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  • S7-C1 ENSEIGNEMENTS OPTIONNELS

DE 2_DE 5 : Ville alternative

Semestre 7

Responsable(s) : Sabrina Bresson

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • E.C.T.S : 3
  • Coefficient : 1,00
  • Compensable : oui
  • Stage : non
  • Session de rattrapage : oui
  • Mode : option
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Le cours « ville alternative » a pour objectifs de sensibiliser les étudiant-e-s :

- à la recherche critique sur la production urbaine

- à la diversité des contextes, des ressources, des configurations et des pratiques de la ville

- à la prise en compte des expertises d’usages, rarement ou peu valorisées dans les stratégies de développement urbain

- aux innovations dans les manières de concevoir et gérer la ville

- au renouvellement des pratiques professionnelles et des politiques urbaines

Contenu

Les pratiques sociales récentes et les discours qui y sont associés montrent une appétence considérable pour le changement. Il n’est question que de « faire autrement » : habiter autrement, consommer autrement, se déplacer autrement, faire de la politique autrement, communiquer autrement, etc. Ce qui est intéressant dans cette émergence sociale, c’est son caractère transversal et sa capacité à être intégrée par tous les champs sociaux (économique, politique, culturel, environnemental, etc.). Il importe non seulement de s’interroger sur sa signification et sur les liens qu’elle entretient avec les mouvements idéologiques historiques et ceux du moment, mais encore d’en décrypter les enjeux et d’en mesurer les effets sur la production urbaine. Il s’agira ainsi de comprendre qui sont les acteurs de la « ville alternative », quels sont leurs modes d’actions, quels projets de société ils défendent et quelles perspectives ouvrent ces expériences du point de vue de la pratique architecturale et de la fabrique de la ville de demain.

 

Le cours sera illustré par des expériences en France et à l’étranger (habitats alternatifs, urbanisme participatif, projets de reconversion, activisme urbain, démocratie numérique, etc.), qui posent la question des manières dont la ville se transforme et de la place qu’occupent les citoyens dans cette transformation.

 

Le cours abordera la notion de « ville alternative » selon une triple démarche :

1. Une perspective historique pour replacer les expériences du 21e siècle dans une histoire plus longue et réfléchir aux conditions d’émergence des alternatives, à l’influence des contextes de « crises », aux basculements idéologiques, etc.

2. Une perspective spatiale relative aux propositions architecturales et urbanistiques, pour comprendre si les expériences alternatives produisent de l’innovation ou pas.

3. Une perspective sociale pour réfléchir aux formes de contre-pouvoir que représentent ces expériences, mais aussi pour réfléchir aux enjeux de positionnement des acteurs de la « ville alternative ».

 

 

Le plan du cours s'articulera autour des thématiques suivantes:

 

THEMA 1 : Remise en cause des rapports sociaux (de pouvoir)

- Horizontalité, contre-pouvoir, émancipation, empowerment, etc.

- Autogestion, autonomie, autopromotion, etc.

- Partage, mutualisation, rapport à la propriété, biens communs, etc.

 

THEMA 2 : Démocratie urbaine

- Participation, citoyenneté, engagement, etc.

- Rapport à l’immédiateté et à la proximité, faire ici et maintenant, faire par soi-même, circuits courts, etc.

- Pratiques collaboratives, coproduction, codécision, etc.

 

THEMA 3 : Passage de l’alternative à l’institutionnalisation

- Est-ce que les pratiques de la « ville alternative » sont vouées à rester à la marge ou est-ce qu’elles sont des catalyseurs de changement / de transition ?

- Quels échos ou quelles tensions avec les institutions ?

- Quelles prises en compte dans les politiques publiques ?

Travaux

Travail de recherche en petits groupes de 3 ou 4 étudiant-e-s (étude de cas et bibliographie).

Bibliographie

Bacqué, M.-H. et Vermeersch S., 2007, Changer la vie ? Les classes moyennes et l’héritage de mai 68, Les Éditions de l’Atelier.

Bacqué M.-H. et Biewener C., 2013, L'empowerment, une pratique émancipatrice, La Découverte.

Béal V. et Rousseau M. (dir.), 2014, « Politiques urbaines alternatives », numéro thématique de la revue Métropoles, n°15, URL : metropoles.revues.org/4947

Biau V. et Bacqué M.-H. (dir.), 2010, Habitats alternatifs : des projets négociés ?, Rapport de recherche, PUCA.

Blondiaux L., 2008, Le nouvel esprit de la démocratie. Actualités de la démocratie participative, Seuil.

Bouillon F., 2011, Le squat : problème social ou lieu d’émancipation ?, Éditions Rue d’Ulm.

Bresson S. et Denèfle S., 2015, “Diversity of self-managed co-housing initiatives in France”. Urban Research et Practice, n°8 (1), Special Issue, mars.

Bresson S., 2015, « L’habitat participatif en France, une alternative sociale à la crise ? », Les cahiers de COST, numéro thématique, « Penser la fabrique de la ville en temps de crise(s) ». A paraître en octobre 2015

Bresson S., 2015, « La copropriété repensée dans l’habitat participatif ». In : S. Denèfle (dir.), Pour penser les alternatives à la propriété. Rennes : PUR, à paraître en décembre 2015.

Caillé A. et Chanial P. (dir.), 2014, « Du convivialisme comme volonté et comme espérance », Revue du MAUSS, n° 43.

Carrel M. et Neveu C. (dir.), 2014, Citoyennetés ordinaires. Pour une approche renouvelée des pratiques citoyennes, Karthala, coll. « Recherches internationales ».

Fezer J. et Heyden M., 2007, « L'ambivalence de la participation et l'urbanisme situationnel », Multitudes, n°31, pp.83-90.

Flahault E., Noguès H., Schieb-Bienfait N. (dir.), 2011, L'économie sociale et solidaire. Nouvelles pratiques et dynamiques territoriales, Presses Universitaires de Rennes.

Frère B. et Jacquemain M. (dir.), 2013, Résister au quotidien ?, Presses de Sciences Po, coll. « Académique ».

Gintrac C. et Giroud M., 2014, Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, Les Prairies ordinaires.

Hatzfeld H., 2005, Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 70, Adels/Presses universitaires de Rennes.

Holloway J., 2008, Changer le monde sans prendre le pouvoir, Synepse.

Jouve B., 2006, « L’empowerment : entre mythe et réalités, entre espoir et désenchantement », Géographie, Économie, Société, n°8.

Lardon S. et Loudiyi S., 2014, « Agriculture et alimentation urbaines : entre politiques publiques et initiatives locales », Géocarrefour, Vol. 89, pp. 3-10.

Lallement, E., 2010, « Ruptures, abandons, déplacements. Ethnologie des pratiques alternatives de consommation et d’échange », Sociologies pratiques, n°20 (1), pp.23‑36.

Lietaert M., 2012, Le Cohabitat. Reconstruisons des villages en ville !, Couleur Livres.

Prévot M. et Douay N. (dir.), 2012, « Activisme urbain : art, architecture, espace public », numéro thématique de L'Information géographique, n°3, Vol. 76 (octobre).

Ripoll F., 2010, « L’économie « solidaire » et « relocalisée » comme construction d’un capital social de proximité. Le cas des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) », Regards Sociologiques, n°40.

Rousseau M., Béal V., Faburel G. (Dir.), 2014, Pratiques et politiques de la ville solidaire, Rapport de recherche, DIHAL/PUCA.

 

 

BIBLIOGRAPHIE A COMPLÉTER