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  • S8-S2 PREPARATION A LA RECHERCHE

DE 1 : Ordre ouvert et densité : penser la métropole

Semestre 8

Responsable(s) : Emmanuelle Sarrazin

Enseignant(s) : Simon Rodriguez-Pages, Thomas Heuzé

  • Année : 4
  • Semestre : 8
  • E.C.T.S : 7
  • Coefficient : 8,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Titre du séminaire :

CONSTRUIRE LES MÉTROPOLES : ORDRE OUVERT ET DENSITÉ

 

Objectifs pédagogiques:

Ce séminaire offre aux étudiants la possibilité d’approfondir au plan théorique et analytique des questions architecturales et urbaines qui se posent dans leur pratique de projet et, plus largement, dans celui de la production du cadre bâti contemporain. Ce séminaire est, par conséquent, un lieu d’échanges et de discussions fondé sur les interventions des enseignants et les travaux des étudiants. Ces modalités ont pour objectif de permettre aux étudiants de mettre en évidence des questions qui pourront être développé ultérieurement dans le mémoire de Master. C’est la construction de l’esprit analytique et critique de l’étudiant qui est à l’œuvre dans cet enseignement par l’expérimentation de concepts, la pratique de méthodes d’analyses et d’outils de la représentation.

Contenu

Problématiques et contenus du séminaire :

 

 

Penser la métropole : C’est se souvenir qu’« en ancrant la collectivité dans le territoire, comme nous dit Aldo Rossi, la civilisation a inventé ses deux plus beaux concepts : Dieu et la Ville. A savoir l’idéal absolu et la recherche de son expression terrestre : « la chose humaine par excellence»(1). C’est avoir présent à l’esprit les questions fondamentales de l’époque que nous révèlent des anthropologues ou architectes : la prise de conscience de notre fragilité par rapport à la nature, la fragilité de notre culture, que la sensibilité écologique a révélée et la révolution numérique qui induit un nouveau rapport au temps et un nouveau rapport entre les individus (2). C’est comprendre que la ville est le corrélât de la route(3), que le centre n’est plus en mesure de jouer son rôle traditionnel et que l’ex-périphérie est devenue la « ville » elle-même, que les villes sont en compétition les unes avec les autres, qu’elles sont coextensives aux territoires nés de logiques partielles et concurrentes, densifiées selon des critères économiques, techniques et fiscaux. Et, que le territoire n’est plus pensé en termes de surfaces mais de points terminaux.C’est prendre la mesure du discontinu et de l’hétérogène qui rendent les concepts d’harmonie périmée(4).

 

Une fois ces questions reconnues : « Comment dépasser les propositions d’aménagement qui tiennent davantage : de la posture cynique (sublimer le chaos), du conformisme (prolonger les modèles urbains des XVIII et XIX) ou du fantasme (invoquer la nature salvatrice) ?» dont parle David Mangin(5). Des énoncés théoriques tels que ceux de Jacques Lucan(6) peuvent-ils nous venir en aide ? : « Faut-il penser la régularité en observant méticuleusement des notions de hiérarchie ? Faut-il penser l’irrégularité à la recherche de formes d’équilibre ? Faut-il penser la neutralité et faire place au sans fin ? Faut-il penser l’interdépendance et se pencher sur la texture, sur l’organicité des choses ? »

 

Quelles questions de méthodes retenir : Si « Le collage, la théorie des fractales en physique, le cinéma, est aujourd’hui fréquemment invoqué pour décrire l’urbanisation supposée incontrôlée, générique et donc « indescriptible » par la cartographie et l’analyse spatiale. (…) Lorsqu’il s’agit de travailler in situ, il devient difficile de s’abstraire des dynamiques foncières et financières qui produisent (la ville). » Il faut alors dit David Mangin(7) « des outils disciplinaires spécifiques pour mesurer. »

 

Notre séminaire cherche à apporter des éléments de réponses à toutes ces questions notamment en testant les outils de l’analyse urbaine apparus en Italie, en Espagne et en France (Tracés voieries, découpages, règles d’édification, rapports public/privé) sans oublier les approches anglo-saxonne.

 

(1) Aldo ROSSI in L’architecture de la ville.

(2) Philippe MADEC in Exit.

(3) Gilles DELEUZE in Mille plateaux.

(4) André CORBOZ in Sortons enfin du labyrinthe – « Le pendule de profil- Comment

penser la mutation » pp. 51-61

(5) David MANGIN in La ville franchisée.

(6) Jacques LUCAN in Composition non composition.

(7) David MANGIN in opus cité

Travaux

Sujets d’étude :

 

Les sujets d’études qui portent sur l’analyse des modèles établis par les architectes et les urbanistes associés au mouvement moderne qui ont cherché à « éclater » le modèle de la ville historique fermée sur elle-même pour développer des espaces fluides et ouverts contenant une intériorité propre. Nous nous intéresserons à ceux qui ont tenté d’inscrire leur action en cohérence avec le site et en liaison avec la ville en privilégiant les espaces conjointement « ouverts et fermés ». Comme en soixante ans d’expérimentations plus ou moins réussies, les enjeux urbains ont changé d’échelle (global / local) et de nature. Il ne s’agit plus de construire ex-nihilo, de concevoir des villes nouvelles ou même des « pièces urbaines » savantes à connecter au reste de l’agglomération mais plutôt de chercher à transformer l’existant pour qu’il constitue le cadre physique et spatial du « vivre ensemble » dans un environnement composé par collage d’entités autonomes. Cette perspective remet au centre des réflexions conceptuelles, les questions posées hier : comment agréger, agglomérer, recomposer, assembler… Comment éviter que le territoire métropolitain ne soit qu’une juxtaposition fragmentée d’époques, de programmes et d’échelles reliées entre eux par des réseaux sans caractères ?

 

Les sujets seront constitués par l’expérimentation et l’analyse du territoire immédiatement perceptible. Nous avons choisi de réaliser ce travail à partir d’une double entrée, d’une part la métropole parisienne en utilisant la dernière consultation sur le Grand Paris qui met en évidence les principales caractéristiques de cette forme architecturales et urbaines grâce aux propositions des architectes. Dans cette approche comparative, le concept de « fait urbain de métropolisation » nous permettra d’établir des liens entre les deux échelles d’urbanisation mais aussi avec les « figures » de certains projets.

 

 

Modalités et Méthodes de travail :

 

 

D’un côté, les enseignants apportent aux étudiants à travers des conférences hebdomadaires d’une heure, une heure et demie tous les fondements historiques, théoriques et analytiques liés à l’objet et au sujet d’étude du séminaire. Ces conférences permettent d’éclairer les recherches en cours des étudiants par l’acquisition de connaissances approfondies sur ces questions et thèmes qui se rapportent à la problématique.Dans un second temps, les étudiants exposent leurs travaux au groupe pour établir des échanges et partager les connaissances dans un rapport discursif.

 

De l’autre, les étudiants réaliseront un travail d’analyse sur des terrains en inscrivant leurs recherches dans la problématique générale du séminaire et en s’appuyant sur les méthodes d’analyses proposées qui convoquent les outils de la représentation architecturale et urbaine. Autrement dit, les étudiants apportent des connaissances sur le sujet du séminaire. Le but de cette approche méthodologique est de permettre à l’étudiant d’établir des rapports construits entre la réalité immédiatement perceptible, les éléments de théorie et leur travail de projet.