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  • S7-S1 PREPARATION A LA RECHERCHE

DE 3 : Territoires sensibles

Semestre 7

Responsable(s) : Emmanuelle Bouyer

Enseignant(s) : Dominique Cornaert, Catherine Rannou

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • E.C.T.S : 7
  • Coefficient : 8,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Mots clés: Art contemporain, expérimentation, immersion, sensations, fabrication, architecture, critique.



 

 

(…)Les peintures blanches étaient des aéroports sur lesquels

se posainent les lumières, les ombres et les particules.(…)

 

John Cage, 'on Raushenberg, Artist, and his work',

Metro, internationl magazine of contemporary arts. Revue internationale de l'art contemporain. 

Rivista internazionale dell'arte contemporanea(Milan) N°2, 1961, p43 (extrait traduit par Jean-François Allain.)

 

 

Le postulat de ce séminaire pose l'hypothèse qu'une sensation qui ne serait pas expérimentée ne pourrait être mise en œuvre.

 

En ce sens, la physicalité même de l'expérience ne peut pas se comparer à l'intellectualisation de ce que pourrait être cette expérience. Si notre culture hypermédia nous ouvre les portes de l'infini de la référence, c'est bien au travers de notre corps et la lenteur de ses appréhensions que se construit notre mémoire émotionnelle et sensible, c'est à dire ce qui peut être remobilisé à l'occasion du projet.

 


Le séminaire Territoires Sensibles souhaite interroger  :

 

la physicalité des situations (architecture, ville, paysage),

 

les moyens d'en transcrire les caractéristiques à partir de sa propre expérience

 

et les possibilités de leurs reconfiguration ex situ ou in situ.


 

Ce séminaire propose à l'étudiant une approche expérimentale en abordant les thèmes

-de la matérialité des espaces, de leurs enchaînements, de leurs échelles, de leurs limites,

-de la qualité des ambiances de la lumière, du son, des climats

-de la culture architecturale, de la culture artistique

d'après des critères avant tout sensibles. 


 

On proposera d’aborder les questions de perception et de représentation du réel et de son apparition dans un contexte particulier, voire extrême, une hyper-situation.  Cette expérimentation doit permettre de provoquer une attitude créative et critique pour produire une réflexion sur l’acte de prendre place et ses implications dans la conception architecturale, urbaine ou paysagère.

Cette démarche mènera de la perception, à la narration, à la réalisation en passant par différentes étapes comme la définition d’un protocole, la captation, la transcription, l’interprétation, la possibilité d’un récit.
Les formes de langage varieront selon les propositions.



 

Enfin, ce séminaire propose de réfléchir à la relation entre art et architecture et les apports de l'un vers l'autre.




Contenu

Quoi  ?

 

Il est proposé aux étudiants une expérience réelle dans un territoire qui les confronte à un milieu et des phénomènes, à la manière dont ils les perçoivent, les captent et les restituent (film, photos, dessins, cartes, textes, performances)

 

L’hyper situation proposée est celle d’un territoire difficilement définissable, d’un rivage, d’une bordure, d’une frange, entre le bout du bout de la ville et le bout du bout de la campagne, de la forêt…

 

Cette expérience s'effectue lors d’un « walkabout » de 48H minimum. (en référence au mot pidgin australien utilisé par les aborigènes pour leur longue marche)

Il s'agira de partir 48H dans un territoire qui aura été préalablement choisi, et d’en appréhender son milieu. De considérer ce territoire comme une matière sensible, le mouvement et les phénomènes qui en découlent comme des évènements à révéler, à expérimenter.

 

 


Comment  ?

 

Cette expérience propose d’entrer dans le phénoménal par l’action : arpenter, relier, préhender, arrêter, délimiter, s'immerger... Elle prend la forme d'une enquête dont les indices seraient les variations , le climat, la lumière, les sons, les limites, les relations, les paroles...


 

 

Déroulement :

 


Un premier temps du séminaire fait l'objet d'une préparation à l'action, par des conférences, des rencontres, des expérimentations courtes . Les notions de perception, captation, posture, protocole, outils, transcription ... seront questionnées, mais aussi celles de la fiction, de la projection.


 

Un deuxième temps, le « walkabout' est celui de la recherche et de la récolte, il prend forme différemment selon les étudiants, le principe étant celui d'un travail de carnet de bord et de compte rendu d'expériences (écrit, dessine, cartographié et/ou audio-visuel).


