, David Mangin, Editions de la Villette, Paris 2004

 

Formes urbaines, de l’îlot à la barre, P. Panerai, J. Castex, S.C. Depaule, éditions Parenthèses

 

Des villes pour une petite planète, Roger Richard, éditions Paris Le Moniteur

 

A compléter…