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  • S7-C2 ENSEIGNEMENTS OPTIONNELS

DE 5 : De la production du relief à la production des lieux

Semestre 7

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • Coefficient : 1,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

La Géographie est à la fois une discipline d’observation et une « boîte à outils » pour saisir, décrire et analyser les organisations et distributions socio-spatiales. Dans le contexte d’enseignement pluridisciplinaire des ENSA, elle offre aux étudiants des outils techniques (outils de représentation tels que la cartographie par exemple), un vocabulaire et des notions (paysage, territoire, réseau, lieu par exemple) pour décrire, analyser et comprendre l’environnement (aussi bien rural qu’urbain, ici ou ailleurs) dans lequel nos étudiants auront plus tard à intervenir. À cette transmission d’outils de lecture et d’analyse spatiale des territoires, répondra dans cet enseignement une attention constante aux échelles des pratiques habitantes. Son objectif et sa démarche pédagogique seront donc doubles : partir de la dimension physique (morphologie et géohistoire des formes), des « milieux », pour comprendre comment les individus et les groupes sociaux produisent l’espace et le territoire où ils s’inscrivent. Le cours articulera approches morphologique et sociale pour aboutir à la question du lieu – de sa production et de ses transformations successives – comme articulation forte et pont entre sciences sociales et architecture permis par la géographie.

Contenu

5 dimensions principales se dégagent des objectifs pédagogiques énoncés ci-dessus

- La question de la morphologie

- Des transformations du paysage, des formes urbaines, des édifices et des populations

- De la profondeur historique du territoire et des lieux

- De leurs rythmes et des temporalités

- De la pluralité des usages, mais aussi des regards et des perceptions.

 

Plan du cours sur 12 séances

 

1. Les fondamentaux de la Géographie : objets et méthodes

En retraçant l’histoire de cette discipline, et en revenant sur la manière dont se sont construites ses notions centrales, il s’agira d’expliquer comment la Géographie s’est constituée en « écoles », en France et à l’étranger, et en « champs » (géographie physique, régionale, sociale, culturelle) avec des rapports spécifiques aux milieux physiques dont on expliquera la formation et les transformations. L’idée est de donner aux futurs architectes les bases pour une approche intégrée des territoires et des lieux, à différentes échelles.

 

2. La Géographie physique : comprendre ces processus qui fabriquent le relief

En étudiant les grands systèmes morphologiques régionaux, les paysages spécifiques qu’ils produisent, on pourra faire une géographie des milieux et des ressources et mieux comprendre les grandes formes structurelles du relief (spécificité, mise en place, transformation) : tectonique et érosion ; hydrographie et bassin versant ; littoraux ; formes volcaniques toutes décrites par un vocabulaire spécifique à acquérir.

 

3. Le paysage : notion, outil ou construction ?

Une fois les formes du relief et leur mise en place comprises, le cours abordera la question du paysage : un objet central et « historique » de la constitution de la géographie comme discipline, longtemps central et sur-explicatif (au même titre que les modes de vie de Vidal de la Blache), puis décrié, aujourd’hui réhabilité. Il s’agira aujourd’hui surtout d’entreprendre le paysage comme clef de lecture de la société qui l’a produit : à la fois construction sociale et objet matériel.

 

4. Carte, cartographie et histoire de l’analyse spatiale

La carte est un des outils privilégiés du (de la !) géographe pour se repérer, lire un espace et en représenter les dynamiques spatiales et les forces sociales structurantes. Il s’agira donc d’apprendre à lire une carte (d’abord topographique, mais aussi celle produite par ordinateur : SIG, etc.) et à la commenter, puis à en réaliser un « croquis de synthèse » pour en résumer les grandes thématiques. Il s’agira également de comprendre comment une carte et construite, comment la déconstruire et la décoder, notamment lorsqu’il s’agit de cartes analytiques et / ou politiques (cartes d’analyse de la répartition des votes aux élections régionales, par exemple, ou carte d’analyse des flux migratoires, etc.). Ici, il sera également question d’échelles (emboîtements et sauts) des phénomènes et de leur représentation.

