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  • S7-C2 ENSEIGNEMENTS OPTIONNELS

Cours Semestre 9 - 2 enseignements au choix parmi l'offre des 6 domaines d'études

Semestre 7

DE 5 : Le vivant et le projet urbain - Jean-Marc L'Anton

Responsable(s) : Jean-Marc l'Anton

  • Année : 4
  • Semestre : 7
  • Affilié à un groupe : non

Objectifs pédagogiques

Objectifs pédagogiques

 

L’enseignement se situe en fin de cycle Master. Le cours ouvre à la question de l’aménagement des espaces non bâtis par le biais de l’approche paysagère.

 

Dans le DE5, les élèves sont amenés à projeter sur le territoire avec une curiosité sur les éléments qui constituent le paysage : l’eau, le vivant au sens large, la géographie, mais aussi les espaces urbains et les stratégies d’aménagement.

 

Il s’agit, à ce moment de l’enseignement d’architecture, de donner des clés de compréhension des éléments que le projet urbain est susceptible de mettre en œuvre en dehors du bâti. Il s’agit de mieux comprendre les relations entre bâti et non bâti, entre inerte et vivant, et plus largement entre paysage et architecture.

 

Nos paysages sont le résultat de l'action des hommes sur leur environnement pour le rendre plus habitable et ce, depuis la nuit des temps. Les paysages que l’on aime ont été créés par la nécessité de travailler ensemble, d’aménager ensemble et donc de réfléchir ensemble pour s’abriter, pour mieux produire, pour mieux circuler, pour mieux vivre dans nos territoires.

 

Nos paysages sont le résultat d’une intelligence collective et de gestes infiniment répétés de façon ancestrale. Ils sont le fruit d’un équilibre savant conjuguant dans un rapport fertile les activités humaines avec les contingences naturelles. La raison de nos paysages n’est pas culturelle par essence, elle est nécessaire par besoin.

 

Ce que l’on aime dans nos paysages n’est pas tant leurs quantités vertes que la matière grise qui œuvre à les valoriser.

 

Dans cet exercice, l'homme joue en permanence à agrémenter son écoumène : travailler avec les ressources locales, jouer avec le vivant, mobiliser des savoirs simples et intemporels pour créer des chemins, gérer des soutènements, travailler les micro-climats, valoriser les terrassements, penser les relations entre la ville et la campagne, entre l’homme et la nature comme un ensemble fonctionnel, entretenant un rapport cyclique associant besoins et ressources.

 

L'architecture est une des professions de l’aménagement, qui si elle traite de la transformation de l’espace, développe des « outils » et des attitudes souvent trop orientées vers l'objet architectural. L'enjeu du cycle Master pour le DE Territoires est d'ouvrir aux questions de la relation entre le bâtiment et son environnement au sens large : le paysage urbain ou rural qui l'environne, la relation entre le bâtiment et le monde vivant, le rapport à l’espace public. Il s’agit de mieux appréhender la relation du bâti et de son site pour l’envisager dans un rapport de projet fertile.

 

L’art de « rendre habitable » le territoire que pratiquent les sociétés humaines depuis toujours (ou presque) a « fabriqué » nos paysages. S’intéresser à « l’art de la prise de site » à travers des exemples historiques réalimente la pratique d’une architecture localisée. Loin de s’intéresser à ressasser une histoire de l’art des jardins, il s’agit également à travers ce cours, d’étudier l’histoire du projet du non bâti : du jardin, au parc, aux espaces publics et aux campagnes.

 

Enfin, le paysage, l’espace public et l’aménagement posent la question de la nature et plus largement du vivant dans le projet, en ville comme à la campagne. Comment penser aujourd’hui cette relation à l’heure du changement climatique, de la lutte contre les ilots de chaleur, du besoin de préservation de la biodiversité à la campagne mais aussi en ville, et plus largement de la préservation des ressources qu’elles soient inertes ou vivantes.

 

Les cours ouvrent largement sur ces questions actuelles en esquissant les réponses à ces enjeux de demain. Ils sont illustrés de nombreux visuels et notamment des projets réalisés ou à l’étude.

Ce cours sera réalisé pour la première fois cette année. Des ajustements sont donc à prévoir sur le déroulé, mais aussi en fonction des attentes des élèves.

Contenu

Le déroulement des cours :

Les cours sont illustrés par des projections : exemples historiques, plans, dessins, projets réalisés ou à l’étude, etc.

