Retour

  • S9-P3 PROJET ARCHITECTURAL ET URBAIN

DE 2 : Métabolismes urbains - X. Lagurgue, Sonia Cortesse, M. Bouchier et A. Maufay

Semestre 9

Responsable(s) : Xavier Lagurgue

Enseignant(s) : Antoine Maufay, Pierre Léger, Sonia Cortesse, Martine Bouchier

  • Année : 5
  • Semestre : 9
  • E.C.T.S : 14
  • Coefficient : 5,00
  • Compensable : non
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : non
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D’ARCHITECTURE

PARIS-VAL DE SEINE

FICHE PROGRAMME 2017-2018

 

Projet d’architecture urbaine de S9

Domaine d’étude n°2 : Ecologies

 

Titre de l’enseignement: « Métabolismes urbains », la Seine, de Paris au Havre

 

Enseignants projet :

Martine Bouchier,

Sonia Cortesse,

Xavier Lagurgue

Pierre Léger

Antoine Maufay

Suivi des mentions « recherche » : Professeur HDR Martine Bouchier

 

Partenariat avec Paris X : master « Aménagement, urbanisme et études urbaines » co habilité avec l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris Val de Seine (ENSAPVS).

Les étudiants en master d’urbanisme sont conviés à participer à la phase d’analyse et de programmation des projets du studio proposés par les étudiants en architecture. Chacun découvre les méthodes de l’autre, les savoirs communs, les compétences spécifiques.

Orientations principales

En tant que telle, la ville ne peut être considérée comme un organisme vivant au même titre qu’un récif de corail ou qu’une forêt de houx. Dès les années 1980, le Neuro biologiste Henri Laborit, promoteur de la pensée complexe, avait tenté l’analogie entre la complexité organisationnelle du vivant et celle des systèmes que la ville abrite. Indémontrable, l’idée ne fut pas suivie et les promoteurs de la pensée complexe s’en détachèrent. Mais la tentation de l’analogie entre le fonctionnement du cerveau et celui de la ville est vivace et est aujourd’hui reprise par Lionel Naccache, neurologue à la Pitié Salpétrière. L’un des plus brillants théoriciens de la ville, Alberto Secchi (Secchi, 2011) avance quant à lui, que cette comparaison du tissu urbain avec le corps humain et plus largement, cette tentative d’analogie avec le vivant, relève en fait d’une figure traditionnelle de l’histoire de l’urbanisme. Or cette histoire, qui connut un point d’orgue avec les métabolistes japonais des années 60 et dont kenzo Tange fut une des plus éminents représentants, est désormais convoquée par l’échelle des flux métropolitains et la nécessité d’un développement soutenable. Le milieu bâti artificiel est aujourd’hui considéré avec ses populations d’animaux et de végétaux, naturellement commensaux, ou volontairement introduits, qui viennent y construire des complexités vivantes autres qu’humaines, participant au jardin planétaire du paysagiste Gilles Clément. A mi-chemin entre les milieux aqueux et lithiques, le monde urbain est traversé de flux de matières et de multiples échanges énergétiques qui configurent d’incessantes mutations. Leurs rythmes et leurs temporalités désormais accélérées (Rosa, 2010), tout autant que leurs matérialités sont déterminants et entrainent Ecologie et Urbanisme dans un rapprochement historique.

Dans ce studio, l’écologie urbaine est ainsi envisagée comme discipline d’analyse et méthode de pensée. Elle considère les ordres de grandeur des quantités mises en jeux dans les métabolismes observés. Les flux d’énergie, de données, d’eau, de matières, de populations, d’argent, constituent des critères mesurables et donnent lieu à la détermination d’indicateurs de changement. Parallèlement à cette technicité, l’architecte travaille à l’appréhension sensible des situations, à la caractérisation des ambiances et des paysages, à la compréhension des appartenances culturelles.

A l’échelle de la ville et du territoire cette dualité typique entre l’objectif et le subjectif fonde le travail et la légitimité de l’architecte-urbaniste. Elle conditionne l’émergence d’une pensée sociale et écologique de l’espace en devenir et mettant en regard la performance et l’aménité, le sensible et le quantifiable, l’esthétique et l’utile.

Contenu

Contenus

La Seine de Paris au Havre

Dans ce projet de S9 2017, nous proposons un territoire d’étude commun constitué par la vallée de la Seine considérée de Paris au Havre. Les étudiants, seuls ou en groupe choisiront des sites d’étude qui auront en commun de se situer au fil de l’eau. L’ensemble des travaux du groupe participera à la fabrication d’une vision réinventée du fleuve.

La phase d’analyse s’appuiera sur le colloque « FABRICATION D’UN TERRITOIRE ESTHETIQUE, la Seine de Paris au Havre » qui sera organisé par Martine Bouchier dans le cadre du séminaire doctoral TEREST du laboratoire CRH-LAVUE le 25 octobre 2017 à l’école. La problématique du séminaire s’énonce comme suit :

« Le maillage relationnel entre les différentes parties prenantes et acteurs qui agissent sur ce territoire (institutionnel, politique, associatif ou individuel) et la géographie de la Seine de Paris au Havre, définit tout autant les données sensibles que la culture produite par la transformation esthétique de ce territoire. Construire le territoire esthétique de la Seine aujourd’hui passe donc par quatre idées : celle du maillage culturel et patrimonial, celle du rôle des représentations, des récits, des imaginaires, celle du paysage en train de se construire par les actions en cours qui révèlent la présence du fleuve et enfin celle de son appropriation physique et visuelle qui réinstalle des relations directes et poétiques à l’eau.