 

5. La question du lieu

L’approche géographique du lieu – qui traite ensemble formes et pratiques, modalités de production et acteurs – permet de faire le pont entre l’approche développée à l’École en SHS et en projet. C’est tout l’enjeu de ce cours qui se nourrira à la fois de terrain en France et à l’étranger, en milieu urbain, périurbain ou agropastoral et d’une abondante littérature francophone et anglophone sur le lieu (le sense of place des anglo-saxons ; l’ambiance ou l’atmosphère des travaux de nos collègues de Grenoble).

Travaux

Chaque séance est organisée en deux temps : avec un temps de cours et un temps de discussion à partir de textes distribués en début d’année ou de films visionnés en séance pour faire le pont entre questions proprement « géographiques » et pratique de l’architecture dans la fabrication de l’urbain au sens large. La présence à toutes les séances est obligatoire.

Bibliographie

AGIER M. (2009) Esquisses d’une anthropologie de la ville. Lieux, situations, mouvements, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant.

AGNEW J. A. et DUNCAN J. S. (éd.) (1989) The Power of Place. Bringing Together Geographical and Sociological Imaginations, Londres, Unwin Hyman.

AMPHOUX P., THIBAUD J-P. et CHELKOFF G. (éd.) (2004) Ambiances en débats, Bernin, À la croisée.

APPADURAI A. (1996) « Sovereignty without Territoriality : Notes for a Postnational Geography », in P. Yaeger (éd.), The Geography of Identity, Michigan, The University of Michigan Press, pp. 40-58.

AUGÉ M. (1992) Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil.

BADIE B. (1995) La fin des territoires. Essai sur le désordre international et sur l’utilité sociale du respect, Paris, Fayard.

BERDOULAY V. et ENTRIKIN N. (1998) « Lieu et sujet. Perspectives théoriques », Espace géographique, n°2, pp. 111-121.

BERQUE A. (1995) Les raisons du paysage. De la Chine antique aux environnements de synthèse, Paris, Éditions Hazan.

BEUCHER S. et REGHEZZA M. (2005) La géographie : pourquoi ? Comment ?, Paris, Hatier.

BOLLNOW O. F. (1961) « Lived-Space », Philosophy Today, vol. 5, n°1, pp. 31-39.

BONNEMAISON J. (1981) « Voyage autour du territoire », Espace géographique, vol. 10 n°4, pp. 249-262.

BRUNET R., FERRAS R. et THERY H. (1992), Les mots de la géographie, dictionnaire critique, Montpellier/Paris, Reclus et la documentation française. (pp. 337-340 !).

CHARVET J-P. et SEVIGNON M. (dir.) (2002), Géographie humaine. Questions et enjeux du monde contemporain, Paris, Armand Colin.

CIATTONI A. et VEYRET Y (dir.) (2003) Les fondamentaux de la géographie, Armand Colin, Paris.

CLAVAL P. (1998) Histoire de la géographie française de 1870 à nos jours, Nathan, Paris.

DEBARBIEUX B. (1995) « Le lieu, le territoire et trois figures de rhétorique », Espace géographique, vol. 24, n°2, pp. 97-112.

LACOSTE Y. (1990) Paysages politiques, Hachette, Le livre de poche, Paris.

LAZZAROTTI O. (2006) Habiter. La condition géographique, Paris, Belin.

LEVY J. et LUSSAULT M. (2003) Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris, Belin.

MADORE A. (dir.) (2006) Le commentaire de paysage en géographie humaine, Paris, Armand Colin.

MERCIER D. (dir.) (2004) Le commentaire de paysage en géographie physique, Paris, Armand Colin.

MONDADA L. (2000), Décrire la ville, Paris, Anthropos.

PINCHEMEL Ph. et G. (1997) La Face de la Terre, Paris, Armand Colin.

PUMAIN D., PAQUOT Th. et KLEINSCHMAGER R., (2006) Dictionnaire, La ville et l’urbain, Ed. Economica Anthropos.

 

La bibliographie sera complétée au fils des séances.