Cours 1 : la Terre : Le sol vivant. Dans la nature, le sol est le plus souvent fertile, et complexe dans sa constitution. Quelques notions essentielles pour comprendre son rapport à l’eau, à l’air, les interactions avec la faune, la flore. Quelles sont les conditions pour transformer un sol, transporter un sol, recréer un sol fertile ? Une fois ces quelques notions développées, l’exemple du travail d’Adolphe Alphand, qui sous la période Haussmannienne a créé les sols permettant aux arbres des avenues parisiennes de prospérer.

 

Cours 2 : la Terre : le sol infrastructure. L’infrastructure permet accéder, de desservir, de relier, et même tout simplement de construire. Penser la voirie c’est penser les usages mais c’est aussi penser le sol et le sous-sol. Retour aux contingences, qu’est ce qu’une rue, une voie, dessus et dessous. Quelques stratégies de construction et d’implantations de voies et de réseaux.

 

Cours 3 : l’Eau : l’eau propre. Il pleut sur les bâtiments et sur les voiries. Où va cette eau qui autrefois s’infiltrait dans le sol ? Comment collecter cette eau, comment la rendre présente en ville, comment la conjuguer avec la vie humaine comme non humaine ? Systèmes unitaires et séparatifs : vers le zéro tuyaux. La ville s’est bâtie avec l’eau, sur l’eau. La ville et les fleuves, les rivières et la mer : l’eau comme ressource, comme nuisance, et comme usage.

 

Cours 4 : l’Air : le vivant et la qualité de l’air. La figure de l’arbre est la figure la plus simple à saisir pour illustrer la mise en place du vivant en ville. De l’alignement traditionnel au bocage réinterprété, de la création d’un sol fertile à la mise en place de stratégies de biodiversité, comment penser la présence végétale à partir de l’arbre urbain. Des promenades de Paris d’Haussmann aux stratégies végétales contemporaines, en passant par l’envahissement du sous-sol par les réseaux. L’air c’est aussi l’élément qui permet la dépollution des sols et des eaux. Quelques exemples de modes de dépollution naturels.

 

Cours 5 : le Feu : une histoire de la ville vue par l’énergie. Petite histoire de la voirie, du déplacement, des énergies qui ont transformé les déplacements et modifié la ville. Une histoire de la ville et du paysage par le biais de l’énergie : le paysage de la fatigue (le local, le cheval, les circuits courts), le paysage du charbon solide et pondéreux (le chemin de fer, les usines, les faubourgs), le paysage de l’essence liquide et légère (le tracteur et les remembrements, la voiture et les routes), le paysage de l’électricité (le « tout chez soi », l’étalement urbain, l’explosion de la maison individuelle), le paysage d’internet et le développement des réseaux ou de l’après pétrole (les questions pour demain).

 

Cours 6 : l’Ecologie : du vivant au milieu. La nature n’est plus la question d’une addition de végétaux mais un enjeu de mise en œuvre de mécanismes écologiques interpénétrés, dont l’homme est un élément déterminant. Des exemples concrets : comment transformer une entrée de ville monofonctionnelle en espace polyvalent et vivant, comment chauffer et rafraîchir un bâtiment en produisant du vivant, comment filtrer des eaux usées et en faire un parc, etc. Les nouveaux mécanisme ERC (Eviter Réduire Compenser), les continuités écologiques (trame verte, trame bleue, trame brune, trame noire) seront illustrés dans ce cours. Comment la nécessité écologique est source d’inventions et « oblige » les gestionnaires.

 

Cours 7 : Systèmes de parcs et géographie. Le plus souvent, les parcs sont le résidu de l’urbanisation. Les parcs ont été créés sur des sites pas ou peu constructibles : subminés, trop pentus, inondables, voire pollués. Dessiner un parc ou un système de parcs, c’est penser une stratégie de conception au sens large : composer et projeter. Composer, c’est éthymologiquement poser en semble, par opposition à juxta-poser. Les parcs sont des systèmes de composition, c’est à dire de mise en relation des choses entre elles : les éléments (eau, air, vivant, etc.) et équipement (aires de sports, aires de loisirs, bâtiments divers, etc.). Les parcs sont des systèmes évolutifs qui doivent pouvoir accueillir des événements ponctuels comme des évolutions structurelles. L’exemple de plusieurs manifestes à travers les siècles.

Lancement de l’exercice final.