La Seine pourrait-elle être considérée comme le monument éco-esthétique des territoires qu’elle traverse ? »

Dans ce contexte, le double regard porté par le studio sur les métabolismes urbains, analytique et quantitatif et mais aussi, sensible et esthétique aura pour objet d’aboutir à des propositions de projets urbains et (ou) architecturaux qui pourront prendre les formes les plus diverses en fonction des enjeux locaux mis au jour

Travaux

Les étudiants pourront travailler seuls ou en groupes, et ce, dès les phases d’analyse et de programmation.

 

C’est l’ensemble des situations, des échelles et des cultures, qui créera la richesse pédagogique du studio. Les séances collectives viendront, par la diversité des cas, enrichir les travaux individuels.

 

Les apports thématiques effectués par les enseignants alterneront avec le passage en revue des productions hebdomadaires. Ces productions feront l’objet d’une définition précise, équipe par équipe, cas par cas.

 

L’étude du projet de S9 consistera premièrement à mener une analyse urbaine des métabolismes sociaux, économiques, environnementaux à l’œuvre sur les sites choisis.

 

Cette phase d’analyse débouchera sur une programmation très libre mais soucieuse de qualités urbaine, sociale et environnementale.

 

L’élaboration du projet urbain qui découlera de ces deux premières phases d’analyse et de programmation mettra l’accent sur l’apprentissage d’outils de conception et de représentation adaptés aux exigences mis à jour.

 

Dans la perspective de son PFE, chaque étudiant pourra développer durant le semestre 10 un projet architectural qui s’inscrira dans l’un des projets urbain ainsi développé.

Bibliographie

Bibliographie (extrait)

 

BARLES, Sabine. « Comprendre et maîtriser le métabolisme urbain et l’empreinte environnementale des villes ». RESPONSABILITÉ et ENVIRONNEMENT- Annale des Mines- Paris, no 52 (octobre 2008).

BOUCHIER Martine et Chomarat-Ruiz Catherine (sous la direction de). Nature urbaine en projets, Paris, ed. Archibboks et Sautereau, collection crossborders, 2014.

CLERGEAU Philippe et Blanc Nathalie (sous la direction de). Trames vertes urbaines. De la recherche scientifique au projet urbain. Paris, ed. du Moniteur, 2013.

COUTARD Olivier et LEVY Jean Pierre (sous la direction de), Ecologies urbaines, Paris, ed. Economica, Anthropos, 2010.

CYRULNIC Boris. L’ensorcellement du monde. Paris : Ed. Odile Jacob, 2001. 304p.

D'ARENZIO, Roberto. Métabolismes urbains: de l’hygiénisme à la ville durable : Naples : 1884-2014, 2017.

DESCOLA Philippe. Par-delà nature et culture. Paris, éd. Gallimard, 2007.

ELOI Laurent. Social-écologie. Paris, ed. Flammarion, 2010

GAUSA Manuel, GUALLART Vicente, MULLER Willy. HICAT: Hipercatalunya Research Territories. Barcelona, éd. Actar, 2004.

HAËNTJENS jean, La ville frugale, Limoges, édition : Fyp, 2011

Leloup Michèle, Bertone Marion. Le Grand Paris, les coulisses de la consultation. Paris , ed. Archibooks, 2009

MARTY VIVIEN, LEPART, LARRERE. ARNOULD P. Biodiversité, quelle histoire ? « Les biodiversités, objets, théories, pratiques ». Paris, CNRS éditions, 2005

PAQUOT Thierry. les faiseurs de villes. Paris, ed. infolio, collection Archigraphy Poche, 2010.

ROGERS Richard, GUMUCHDJIAN Philip. Des villes pour une petite planète. Paris, ed. Le Moniteur 2000.

ROSA Hartmut .Accélération, une critique sociale du temps. Paris, éd. La découverte, 2010.

VAQUIN Jean-Baptiste. Ouvrage collectif sous la direction de Jean-Baptiste Vaquin, APUR. « Atlas de la nature à Paris ». Paris, édition Le passage, Paris New York, 2006, 283 p.

Informations annexes

Annexe au diplôme (Français)

Le studio « métabolismes urbains » traite d’écologie. L’architecte y aborde les milieux construits par l’étude objective des phénomènes observables. Parallèlement, il travaille à l’appréhension sensible des situations urbaines. Le projet urbain et sa programmation naissent sous l’effet de la tension produite par la mise en relation de ces deux approches.

Annexe au diplôme (Anglais)

The 'urban metabolism' studio deals with ecology. The architect will address the built environment by objective studies of observable phenomena. Meanwhile, he worked at the sensitive apprehension of urban situations. The development project and its programming are born under the frictions produced by the linking of these two approaches.