 

Un troisième temps interrogera les possibilités d’intensifier la présence de ce qui aura été révélé par les récoltes de ce qui est donné dans la situation (à partir des récoltes de chacun), en y détectant les potentialités de fiction, d’activation, afin d’en produire une proposition in situ.

 

Ce processus interrogera les croisements des pratiques artistiques et architecturales sur les questions soulevées.

Travaux

Walkabout, lieu à déterminer


Durée : 48H minimum, restitution au jour le jour des expériences vécues, carnet de bord, reportage...



Production d'un travail plastique (installation, film, performance, …), révélateur du lieu

Production d'un texte problématisant l'expérience vécue et le travail réalisé et mettant en perspective différentes problématiques appuyées par une bibliographie argumentée.



 



Pré-requis
: Engagement, mobilité



 

Forme d'enseignement
: Séminaire, conférences, visites, travaux dirigés.

 



Relation avec les autres disciplines
Cinéma, architecture, paysage, graphisme, géographie, cartographie, littérature, histoire, philosophie, sciences humaines, bricolage.



Bibliographie

Agamben Gorgio, Qu'est-ce qu'un dispositif, Rivage-Poche/Petite bibliothèque, 2008

Bourriaud Nicolas, Esthétique relationnelle, les presses du réel, 1996

Bourriaud Nicolas, Post production, les presses du réel, 2002

Cauquelin Anne, L'invention du paysage, ED PUF, 2000

de Certeau Michel, L'invention du quotidien, arts de faire, Folio, essais, 1990

Marie Darrieusecq WHITE, 2003

Didi Huberman, Ninfa profunda, Essai sur le drapé-tourmenté, nef Gallimard, 2017.

Didi Huberman, L’homme qui marchait dans la couleur, Les éditions de minuit, 2005

Didi Huberman, Phasmes, essais sur l’apparition, Les éditions de minuit, 1998

Duras Marguerite , La maladie de la mort, 1982

Huyghes Pierre, sous la direction d’Emma Lavigne . Centre Georges Pompidou.2013

INA GRM, spectres, composer l’écoute. Shelter press, Ina grm. 2019

Jouet Jacques, Poèmes de métro, P.O.L, 2000

Lainé Marc , Hunter, le chant nocturne des chiens. Actes sud papiers, 2017.

Lucier Alvin, Musique 109, Notes sur la musique expérimentale. Ed Héros-limite, Genève. 2019

Merleau-Ponty Maurice, Le visible et l'invisible, L'entrelacs, le chiasme, ED Gallimard, 1973

Perec Georges, Tentative d'épuisement d'un lieu parisien, Christian Bourgeois Editeur, 1975

Thomas Moore (1516) UTOPIE traduit par Marie Delcourt, présentation par Simone Goyard-Fabre

 

 

 

Antonioni Michelangelo, Desert rouge, 1964

Bahri Ismaïl, Instruments, jeu de Paume, 2017.

Duras Marguerite , Les mains négatives, 1978

Duras Marguerite , Le camion, 1977

Godard Jean-Luc, Lettre à Freddy Buache,1984

Horn Roni, Roni Horn Aka Roni Horn, tate modern 2009

Nadj Joseph, Le dernier paysage , 2006

Nicolas Guillaume, The end, 2016.

Sala Anri, 1395 Days Without Red, 2011

Turrell James, Passageways. De Carine Asscher, 1995

Van Sant Gus, Gerry , 2002

Bill Viola , Tristan projact, 2005

Wenders Wim, Carnet de note sur vêtements et villes, 1989

Andrey Zvyaginstev,Le retour ,2003

 

Francisalys.com

Informations annexes

Le séminaire Territoires Sensibles souhaite interroger la physicalité des situations (architecture, ville, paysage), les moyens d'en transcrire les caractéristiques à partir de sa propre expérience et les possibilités de leurs reconfiguration ex-situ.

Ce séminaire propose à l'étudiant une approche expérimentale en abordant les thèmes de la matérialité des espaces, de leurs enchaînements, de leurs échelles, de leurs limites, de la lumière, du son, de la référence par l'image, de la culture architecturale, de la culture artistique d'après des critères avant tout sensibles.