 

Cours 8 : L’architecte et le paysagiste : Projeter le paysage. Si l’ébéniste et le charpentier travaillent tous deux le bois, chaque métier a développé ses propres outils et sa propre pratique. Le paysagiste travaille l’espace tout comme l’architecte. Ce cours développera les différences entre les deux pratiques de projets liés aux spécificités des matériaux et des process mis en œuvre.

 

Cours 9 : Retour sur la ville et son rapport au territoire : le bâtiment ne se mange pas, ne nourrit pas, mais les champs, si ! vers le zéro artificialisation des sols. Le maraichage traditionnel : les hortillonnages d’Amiens, les marais de Reims ou de Bourges, les maraichers de paris en 1840. Les maraichers producteurs mais aussi éboueurs des villes jusqu’au XIXème siècle. De l’agriculture traditionnelle, à la permaculture puis à « l’agriculture » urbaine.

Les limites de l’étalement urbain, la nécessité de densifier les villes et par retour de « densifier les campagnes ». Retour sur la disparition des remparts, la création des « cours » et des promenades en lisière urbaine au XIXème siècle. Du front de mer au front de terre : recoudre les confins urbains avec leurs lisières agricoles et naturelles. Vers d’autres confins urbains et vers une autre campagne.

 

Cours 10 : Correction de l’exercice

 

Cours 11 : Finalement c’est quoi le paysage ? Emergence du concept de paysage : Du paysage vernaculaire au paysage en transformation, le paysage comme image sociale, le paysage comme art social. Les similarités avec le champ de l’architecture malgré une très grande différence des pratiques.

Travaux

L'élève reprend un projet déjà réalisé dans son cursus et le pousse en prenant en compte ce qu'il a appris/compris de ces cours. Rendu format A3 5 à 6 feuillets. Cooerction collective et individuelle.

Bibliographie

AMBROISE Régis, MARCEL Odile, Aménager les Paysage de l’après-pétrole, C. H. Mayer 2015

BARON ERNOUF, L’art des jardins, Connaissance et Mémoires, réédition 2003, Ed. originale 1868, 2 tomes

CABANEL Jean, Aménagement des grands paysages en France, ICI Interface, 2015

COLL. Sous la direction de M. Audouy, J.P. Le Dantec, Y. Nussaume, C. Santini, Le Grand Paris d’Alphand, Ed. de la Villette, 2018

COLL. Sous la Direction du Bureau des Jardins et du Patrimoine Paysager, Le Nôtre, un illustre inconnu ? Ed. du Patrimoine 2003

COLL. Sous la direction de G. Farhat, André Le Nôtre, fragments d’un paysage culturel, Ed. Musées d’Ile de France, 2006

COLL. Sous la direction de P. Bouchenot-Méchin et de G. Fahrat, André Le Nôtre en perspectives, Editions Hazan, 2013

CORAJOUD Michel, Le paysage c'est l'endroit où le ciel et la terre se touchent, Arles : Actes Sud, 2010.

COLL. Sous la direction d’Odile Marcel, Territoire du bocage un paysage à lire, n°1, Ed. Tarabustes, 2002

GIROT, Christophe, Le cours du paysage, Ulmer, 2016

GRUMBACH Antoine, et Associés, Seine Métropole, Sautereau Editeur, 2009

HERVE GRUYER Perrine et Charles, Permaculture, Guérir la terre, nourrir les hommes, Actes Sud, 2011

L’ANTON Jean-Marc, Le temps et les pratiques des paysagistes, Rapport commandé par le Bureau des Paysages du M.A.T.E, 1999

L’ANTON Jean-Marc et Associés, Dessiner le temps, ICI Interface, 2013

LE DANTEC Jean-Pierre, Jardins et Paysages, textes essentiels, Larousse, 1996

LES CARNETS DU PAYSAGE n°30, n° spécial John Brinckerhoff Jackson, Actes Sud, 2016

MAROT Sébastien in Les Carnets du Paysage n°1, L’alternative du paysage, Les Editions de l’Imprimeur, 1995

MERIGOT Père, Promenade ou itinéraire des jardins d’Ermenonville, Mérigot : 1788

MERIGOT Père, Promenade ou itinéraire des jardins de Chantilly, Desenne : 1791

PITTE Jean Robert, Histoire du paysage français, de la préhistoire à nos jours, Taillandier, 2012.

NICOLAS FORESTIER Jean Claude, Grandes Villes et systèmes de Parcs, NORMA Edtions, 1997, Edition originale de 1908

RIBOULET Pierre, Onze leçons sur la composition urbaine, Presse Ponts et Chaussées, 1998