A- Contenu
Comment inventer la ville de demain qui intègrerait un meilleur respect des conditions environnementales et sociales ? La crise environnementale pousse à réfléchir et agir différemment dans de nombreux domaines, dont celui de l’architecture. Il en va de même pour l’urbanisme et l’aménagement du territoire.
De la ville extensive à la ville intensive, l'objectif Zéro d’artificialisation nette (ZAN) met en perspective le renouvellement des formes architecturales et urbaines qui répondent à une évolution, plus respectueuse de l’environnement, des modes d’habiter, de circuler, de travailler, de commercer ?
Nous proposons de croiser trois approches :
1 L’édifice comme composante d’un tissu urbain
L’édifice n’est pas appréhendé comme un objet, mais au contraire, comme l’élément d’une division, d’une partition de l’espace. Il s'agit d'étudier les formes (édifice-parcelle, voirie-espace public), et les processus (recomposition foncière, densification, réhabilitation, substitution) en testant et en vérifiant concrètement l'architecture des différents espaces mis en jeu.
2 L’urbanisation par fragments de la « ville territoire »
La ville territoire » évolue par fragments. Cela est renforcé dans le contexte émergent du ZAN (Zéro artificialisation Net). Nous posons l’hypothèse que cette évolution peut trouver d’une manière ou d’une autre (échelle, forme, etc..…) sa cohérence et une certaine forme d’unité. Cette cohérence et cette unité sont notamment ordonnées par l’espace public et la voirie, mais aussi dans le rapport de la ville à la géographie, à l’histoire, ou encore dans les caractéristiques morphologiques des aires urbaines.
3 Les formes résidentielles de la ville territoire
Nous proposons de tirer les leçons de la « territorialisation des villes » au niveau des formes résidentielles à partir d’une double critique :
- critique du « résidentiel pur » et de l’étalement péri-urbain, en présentant des alternatives aux morphologies pavillonnaires de la grande périphérie ;
- critique de la « ville radieuse » et des espaces sans statut ni usage des « grands ensembles », de son incapacité à l’évolution et au renouvellement.
Dans le contexte désormais des territoires urbanisés sous pression de densification/ renouvellement qui fait écho à l'arrêt du modèle extensif de l'étalement urbain, nous rechercherons une expression typologique adéquate au rapport nouveau qui se dessine dans la « ville-territoire » entre résidence, espaces publics, espaces naturels, paysages.
B- Un enseignement coordonné et collégial
Trois groupes de projet (Groupes 2, 4, X) se sont rapprochés pour partager un certain nombre d’objectifs et d’attendus pédagogiques en lien avec l’énoncé du semestre ‘ projet architectural et urbain’. Les échelles de la ville et du territoire comme support des questions architecturales (forme urbaine qui associe la forme et le projet architectural et celui de l’espace public) et comme processus (avec comme horizon le palimpseste et les systèmes de tissu urbain) sont au cœur de cet enseignement. Ces groupes partagent ainsi dans leur diversité de point de vue et de savoir-faire un certain nombre de convictions considèrent structurants des acquisitions et des manipulations que les étudiants doivent maîtriser à l’issue du semestre :
• L’articulation de l’analyse et du projet
• L’articulation des échelles
• L’espace public comme projet
• Le tissu urbain entendu comme interaction entre édifices parcelle et espace public
• La question architecturale constituée et ordonnée par la problématique urbaine
La matière première du projet sera ici le logement’ matière première des villes, inscrite dans des figures de projet, (paysagère, urbaine, architecturale, programmatique) ordonnées pour ne pas dire dessinées par l’espace public conforté souvent par sa dimension élargie à l’institution/ équipement.
Sur ce socle commun qui conduit à des méthodes et à un calendrier coordonné des études et des rendus (séquences et exercices partagés, analyse urbaine comme vecteur de projet, projet urbain comme figure d’ensemble, projet architectural comme test et résolution, vérification et illustration de cette figure, jurys croisés, TD transversal, intensif inaugural, site ou sites ...), les trois groupes de projet proposent des visions et des préoccupations diversifiées.
C- TD transversal partagé
Cette convergence pédagogique permet de penser le TD transversal à l’échelle des trois groupes de projet, soit pour environ une soixantaine d’étudiants. La transversalité devient ici celle des groupes de projet autant que celle des disciplines VT et SHS.
D- Site de projet et postulats
La vallée de l'orge et le sud parisien seront cette année le territoire de projet commun aux 3 groupes. Cette convergence géographique favorisera des jurys croisés avec ces groupes, dans une logique pédagogique de comparaison des méthodes, des approches et des productions.
Le groupe 2 travaillera sur le territoire de la ville de Saint Michel sur Orge. Adressé sur l’espace métropolitain et son centre parisien par la gare du RER C, adossé à la francilienne, St Michel sur Orge est soumis à la densification urbaine dans un contexte paysager remarquable. Bien reliée au grand territoire, elle a un potentiel de développement résidentiel dont les formes et la localisation sur le territoire communal peuvent contribuer au développement harmonieux et raisonné tout en constituant une réponse efficace à l'étalement urbain. Plusieurs situations de projet sont potentielles de transformation : le site de la gare et le centre ville, la transformations des tissus urbains des départementales, les rives de l’Orge, certains grands îlots en attente etc...
Le site conjuguera les avantages suivant pour mettre en œuvre les objectifs et les attendus du S6 :
La possibilité d’y aller par le train (RER C, 25mn depuis la gare Bibliothèque FM) permettant le travail de relevé et de vérification in situ.
Un territoire métropolitain dans une géographie exceptionnelle sous pression résidentielle
Une situation et une dimension territoriale et communale qui facilite la compréhension des enjeux de développement.
Une dimension géographique et paysagère remarquable.
Une histoire urbaine sédimentée avec un tissu diversifié, marqué par l'expérimentation Villagexpo
Le travail de l'atelier sera ordonné par ce contexte qui légitime et interroge une action de projet urbain et architectural à l'échelle de la ville insérée dans son territoire tout en pouvant aussi se fabriquer par fragments. Ces caractéristiques sont idéales pour diversifier le travail par sous-groupes tout en fédérant les travaux.
E- Corpus et exposés – Savoir faire - Problématique
Les savoirs faire de l’analyse enseignés dans le cadre du TD partagé seront déclinés et approfondis dans la phase d’analyse et de compréhension du territoire.
Afin de consolider les acquisitions théoriques des CM S5 et S6, nous proposons de consacre en début de chaque séance une heure à des exposés réalisés par les étudiants en binôme dans un corpus de références savantes choisis dans l’histoire des formes urbaines et en lien avec les sujets et thèmes de travail que suscitent le site :
- Pour ce qui relève du contexte géographique et naturel : relation ville nature, lisières, consistance de l’espace naturel péri urbain, gestion des eaux de pluies et enjeux écologiques…
- Pour ce qui relève des types : glossaire typologique adapté : maisons en bande, superposées, petits immeubles, petits collectifs etc….